The Complete Brasilian Sessions

16 juin 2008

Vous le sentez comment ca pue l’été depuis quelques semaines.

Bah voilà pour l’occaz une compil brasil, parceque si tu vas a Rio n’oublie pas de monter là haut et comme vous pouvez le voir sur ces images j’ai pas oublié, mais alors pas oublié du tout.

1. Os alquimistas estao chegando - Jorge Ben

J’sais pas vous mais moi dans la rue avec mon walkman je me retrouve souvent dans un film, ou une comédie musicale plutot. Bon bah voilà, le film de celle là, c’est je suis arrivé ya deux jours a Rio, bien bossé, acheté un disque en vitesse et au matin du troisième jour je marche vers CopaCabana pour découvrir le mythe avec ca sur les oreilles. La seule fois de ma vie ou le film était vrai.

2. She’s My Shoo Shoo (Minha Menina) - Os Mutantes

Ca c’est le coté Brésil on a écouté les radios américaine et a pris le temps (mais a peine un peu) de leur casser la bouche, en beauté, juste comme ca parceque la Pop c’est le brésil.

3. Jonathan Richman & The Modern Lovers - Roadrunner

Ca fait un moment qu’on vous le dit ici le rock revient, et donc moi je dis c’est pas parceque c’est l’été qu’on peut pas mettre des blousons en cuir. Jonathan Richman il a trouvé un riff qui tue et il le fait durer. Tant mieux.

4. Syd Barrett - Octopus

A l’époque c’était un hommage pour le meilleur membre des Floyd qui venait de dire qu’après tant d’années de drogue et d’hallu, il était claqué. RIP

5. Iggy Pop & The Stooges - I Wanna Be Your Dog

Encore un riff qui tue, celui la tourne en boucle, il fait mal a ta tête, il est crad, il sent un peu le cul même… je veux être ton chien Iggy !

06. Mané João - Erasmo Carlos

Le brésil roi du foot, roi de la Pop comme nous venons de le démontrer, mais aussi roi du groove. Ligne de basse imparable, break de piano qui se pose là, voix détachée, l’été s’ra beau dasn les tee-shirts dans les maillots.

07. 16 tonelads - Noriel Vilela

On reste dans le Groove avec une reprise de cette chanson populaire de 1947 sur la misère de sortir du charbon d’une mine.

08. Cosa Nostra - Erlon Chaves

Vous le croyez cette chanson ? Vous le croyez que les brésiliens ils ont fait une chanson pour dire tout ce qui était a eux, tout ce sur quoi il revendiquaient une paternité, un truc qui les constitue et qui fait partie d’eux, vous le croyez qu’ils ont mis la coupe du monde dedans ? Vous le croyez vous ?
09. Uma vida - Dom Salvador

Et oui, du Gospel qui fait bouger partout en se prenant pour Aretha Franklin, ils savent aussi le faire. Avec en bonus un intro a base de coeurs époustouflants… et ca fait quelques temps que les Momo academiciens hurlent Alegria du coup.

10. Michael Jackson - Rockin’ Robin

Un autre qui sait tout faire, quand on réfléchit bien, doué comme ca c’est étrange que Bambi-transmut ( comme l’appelle ses proches) ne soit pas brésilien. La il chante le Rock and Roll, une musique de blanc donc.

11.  Ouh Aah - Busta Rhymes / The Cure

C’est qui le plus fort l’Elephant ou l’Hypopotame, le slip ou le calecon, Busta Rhymes ou Robert  Smith ? Un peu les deux… et  même les chats groove en chantant yayaya ya ya…

C’EST QUOI KAWAII ?

5 juin 2008

Compilfight by Girls from Kawaii
Une compilfight par Girls from Kawaii

EXCUSE OUR FRENCH, WE’RE FROM KAWAII!

* Bon chic, bon genre ! – Les sœurs Winchester

Fan : C’est déjà kawaii en 1997 avec cet album écrit par Philippe Katerine et qui marque sans doute une étape importante dans l’histoire des Girls from Kawaii. Les sœurs Winchester furent un peu Les Vedettes du XXè siècle en beaucoup moins belge, en plus mignon, en plus kawaii donc.
Babs : Oui, comme pour ce duo de filles, notre aventure kawaii c’est l’Europe et l’Asie qui se rencontrent et ça se passe autour de ces années-là.
Fan : En même temps, kawaii est tellement difficile à définir… Disons que kawaii est aussi tout ce que va suivre.

Fan: Kawaii was already alive and kicking in 1997 with this album composed by Philippe Katerine, which marked an important step in the history of the Girls from Kawaii. Les Soeurs Winchester were like Les Vedettes of the 20th century, only less Belgian and cuter – and therefore more kawaii.
Babs: Like this duo, our kawaii adventure was very East-meets-West and took place around the same time.
Fan: But kawaii is so hard to define… Let’s just say that kawaii is all of the following.

* Les Cornichons – Kenzo Saeki

F : Oui, kawaii se décline aussi sous forme de petites cucurbitacées, surtout si elles sont croquées à une sauce made in Japan.
B : Un délicieux assortiment de snacks nippo-français.
F : Et sur lequel on peut danser le « monkey dance » !

F: Yes, kawaii also comes in the form of little pickles, especially when dipped in wasabi.
B: Our favorite Japan-meets-France combo once again.
F: Perfect for the monkey dance!

* Short song for a short mind – Girls in Hawaii

F : Kawaii est aussi sunshine pop et il faut bien admettre que l’on doit un petit quelque chose à ce groupe de filles de Hawaii.
B : Plutôt des garçons de Belgique, non ? Une rencontre tout en musique sur l’île de Kauai à Hawaii…

F: Kawaii is also sunshine pop. And we must admit that we owe a little something to this group of “girls in Hawaii”.
B: More like “boys from Belgium” – go figure. A musical encounter on the island of Kauai in Hawaii…

* Rec and play - I’m from Barcelona

F : Là, c’est comme un aveu. Oui, kawaii n’est pas forcément très nouvelles technologies. Kawaii aime bien les cassettes et les vrais claps.
B : Des bons souvenirs kawaii des « ghetto blasters » de 1983.
F : Et des souvenirs de walkmans à cassettes aussi.

F: Yes, it’s true. Kawaii isn’t always high-tech. Kawaii also like cassettes and real clapping sound effects.
B: Fond kawaii memories of ghetto blasters from 1983.
F: And don’t forget Walkmans.

* This is not – Blonde Redhead

B : Mais si, c’est kawaii. Car de temps en temps, Kawaii aime quitter la piste de danse et se laisser dériver sur une jolie mélodie.
F : Oui, ce morceau est en fait totalement kawaii et aussi à cause des petits cris de Kazu Makino. Inimitables.

B: Yes, this is. Sometimes Kawaii likes to take a break from dancing and float away on a lovely melody.
F: Yes, this track is totally kawaii, also because of the squeals of Kazu Makino. Inimitable.

* Tonsil – Domotic

F : Kawaii, c’est aussi parfois des chansons tristes pourvu qu’elles soient vraiment très belles.
B : Une chanson douce à écouter comme une berceuse d’une nouvelle génération.

F: Kawaii is also about sad songs, as long as they are beautiful.
B: Another mellow song like a modern lullaby.

* Computer Camp Love – Datarock

F : Le kawaii paradoxe ! N’être pas très nouvelles technologies tout en étant un brin geek.
B : Un must kawaii. Kawaii est très geek-friendly.
F : Ok, c’est vrai, kawaii est très geek-friendly.

F: The kawaii paradox! Keeping new technologies at bay with a hint of geek style.
B: A kawaii favorite. Kawaii welcomes computer geeks with open arms.
F: Yeah, I think we can safely say that we like geeks.

* Never be alone – Simian

B : « We are your friends ». Avec Kawaii vous ne serez plus jamais seuls.
F : Les Simian chantent pourtant ici leur tube tous seuls !
B : Et c’est un vrai plaisir de réécouter cette version originale.

B: Because we are your friends. With kawaii, you’ll never be alone again.
F: But in this case, Simian is singing their hit alone!
B: And it’s a real pleasure to listen to this original version.

* Liz Taylor – The Dead Jackie Kennedys

F : 100% kawaii. Et c’est encore mieux quand c’est fait maison !
B : Kawaii aime le glamour rétro et la technologie simple.
F : Et une fois que l’on a retenu le nom de tous les maris de Liz Taylor, on peut facilement écrire une question super banco pour le jeu des 1000 €.

F: 100% kawaii – and it’s even better when it’s “homemade”!
B: Kawaii likes retro glamour and simple technology.
F: And once you memorize the names of all of Liz Taylor’s ex-husbands, you can win at any Trivial Pursuit game.

* Weekend Wars – MGMT

B: Notre mission le week-end : éviter la foule et rester derrière des platines. « Kawaii management-approved ».
F : Mais les week-ends, Kawaii aime aussi parfois se détendre et simplement faire des mots-croisés.
B : Toujours le « electric feel ».

B: Our weekend wars are spent fighting off crowds behind the turntables. Kawaii management-approved.
F: But sometimes on weekends, Kawaii also likes to chill out and do crosswords.
B: An electric feel at all times.

* Heimdalsgate Like a Promethean Curse– Of Montreal

F : Kawaii, comme tous les morceaux qui donnent envie de sauter partout ou les souvenirs d’une Kia Spectra roulant droit sur Zabriskie Point. Chemicals, chemicals !
B : Notre hymne kawaii officiel de la Vallée de la Mort, où la vie est belle avec ou sans « chemicals ».

F: Kawaii, like every song that makes you want to jump around. And memories of a Kia Spectra driving straight towards Zabriskie Point. Chemicals, chemicals!
B: Our kawaii song from Death Valley, where life is beautiful with or without chemicals.

* Divine de Sébastien Tellier

F : Kawaii parce que l’Eurovision c’est plein de drôles de souvenirs, un peu comme une barre de Milky Way ou n’importe quelle chanson de Stéréo Total et tellement tendance aussi !
B : Kawaii adore les chanteurs fous, ivres et barbus qui portent d’énormes lunettes de soleil. Tellement divine…
F : Totalement kawaii les énormes lunettes !

F: Kawaii, because Eurovision is full of funny memories, kind of like eating a Milky Way bar in front of a black-and-white TV, or like any song by Stéréo Total – and oh so fashionable!
B: Kawaii loves crazy, drunken, bearded singers with big sunglasses. So divine…
F: Big glasses are so kawaii!

* Physical – Queen of Japan

F : Un indice : Reine du Kawaii.
B : Kawaii aime les années 80 aussi, Kawaii aime le Japon et Kawaii aime tout ce qui est « physical ».
F : Oui, super physical !

F: “Queen of Japan” – that says it all.
B: Kawaii also loves the 80s, Kawaii loves Japan and Kawaii loves to get physical.
F: Yeah, super physical!

* Bonjour jeune fille - The Blow

B : Kawaii dit bonjour à tous les jeunes et écoute le son de leur amour.
F : Et certains thèmes proustiens sont kawaii aussi.
B : Proust ? Vraiment ?
F : Oui, je t’assure, mais là je ne parle plus des geeks ni des lunettes de soleil.

B: Kawaii says “bonjour” to all the young kids and listens to the sound of their love.
F: And some Proustian themes are also kawaii.
B: Proust? Seriously?
F: Seriously. Forget about geeks and sunglasses for a second.

* Ooh la la la – Yogo ! Yogo !

F : C’est russe aussi kawaii ? Je ne me souviens plus. Je croyais que c’était japonais ?
B : Kawaii est international, kawaii n’a pas de frontières et va de la France au Japon en passant par la Russie. Ooh la la ! Un sacré Kazatchok sur www.myspace.com/yogoyogo.

F: Is Russian kawaii too? I can’t remember. Isn’t kawaii Japanese?
B: Kawaii is international, moving beyond the borders of France and Japan all the way to Russia. Ooh la la! Check out www.myspace.com/yogoyogo, if you don’t believe me.

* Ballroom – Terry Poison

B : Parce que la vie kawaii est une salle de bal où tu peux danser sur une musique qui rend super joyeux.
F : Comme pour ton prom ?
B : Oui, mais comme je n’étais pas pom-pom girl, je n’avais donc aucune chance d’être élue « prom queen » !
F : Et l’Americain dream alors ?

B: Because Kawaii life is a ballroom where you can dance to music that makes you happy.
F: Like your prom?
B: Yeah, but since I wasn’t a cheerleader, I had no chance of being voted prom queen!
F: What about the American dream?

* Thriller – Petra Haden

B : Parce que Kawaii aime le vintage Michael Jackson et les danses zombie et les reprises des années 80. Mwa-ha-ha-ha-ha…
F : Et c’est aussi une sacrée performance a cappella !
B : « Who’s bad ?! »
F : Ouais, très fort en effet.

B: Because Kawaii loves vintage Michael Jackson and zombie dances and 80s covers. Mwa-ha-ha-ha-ha…
F: And it’s also an amazing a cappella performance!
B: “Who’s bad?!”
F: Yeah, pretty badass.

* Bonus:

Super Believe – Dillinger Girl and Baby Face Nelson

F : Parce que Kawaii c’est aussi chanter même quand on a oublié les paroles, quitte à massacrer un excellent tube de Blondie !
B : Kawaii adore quand les gens chantent en yaourt. En plus, Blondie est une reine dans le pays du Kawaii.

F: Because Kawaii also means singing out loud even when you don’t know the words and even if you massacre a hit by Blondie in the process!
B: Kawaii loves when people sing the wrong words. And Blondie is a queen in the land of Kawaii.

COMPILASEB 12

25 mai 2008

Donald Byrd + Guru – Time is Moving On
1994, New York, le gratin du Hip hop et du Jazz monte sur scène pour un concert caritatif contre le Sida (album Red Hot + Cool). Parmi les collaborations de cette longue soirée, ce titre associant Guru au trompettiste Donald Byrd et au guitariste Ronny Jordan. Un bon titre festif pour débuter une bonne compile ! Enfin, à vous de juger…

Davu & Eyamme – Mastermind
Un sample bluesy et délicat, une batterie acoustique qui claque bien et deux Mc aux flows efficaces…que dire sinon que le tout sonne fort bien. Le reste de l’album « The Sun Do Move » paru en 2006 est du même tonneau. Du Hip hop qui sent résolument les 90’s.

The Fugees – Zealots
A vrai dire, je n’ai jamais été grand fan des Fugees. Ce «Killing me softly», aussi bon que soit le morceau,…peux plus l’entendre ! Ca me fait toujours mal là et là… N’insistez pas…je peux plus ! Les personnes peu sensibles ou même allergiques au Hip hop reprochent souvent aux groupes de Rap de se limiter à coller leurs flows sur des riffs archi-connus. C’est vrai que certains ont poussé le bouchon bien loin…limite foutage de gueule. On a tous en tête des titres où on s’est dit…là, le mec il s’est vraiment pas foulé…il a juste allongé un gros paquet aux ayant droits. Le pire, c’est qu’en général, la recette cartonne. Mais bon, ce « Zealots» des Fugees, qui recycle les choeurs d’ «I Only Have Eyes For You» des Flamingos, ne fait résolument pas partie de cette catégorie. Distinguons le pillage du recyclage.

Mr. Magic – Coast to Coast
Les pieds dans le Disco finissant (riff de guitare scintillant, basse slapée), la tête dans le Hip hop (le flow). Mr. Magic est loin d’être un illustre inconnu. Il s’agirait même plutôt d’un pionnier de la planète Hip hop. Ce Dj fut en effet le premier à animer une émission exclusivement dédiée au Hip hop sur la radio new-yorkaise WBLS-FM. C’était en 1983.

Mario Caldato Jr. – Jimmy’s Theme
Ce touché, ce son d’orgue Hammond B3… pas de doute, Mario Caldato Jr, connu pour son appartenance au clan des Beastie Boys, rend ici hommage à Jimmy Smith période « Root Down ». La boucle est bouclée !

The Village Callers – Hector
Voici un groupe qui n’a réalisé qu’un seul disque…mais quel disque ! Enregistré live dans un petit club de Los Angeles (le Plush Bunny), ce groupe latino témoigne d’une égale aisance, que ce soit dans les reprises Bossa, la Soul fiévreuse ou dans les instrumentaux funky du meilleur cru. Le groupe comme le public prennent leur pied et ça s’entend. J’imagine qu’on a poussé les tables…ça a du jerker toute la nuit. Mmmmmmh, j’aurais tant voulu en être !

Interlude - Chico Mann

Ray Baretto – Senor 007
Ca n’a pas du vous échapper, j’ai un faible pour les bandes-son composées par Monty Norman et John Barry pour les premiers épisodes de James Bond (Goldfinger en particulier). Après vous avoir proposé les relectures de Leroy Holmes et de Barry Adamson, voici une version latin-Jazz du thème de 007 par le maître conguero Ray Baretto. Vous reprendrez bien un martini !?

Mulatu Astatke – Yèkatit
Entre 1969 et 1978, la musique en Ethiopie connu un véritable âge d’or avec la création du label Amha Records. Cette période d’une dizaine d’années vit en effet la réalisation de l’essentiel de la production discographique éthiopienne dont une bonne partie fut rééditée par Buda Musique via la collection Ethiopiques (le volume 4 est consacré à Mulatu Astatke). Le coup d’état de 1974 et l’arrivée de la junte militaire au pouvoir marquèrent un coup d’arrêt à ce foisonnement créatif. Quant à Mulatu Astatke, père de l’Ethio-Jazz et musicien incontournable de la scène musicale locale, il présente un parcours fort singulier. Issu d’une famille aristocratique, il eu l’occasion d’aller voir ce qui se faisait hors du pays, chose extrêmement rare pour l’époque. Après un passage par Londres, c’est à New York et aux groupes de latin jazz qu’il se frottera avant de rentrer au pays des idées plein la tête. Sa musique, subtil mélange de musique traditionnelle éthiopienne et de Jazz, voir de Funk dans certains cas, connu un récent regain d’intérêt grâce au film de Jim Jarmush «Broken Flowers».

Natacha Atlas – I Put A Spell On You
Natacha Atlas est d’ici (née à Bruxelles) et d’ailleurs…le Moyen-Orient, où elle tire ses influences et plonge ses racines. La chanteuse qui n’en est pas à sa première reprise (mon amie la rose,…) signe ici une excellente version de ce monument du Rock chanté en son temps par le démoniaque Screamin’Jay Hawkins.

Interlude – The Village Callers

Babs Gonzales – Broadway 4 A.M
Sur son album «Tales of Manhattan», le chanteur et poète Babs Gonzales nous conte dix courtes histoires Bop de l’ère Be-bop des 50’s à New York. Des histoires de musiciens bien sur, de femmes et de gigs tardives. Ambiance assurée.

Jack Kerouac – American Haikus
Haiku…quesaquo ? Un haïku est une forme classique de la poésie japonaise apparue au 17ème siècle. Extrêmement courts, ces poèmes sont toujours composés de trois vers respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Selon l’Association française du Haiku (on pourra pas dire qu’on se fout de votre gueule quand on rédige nos vignettes…ça bosse, ça creuse, ça investigue), il s’agit «d’une observation réelle de la nature dans un langage direct et simple, et suggérant une plus profonde compréhension de la réalité» (Wouuuachhh !!). Dans cet « American Haikus », le chef de fil de la Beat Generation associe ses vers aux phrases improvisées des deux ténors West Coast Al Cohn & Zoot Sims. Ce titre est tiré de l’album « Blues & Haikus » paru en 1959 et réédité voilà quelques mois. Spéciale dédicace à mon ami Greg !

Lou Donaldson – One Cylinder
Depuis plusieurs années, EMI propose à des musiciens belges de revisiter le catalogue Jazz du label à la note bleue (Blue Note Records) à travers la collection Sidetracks. Après Alex Callier d’Hooverphonic, c’est Tom Barman, leader du groupe Deus, qui s’est collé au difficile mais excitant exercice. Particularité de ce septième volume, Tom y conjugue amour du Jazz et passion pour la peinture en mixant musique et interviews de peintres comme Jasper Johns, Robert Rauschenberg ou Willem DeKooning. Le télescopage souvent intéressant est une vraie réussite dans le cas du «One Cylinder» de Lou Donaldson.

Charles Mingus – Solo Dancer (Stop ! Look ! and Listen, Sinner Jim Withney)
Charles Mingus est probablement mon musicien de Jazz préféré et l’album dont est issu ce «Solo Dancer» l’un de ses meilleurs disques (The Black Saint and the Sinner Lady). A la tête de ses onze musiciens, Mingus nous fait passer en quelques minutes par une foule de sentiments, de l’angoisse à la fureur en passant par l’espoir, la solitude et la détresse… C’est superbement orchestré, brillamment interprété, riche et coloré. Mingus est sans aucun doute mon compositeur de musique de film préféré (à côté de L. Schifrin, de M. Legrand, de N. Rota, d’E. Morricone, de A. Duhamel, de G. Delerue, …et de tous les autres).

Angelo Badalamenti – Red Bats With Teeth
Mais qu’a donc dans la tête cet Angelo Badalamenti pour composer des ambiances aussi pesantes et habitées. Sa rencontre avec David Lynch est une vraie bénédiction. Ces deux-là n’ont pas leur pareil pour créer des climats angoissants et paranoïaques. On plonge ici dans Lost Highway… le décor est simple : une nuit, un club, une scène. Sur la scène, Bill Pullman et son saxo prennent progressivement leur envol et parviennent à l’orgasme. Pas de doute là-dessus.

James Chance & The Contortions – Contort Yourself
J’ai eu la chance il y a deux ans d’assister à un concert de James Chance. J’avais lu sur l’affiche : New York, No Wave, CBGB, Free Jazz, Punk et même Funk. J’avais également lu que l’homme était teigneux sur scène, qu’il lui arrivait régulièrement d’invectiver son public voir de descendre dans la fosse pour se battre avec lui. J’avais pas hésité, j’avais plongé. Pas que j’aime la baston mais l’ambiance risquait d’être chaude. Bon, avouons qu’au final, il n’y eu ni crachats, ni coups dans la gueule…pas même un petit « son of a bitch » ou un « motherfucker ». N’empêche, ce fut un bon moment, James, le teint cireux, tiré à quatre épingles dans un costume vintage 50’s, tritura son sax et son orgue comme un possédé. L’homme demeure bien allumé, sa musique l’est tout autant.

Patti Smith – Gloria
Allez pour conclure, une dernière cavalcade avec ce Gloria d’anthologie issu du premier album de Patti Smith «Horses» paru en 1975 et produit par John Cale. Ca commence doucement, Patti chuchote presque. Arrive alors la guitare…le signal est donné…le groupe veut en découdre. Les choses sérieuses peuvent commencer…la chevauchée est lancée. Le groupe s’emballe…insensiblement…irréversiblement. La tension grimpe, grimpe jusqu’à l’assaut final…la chanteuse oblique alors pour se lancer dans une version racée et sans concessions du Gloria de Them avant l’effondrement final. Un vrai shoot d’adrénaline !

Flags

19 mai 2008

  1. Broken heartbeats sound like breakbeats – Los Campesinos
  2. Into the galaxy – Midnight Juggernauts
  3. Oxford comma – Vampire weekend
  4. This time tomorrow – The Kinks
  5. Saint Simon – The Shins
  6. Transparent day – West Coast Pop Art Experimental Band
  7. Lousy weekend – Daniel Johnston
  8. When saturday comes – The Undertones
  9. Frozen lakes – The Delano Orchestra
  10. Warm rising sun – Radar Bros.
  11. Clowns – Goldfrapp
  12. Where do you go to (my lovely) – Peter Sarstedt
  13. Batucada – Marcos Valle
  14. T.I.B.W.F. – The Budos Band
  15. Gypsy woman – The Impressions
  16. Days like this keep me warm – The Polyphonic Spree
  17. Fake plastic trees – Radiohead

Yo les B-boys, les B-girls, les rock’n’rollers et les mélancoliques de tout poil. Une nouvelle compil pour l’été avec de quoi se remuer la couenne, sautiller béatement, conduire des heures vers la mer, faire la sieste, attendre le soleil sans trop y croire et repenser à d’anciens moments, bons ou mauvais, quand on était jeune, tout ça…

C’est parti et on commence avec du festif : les jeunes excités de la campagne aka Los Campesinos! nous remuent avec un titre explosif (Broken heartbeats sound like breakbeats) qui rappelle par exemple les Papas Fritas (cf Pop Has Freed Us, dit avec l’accent ricain, et non la baraque à frites d’un biloute mexicain).

Toujours dans le style party-time déjanté, les Midnight Juggernauts (Into the Galaxy), australiens de Melbourne, tout comme les Avalanches dont on attend fiévreusement le prochain album après l’inoubliable Since I left you. Niveau son les Juggernauts sont plus proches de Justice, et pour ce qui est du dance floor ils s’y connaissent tout autant que Dj Dexter et ses amis. NB : pour la définition de « Juggernaut » voir ici. Ca en jette…

Vampire Weekend est certainement un des groupes les plus prometteurs apparus cette année, avec les incontournables MGMT (j’ai finalement résisté à la tentation d’inclure Time to pretend à cette compil…). A coté du premier single Cape Cod Kwassa Kwassa, souvent comparé aux morceaux de l’album éponyme de Paul Simon pour ses tonalités africaines, je préfère Oxford Comma, qui sonne si new yorkais malgré son titre.

Comme quasiment sur chacune de mes compils, vous avez droit à un titre des Kinks, dont la discographie est une mine inépuisable de diamants bruts. Wes Anderson l’a bien compris et inclus trois titres dont celui-ci dans son Darjeeling Limited. On en reparlera. This time tomorrow est extrait de l’album « Part one : Lola versus Powerman and the Moneyground ». Les Kinks sont forts en titres d’album débiles.

Gardiens du temple de la mélodie pop aux cotés de Sufjan Stevens et Belle and Sebastien, the Shins nous gratifient ici d’un petit bijou d’harmonies comme je les aime bien avec ce titre biblique (Saint Simon).

Retour vers les années hippie avec le West Coast Pop Art Experimental Band, plus coutumier de morceaux étranges enregistrés le cerveau noyé dans l’acide (cf Help I’m a Rock, reprise au titre explicite des Mothers of Invention). Transparent Day rappelle plutôt les Byrds pour ses guitares et ses arrangements. C’est plus sain.

Par contre, sain d’esprit, ce n’est pas le qualificatif le plus approprié pour évoquer Daniel Johnston. Figure unique de la scène musicale américaine, le « Rejected Unknown » a une discographie immense, dont la majorité n’existe que sous forme de cassettes enregistrées dans sa chambre dans les années 80. Vénéré par la scène underground US (Nirvana, Sonic Youth, Yo La Tengo, etc), Daniel a eu une carrière entrecoupée de nombreux séjours dans des établissements psychiatriques. Lousy Weekend est extrait de Fun, son premier album véritablement produit. Un documentaire indispensable sur ce personnage incontournable est sorti en 2005 (The Devil and Daniel Johnston).

Poursuivons avec The Undertones, groupe nord-irlandais de la fin des 70’s qui chantent la frustration (When Saturday comes) comme leurs petits copains de l’époque punk, mais avec un peu plus de. Ca ne nuit pas.

Il faut croire qu’il fait vraiment très froid en Auvergne l’hiver (et même l’été ?), presque autant qu’au fin fond d’Etats perdus du Canada comme le Saskatchewan ou l’Alberta. C’est en effet de la chaîne des Puys et non des rives enneigées de la Baie d’Hudson que The Delano Orchestra nous murmure ce Frozen Lake pailleté de givre.

Pour se réchauffer un peu, le Warm rising sun des dépressifs Radar Bros, n’est pas très efficace. Mais est-ce vraiment ce qu’on leur demande ?

Peut-être aura-t-on un peu plus de chance avec Goldfrapp, de retour cette année avec the Seventh Tree et qui feule doucement sur Clowns. Parfait après la sieste.

Darjeeling Limited again. Ce morceau improbable de Peter Sarstedt accompagne les personnages tout au long du film, s’avérant parfois une arme érotique redoutable (à voir le look de Sarstedt, ça semblait peu probable à l’époque). Personnellement, ce morceau me rappelle beaucoup ceux de Nick Garrie, obscur songwriter anglais récemment ressorti de l’anonymat suite à la réédition de son unique album par Rev-Ola. Nick habite à Paris et fait parfois des concerts dans des petites salles comme l’an dernier à la Flèche d’Or.

Allez un peu de groove, avec pour commencer un petit détour par le Brésil avec ce Batucada du carioca Marcos Valle qui nous secoue un peu les fesses.

On continue avec les new-yorkais the Budos Band qui distille une bonne soul instrumentale, qui fait penser à la blaxploitation ou à la musique de Bullit. Très bon pour zoner en bagnole genre GTA.

Parmi leur discographie richissime, difficile de choisir un morceau de The Impressions, premier groupe de Curtis Mayfield,. J’ai finalement opté pour Gypsy Woman, finement ciselé et chaloupé avec de superbes arrangements de castagnettes !

Un autre groupe vocal mais plus près de nous, The Polyphonic Spree compte une vingtaine de membres vêtus de robes à la Aphrodite Child (le groupe du gros Demis) et ressemble de fait plus à une chorale géante ou à une secte macrobiotique. Cela donne des résultats inégaux mais aussi quelques perles comme ce Days like this keep me warm.

Et enfin, l’éternel Fake Plastic Trees de Radiohead. Je l’ai redécouvert il y a deux mois et je n’arrive pas à m’en détacher. C’est grave ?

Dr. Manolito

JEOMK par PhilPraxis

8 mai 2008

http://failblog.wordpress.com/

Le son, celui qui te file des frissons, quand j’ai les goose bumps (chair de poule), ça me donne envie de faire partager ce son! Petite touche d’infini, ce dont parlait KLF dans leur titre mytique “3 AM Eternal” : quand il est 3 h du mat et qu’on entend le DJ balancer un morceau dément qui fait décoller tout le monde, on accède à un petit moment d’éternité. Trouver ce son, et rencontrer les gens qui l’écoute, le faire partager à ceux qui nous entourent.

Un bouquin, offert pour une teuf d’anniversaire mémorable justement à cet égard, donne un aperçu des chants sacrés des shamans du monde entier, c’est dans la même veine: Les Techniciens du Sacré, très fort. Dans un monde laïque, est-ce politiquement correct de parler de spiritualité non religieuse et d’infini à travers la trance de la musique? Dans un contexte ou les religions de tout bord utilisent les quêtes humaines pour imposer des dogmes et des dieux afin de mieux assoir le pouvoir d’autres hommes, est-il toujours possible de parler de sacré, d’infini, de transe pour soi sans pour passer pour un illuminé, un intégriste ou un laïque réfractaire aux religions monothéistes? Au moment ou on nous spolie de l’internet espace de liberté pour en faire un Internet espace de flicage, ou les raves libres sont interdites, le son reste encore une parcelle de liberté. Avec les médias qui nous tannent de revival années 68 perdues dans des concrétisations loupées (cf. Critical Art Ensemble, The Electronic Disturbance, en: http://www.critical-art.net/books/ted/ - fr: http://www.virtualistes.org/caeindex.htm ), est-il possible de concevoir un autre moyen de s’echapper à ces bunkers par la musique et la dance? ohlala… faut que j’arrête la défonce moi?

Alors voila, petite compil de truc marrants et de trucs débiles, mais aussi des trucs déments. En essayant d’éviter les trucs bien connu, en sortant des sentiers battus, mais bon, on peut pas tout éviter non plus, Svink & La Caussss, mais du lourd j’espère. Ca et la, des choses venues de l’espace: Module, Mon Chéri, Le Tone, …. Un petit mix avec de tout: rap, electro, zarbi… en 17 morceaux, c’est dur.

Un bonus track pour le premier commentaire qui connait l’origine du titre de cette compile (googler c’est tricher). Une bonus track inédit pour celui qui POSSEDE UNE PHOTO de cet évennement mémorable s’il l’a vécu :)

Keep kicking et rendez vous pour la teuf du Hacker Space Fest ( http://www.tmplab.org/wiki/index.php/Hacker_Space_Fest ) pour plus de son et j’espère du bon! En ce sens, je vous souhaite le meilleur!
01 Mad Mike - chaos & order
Mad Mike de Underground Resistance, le son s’invite… Balance! Un bonheur en concert…
http://www.discogs.com/artist/Mike+Banks?anv=Mad+Mike

02 Beans - diamond_halo_granade-ego
Rahhh… mais lequel prendre? Tout est bon, Beans c’est un des pilliers d’antipop consortium. Un flow du diable a te scotcher sur rien.
Vazy, de toute façon balance je suis déjà par terre.
http://www.discogs.com/artist/Beans

03 Mr flash - disco dynamite
C’est un alien, milieu électro mais qui tape comme du vieux reggae disco de vener, tout ca au beau milieu de la scene a la justice française de Ed Bangers records. Ydéboit.
http://www.discogs.com/artist/Mr.+Flash?anv=Mr+Flash

04 Uffie - Dismissed
Beh elle aussi, sur le même label que Mr Flash, très drôle et bon mix rap/elec.
http://www.discogs.com/artist/Uffie

Bah en plus elle est mignonne… Dommage, on va plus pouvoir se concentrer uniquement sur la musique. Xav, attaannnnd ptain, 2 minutes qd meme! Pas touche pendant qu’elle envoie!
http://www.discogs.com/viewimages?what=A&obid=418592

05 Airborn Audio - The Best Shit In The World
Juste ce qu’ils disent. Une autre mutation d’Antipop consortium, et ça déboite.
http://www.discogs.com/artist/Airborn+Audio

06 La Caution - Les rues Electriques.frenchbeatz
Beh c’est simple, c’est avant que TTC décolle, et ça reste tout de même un des meilleurs son du genre avec les Svink/… qui suivent.
http://www.discogs.com/artist/La+Caution
Que du bonheur, et pourquoi je peux pas rajouter ca:
http://youtube.com/watch?v=Wk670zx0Cg8
beh non quand même !!! 17 alors zyva laisse la place pour tes tepos…

07 SVINKELS - Bons Pour L’Asile - Ca n’sert a rien
Beh les Svink c’est simple, le son et la scène, c’est eux. Dernière visu à Bourges (2008) et ça déchire comme pas deux.
http://www.discogs.com/artist/Svinkels

08 DJZebra_Dead_Katerine
ohhhh! Bein zut, je suis un peu désolé mademoiselle!
http://www.discogs.com/artist/Katerine
http://www.discogs.com/artist/DJ+Zebra

09 b1 vicarious bliss - theme from vicarious bliss (lifelike goes disco remix)
top top top! Lyrics rocks! Electro a thème hehehe… welcome.
http://www.discogs.com/artist/Vicarious+Bliss

10 para_one_-_dudun-dun__mstrkrft_remix
Para one, producteur de TTC, dans un track electro qui pête pour un producteur rap qui tappe.
http://www.discogs.com/artist/Para+One

11 benjamin theves - texas (sebastian remix)
Et ça, ça donne quoi? Ca me masse le cerveau qui fuit. Merci Sebastian même cuisine à la ed bang. Tres electro.
http://www.discogs.com/artist/Benjamin+Theves
http://www.discogs.com/artist/SebastiAn+(6)

12 digitalism-jupiter_room_martian_assault_edit
Tres tek, déboite cerveau sans rien sur la piste rien à battre le son décolle et je suis sur mars de toute façon. “HE MAN! T’AS PRIS QUOI T’AS FAIT QUOI?” wohh… c’est une teuf de Laurent Ho ou quoi là?
http://www.discogs.com/artist/Digitalism

13 midi_miliz_-_10000_watts-mycel
Hmmmm…. encore! Pourquoi ce track est pas plus long. Trance psyché de barré.
http://www.discogs.com/artist/Midi+Miliz

14 Le tone - joli dragon
ohhh…. quel bel univers. Emmène moi dans ta disco!
http://www.discogs.com/artist/Le+Tone

15 Dirty - Dirty
Back in da house. I’m dirty…
http://www.discogs.com/artist/Dirty

16 - Laisse Moi - Module
Introuvable groupe concept typique français, des brokers yuppies mixent la bourse et leur triste nature de zombies carnivores, à dessein… C’est nul! C’est top! Module, c’est un C64 resté branché sur des vieux modules de daubes avec des consultants qui se sont trop fait chier chez McKinsey. Que du bonheur. Si quelqu’un trouve une trace de cet Album “Wall Street Zombies”, faites signe.

17 - Mon Chéri - Fondue Hoffman
Mulhouse en force, les suisses ne nous auront pas. Ou peut être déjà trop. On en serait pas là si M. Hoffman n’avait pas découvert ces petits buvards rigolos… à Bale???? Eh, c’est juste à côté de Mulhouse justement?

Le blues du Wigga

27 avril 2008

Des fois tu lis un bouquin et tu sens que l’auteur est un peu ton frère. Même s’il s’agit d’un américain de plus de 60 ans – Nick Cohn - et qu’il parle du rap dirty south de la Nouvelle Orléans (tu prends du Lil’Jon, et tu fais plus simpliste et bourrin, t’as qu’à voir), le bouquin s’appelle Triksta et c’est génial.

Donc à un moment il écrit : “Pendant quelque temps, j’ai été cette figure ridicule, le Blanc entiché de tout ce qui était noir. Norman Mailer a tenté de donner un peu de dignité à cette figure sous le nom de nègre blanc (le hip-hop, plus réaliste, allait l’appeler wigga, c’est à dire le white nigga). Je ne me suis jamais lancé dans la poignée de main soul, je n’ai jamais porté de tunique africaine, mais je désirais à coup sûr être bien vu par les frères et soeurs.”

Wigga, c’est moi. Beaucoup de joies, un peu de ridicule assumé, et quelques problèmes moraux. Know what I’m sayin’ ?
Ecoute plutôt.

D’abord, le Wigga adore – sans même toujours s’en rendre compte – la dimension sexuelle de la musique noire. C’est encore mieux quand c’est gentiment dissimulé dans des très jolies mélodies et des belles orchestrations de soul sudiste. Le petit sourire lubrique de Joe Tex quand il tu dis « mmm, to take what i got », ou le discours de pimp caché du laudromat blues des 5 Royales (le groupe référence de James Brown à ses débuts) : « my baby’s got the best equipment in town », et les chœurs derrière, ça le fait kiffer.
Joe Tex, You Got what it takes - The 5 Royales, Laundromat Blues

“Les mélodies dans les aigus - la main droite au clavier - sont à mes oreilles comme de la poésie traduite. Les motifs de batterie et les lignes de basse, voilà ma langue maternelle.” Encore Nick Cohn. Le Wigga est un accro de la ligne de basse et du flow qui claque. Il recherche désespérément l’énergie brute et authentique qu’entre son éducation, son boulot et ses loisirs ordinaires il est bien en peine de trouver. Il rêve aussi souvent de soirées ou la danse serait un truc vraiment sexuel, de pistes où les boys et les girls bougent plus les fesses et moins les bras.
Public Enemy, shake your booty – DJ Assault, Dick by the pound

Bien sûr, le Wigga est plein de conscience politique de gauche et antiraciste. Et il adore quand la basse et le flow claquent aussi pour exprimer une révolte sociale. D’ailleurs le wigga connaît plein d’anecdotes sur des ghettos où il ne mettra jamais les pieds. Pour l’album Straight Outta Compton de NWA, acte de naissance – pour le grand public du moins – du style West Coast, Easy E, le petit nerveux qui sait pas trop rapper, avait enfin réussi à débaucher un DJ qui avait un certain succès local, Dr DRE : DRE s’était retrouvé une nouvelle fois en prison, et son crew d’origine refusait de payer à nouveau la caution. Easy E. s’est pointé, l’a libéré, et l’a embauché. Il l’a associé à Ice Cube, dont les Rip Curls (la bouclettes) sont un signe d’affiliation aux Bloods. Quelques années plus tard, alors que DRE et Cube sont des superstars, Easy E. se fait descendre ; en épitaphe sur sa tombe il est écrit : « he put Compton on a map », du nom de son quartier hyper craignos de LA. Allez, je vous épargne le laïus pour Ill Bill, mais le morceau claque vraiment bien aussi.
NWA, Straight Outta Compton - Ill Bill, It’s a Beautiful Life

Le wigga prête donc consciencieusement l’oreille aux messages véhiculés par sa musique. Ca tombe bien, KRS One, aka Le Professeur, en a plein des messages ; sur l’oppression policière notamment (dans un morceau repris par Cut Killer, faut dire que le message était assez facile à transposer à la France). Le Wigga prête aussi bien attention aux messages du rap français. Quand c’est un message de La Rumeur, c’est juste parfait : voici un des meilleurs textes sur le racisme ordinaire contemporain. « A les écouter on est tous du mauvais côté / du mauvais quota / persona non grata / venus juste pour les gratter / ingrats aigris et ratés / tas d’renois et d’ratons / immigrés à dénigrer et à mater sous l’bâton… ». Quand c’est un message de Booba, ça va encore : le Wigga intellectualise, recontextualise, « c’est du témoignage de cité, le deal, la baston, le machisme font partie de l’ordinaire de la cité, donc ils sont dans les chansons, c’est normal ». Et quoiqu’elles racontent, elles contiennent toujours quelques formules qui tuent, ces chansons gangsta dédicacées « à tous les cas sociaux qui font des fautes sur les murs » (Mafia K’1 Fry): “ya pas d’maille et sur l’droit chemin ya un péage”…
Mais des fois, au détour d’un album, le Wigga se retrouve face à ses contradictions, éprouve un léger malaise, par exemple quand la Mafia K’1 Fry explique comment elle traite les gens de la cité qui parlent aux flics. D’autant plus flippant que c’est bien foutu…
KRS ONe, Sound of da Police - La Rumeur, A les écouter tous - Booba, 100-8 Zoo - Mafia K’1 Fry, Balance

Pour fuir ses conflits moraux, le Wigga se tourne vers les valeurs musicales sûres, comme RZA encore magistral sur cette BO du film Afro Samurai, ou Dr Octagon (aka Kool Keith), virtuose quand il faut tordre dans tous les sens les formes du rap.
The RZA, The Silent 7 Theme, from the Afro Samurai SoundTrack - Dr Octagon, Aliens

Ou encore, parfois, au boulot, entre un rendez-vous téléphonique et un énième fichier powerpoint, il se prend à rêver d’être un de ces Wiggas qui ont réussi, comme Buck 65, le genre de petit génie blanc qui s’inspire et du rap et du blues et de la poésie pour faire des trucs qui ressemblent à rien d’autre, et qui en plus est hyper impressionnant sur scène (le mois dernier à la Maroquinerie).
Buck 65, Ho Boys

Je repasse la parole à Nick Cohn pour le final :
« Quand la musique noire est bonne, elle vous nettoie. Il y a là une franchise, une honnêteté profonde qui me semblent être la vérité nue. Quelle qu’en soit la forme nominale - country blues ou blues urbain, R&B, soul, jazz - ses racines plongent toujours dans une Eglise. »
Pas grand chose à ajouter, sinon que le Dieu des Eglises sus-mentionnés ne doit pas aimer qu’on détourne sa musique, pour avoir fait mourir Sam Cooke et Otis aussi jeunes, juste au moment où ils devenaient géniaux.

Et surtout, faites gaffe. Say no to the devil.

Sam Cooke, (I love you) for sentimental reasons - Otis Redding, I’ve been loving you too long - Fred Mc Dowell, Milkcow blues - Reverend Gary Davis, Say no to the devil

JSB

Tracklist
1 - Joe Tex – You Got What it takes
2 - 5 royales – Laundromat Blues
3 - Public Enemy - Shake your booty
4 - DJ Assault – Dick by the pound
5 - NWA - Straight outta compton
6 - Ill bill - It’s a beautiful life
7 - KRS one - sound of da police
8 - La Rumeur – à les écouter tous
9 – Booba – 100-8 Zoo
10 - Mafia K’1 Fry - Balance
11 - Dr Octagon - Aliens
12 - RZA - Afro SAmurai
13 -Buck 65 – Ho Boys
14 - Sam Cooke – (I love you) for sentimental reasons
15 - Otis Redding – I’ve been loving you too long
16 - Fred Mc Dowell – Miklcow blues
17 - Reverend Gary Davis - Say no to the devil

RED par Mathos Gasoil

21 avril 2008

retouralanormale.jpg

Et hop ! Une sélection bien pesante, bien lourde, avec un texte à l’avenant. Enfin un texte… disons une compilation (respect strict ducahier des charges compilfight) de textes marqués au fer… rouge. En ces temps de commémoration en forme d’enterrement, c’était trop
tentant. Donc un texte interminable, pas drôle (encore que) et sans
grand sens mélodique. Un texte pas très pop en somme. Plutôt une litanie
hardcore.

Pour la musique, pas grand-chose à dire hormis le fait que, si d’Isis à
Alain Peters en passant par Keny Arkana, Nostromo, Vijay Iyer ou Miss
Kittin, il y a somme toute peu de grandes découvertes, d’un autre côté,
y a rien à jeter.

1 - Vijay Iyer & Mike Ladd -The Color of My Circumference I
« L’homme que je rencontre est jeune, grand, beau et fier. La porte du parloir se referme. Dans le couloir, trois gendarmes observent leur chronomètre : j’ai quinze minutes et c’est peu. Mon interlocuteur est retenu depuis 29 jours et son séjour au C.R.A ne peut excéder 32 jours. Le temps presse. Je me hâte. Je pose les bonnes questions, je cible les points d’achoppement, j’élabore une stratégie. L’homme avoue être souffrant et grimace de douleur à chaque spasme qui lui tord les entrailles, mais à aucun moment, il ne se départira de la plus souveraine dignité. Il retient ses larmes en me contant son histoire, aussi banale que désolante. Une malencontreuse fracture au bras, l’échec à l’examen préparé, un état de choc, la perte de repères et son corollaire, la négligence, la péremption du titre de séjour, la rafle, l’arrestation, la rétention. Le quart d’heure fatidique est écoulé. Les geôliers nous font comprendre qu’il est temps de nous retirer. Nous quémandons avec succès cinq minutes supplémentaires, puis sortons et prenons congé.
L’ouverture de la première grille n’est pas immédiate. Dehors, un homme portant une croix et coiffé d’un chapeau coloré déambule de long en large, notions qui n’ont du reste plus de sens en ces lieux. Il psalmodie une litanie dont je ne comprends pas les paroles, mais que je crois reconnaître. Jamais l’expression « ne plus savoir à quel saint se vouer » n’a été aussi vraie. Un autre est accroupi à même le sol, les yeux fixés sur un « je ne sais quoi que je ne saurais dire ». Il est dans ce no man’s land, par delà le bien et le bien et le mal, la vérité et le mensonge. Un troisième, agrippé à la clôture comme un naufragé à un radeau de fortune, me regarde partir vers une liberté que je n’estime plus mériter.
De retour dans le monde, j’entends des bruits de clefs sonner à mes oreilles. Je m’étonne de pousser une porte et de la voir s’ouvrir. Du plomb coule dans mes veines. »
Extrait de Visite au Centre de Rétention administrative de Metz Desvallières
http://www.educationsansfrontieres.org/?article12040

 2 - Keny Arkana - Eh connard
« Madame, Monsieur,
Sur le rapport de Madame l’Assistante sociale polyvalente de secteur chargée de votre quartier, j’ai l’honneur de vous informer que votre fils Bernard, dont la santé mentale avait donné quelques inquiétudes au Proviseur du lycée Marie-Madeleine Dienesch, a fait l’objet, après les examens appropriés, des mesures suivantes :
1)       Il sera placé sous la surveillance d’un conseiller pubertaire et, si ses comportements a-sociaux se prolongeaient, d’un conseiller post-pubertaire.
2)       Il devra passer les jeudis après-midi et les dimanches à la maison des jeunes de votre localité, où l’animateur socio-culturel sera spécialement chargé de l’orienter vers des loisirs propres à canaliser l’excès d’agressivité dont votre fils a fait preuve en crachant dans la figure du conseiller d’éducation de son lycée qui l’avait rappelé à l’ordre.
En cas d’aggravation dans ses comportements ou de persistance déviante, je me verrai amené à placer votre fils Bernard dans un foyer de semi-liberté, ou, dans un cas de particulière gravité, de tiers-de-liberté.
Je vous prie d’agréer etc. »
Lettre du Ministère de l’Economie et de l’Education à Monsieur et Madame Ravenne
Cité par Philippe MEYER, Esprit mai-juin 1972, p. 650

3 - Dupain - L’usina
« Les carrosseries, les ailes, les portières, les capots, sont lisses, brillants, multicolores. Nous, les ouvriers, nous sommes gris, sales, fripés. La couleur, c’est l’objet qui l’a sucée : il n’en reste plus pour nous. Elle resplendit de tous ses feux, la voiture en cours de fabrication. Elle avance doucement, à travers les étapes de son habillage, elle s’enrichit d’accessoires et de chromes, son intérieur se garnit de tissus douillets, toutes les attentions sont pour elle. Elle se moque de nous. Elle nous nargue. Pour elle, pour elle seule, les lumières de la grande chaîne. Nous, une nuit invisible nous enveloppe.
Comment ne pas être pris d’une envie de saccage ? Lequel d’entre nous ne rêve pas, par moments, de se venger de ces sales bagnoles insolentes, si paisibles, si lisses – si lisses !
Parfois, certains craquent et passent à l’acte. Christian me raconte l’histoire d’un gars qui l’a fait ici même, au 85, peu avant mon arrivée — tout le monde s’en souvient encore.
C’était un Noir, un grand costaud, qui parlait difficilement le français, mais un peu quand même. Il vissait un élément de tableau de bord, avec un tournevis. Cinq vis à poser sur chaque voiture. Ce vendredi-là, dans l’après-midi, il devait en être à sa cinq centième vis de la journée. Tout à coup, il se met à hurler et il se précipite sur les ailes des voitures en brandissant son tournevis comme un poignard. Il lacère une bonne dizaine de carrosseries avant qu’une troupe de blouses blanches et bleues accourues en hâte ne parvienne à le maîtriser et à le traîner, haletant et gesticulant, jusqu’à l’infirmerie.
“ Et alors, qu’est-ce qu’il est devenu ?
- On lui a fait une piqûre et une ambulance l’a emmené à l’asile. »
Extrait de L’établi de Robert Linhart
http://entretenir.free.fr/ouvrier/etabli.html

4 - Bertrand Louis - Quartier Latin
« Avec le poids des ans, des compromissions et des rénégations, les acteurs recyclés dans le rosé bonbon social-démocrate, ou reconvertis dans la pitrerie médiatique, ont désormais plutôt tendance à considérer leurs émois de jeunesse avec la tendre commisération d’adultes enfin mûris, adultement vieillis et mûrement rancis.
Version Cohn-Bendit : Nous l’avons tant aimée…
Version Ettore Scola : Nous nous sommes tant aimés…
L’événement réduit à une grosse blessure narcissique.
Et voici la grève générale ramenée à la dimension d’un joyeux monôme étudiant, diluée dans les nappes lourdes de la modernisation inéluctable. On ne veut plus voir dans Mai 68 que les signes précurseurs d’un nouvel individualisme hédoniste. On ne veut en retenir que les effets culturels et moraux.
(…)
Si l’événement dépasse infiniment la conscience tardive de la majorité de ses acteurs, la raison est forcément ailleurs. Et elle est probablement double. Elle tient d’abord à la grève générale : sous les pavés, non pas la plage, mais la grève. On a parlé d’une grève dix fois millionnaire. Dix millions, c’est un chiffre rond. Les enquêtes statistiques a posteriori oscillent entre 6 et 9 millions, soit le double ou le triple de Juin 36. La question n’est pas purement quantitative. La France de 1936 est encore une société fortement rurale. Celle de 1968 est à large majorité urbaine et le salariat y représente déjà 70% au moins de la population active.
Mai 68, c’est la première grève générale de la société salariale qui se propage, au delà des centres traditionnels de production industrielle, aux services, à la communication, à la culture, à toute la sphère de la reproduction sociale. D’où son retentissement. On a voulu voir dans sa symbolique barricadière et ses oriflammes écarlates le signe de la dernière grève du XIXe siècle et l’épilogue de la grande légende prolétarienne. En partie, sans doute, pour moitié peut-être. Mais pour l’autre part et l’autre moitié, c’était aussi l’avant-première grève du XXIe siècle, un soulèvement social généralisé. Les grandes manifestations populaires des 13, 24, 28, 29, 30 mai annoncent à leur manière les immenses cortèges de décembre 1995 jusque dans les sous-préfectures. »
Tiré de Daniel BENSAID, Sous les pavés,la grève – regards sur mai 68 (1998)
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article9496

5 - Babx - Crack Maniac
« Un sachet pour intraveineuse alimentait l’homme en sang. Lequel était en train de se piquer avec une seringue hypodermique. Il était allongé complètement nu, cadavérique, sur un lit d’hôpital à tête relevable.
Il rata une veine de la hanche. Il poignarda son pénis et enfonça le piston.
Ses cheveux lui touchaient les épaules. Ses ongles se recourbaient vers l’intérieur, à mi-chemin de toucher les paumes de ses mains.
La pièce sentait l’urine. Des bestioles flottaient dans un seau rempli de pisse.
Hughes dégagea l’aiguille. Son lit s’affaissait sous le poids d’une demi-douzaine de machines à sous démontées ».
James Ellroy, American tabloïd

6 - Nostromo – Epitomize
« Juste avant le lever du jour, il fallut que je m’enterre pour éviter que l’hyperthermie ait ma peau. Je m’enfonçai aussi loin que possible dans les buissons, ce qui franchement n’était pas très loin. Quand je cherchai un endroit pour creuser mon trou, je repérais quelque chose qui affleurait dans le sable. Je creusais à la main tout autour, jusqu’au moment où je m’aperçus que quelqu’un avait enterré une putain de balle de coton. Et un pack de six Budweisers. Qui faut-il être pour voler une balle de coton ? Ou abandonner de la bière dans le désert ? Je n’avais pas envie d’y réfléchir et me contentai de boire de la bière tiède. Je creusai une nouvelle tombe peu profonde, y disposai un tapis de coton arraché à la balle à l’aide du couteau à cran d’arrêt. Bus une autre bière et m’allongeait en attendant la mort. Ou un rêve. Ou juste le sommeil jusqu’à ce que la nuit tombe. En dépit de la cocaïne. Si je rêvais je ne voulais pas m’en souvenir. »
James CRUMLEY, Les serpents de la frontière

7 - La Caution - Bancs de poissons
(…) Quand aux autres, ceux qui sont directement touchés par la politique répressive de Sarko, pour eux, rien ne change, leurs problèmes ce n’est pas de savoir si y a plus de flics ou pas, de toute façon dans le quartier y en a toujours eu beaucoup, mais le problème c’est qu’il n’y a plus personne pour s’occuper d’eux… Entre la fuite individualiste des nouveaux bourgeois arabes (fuite qui malgré tout nécessite pas mal d’atouts), les promesses « célestes » des barbus, ces jeunes n’ont pas beaucoup le choix, si ce n’est foutre la merde ! Et pour ceux de ma génération qui n’ont pas eu la chance d’avoir des opportunités de s’en sortir les années précédentes, continuer à se défoncer la tête… »
« Par rapport à l’ambiance du quartier, c’est quelque chose d’assez bizarre… par exemple, ce week-end, comme lundi était férié, beaucoup d’anciens du quartier sont venus, donc c’était des sortes de retrouvailles. Mais aussi il faut être honnête en disant qu’on aime bien quand c’est un peu « chaud ». Une bonne ambiance, c’est quand les gamins foutent la merde mais sans emmerder personne. »
Younès Amrani, extrait de Pays de malheur ! Un jeune de cité écrit à un sociologue, Younès Amrani et Stéphane Beaud, La Découverte, 2004

8 - Miss Kittin - 1982 (remix)
 (…) Je suis très déçue, tu n’as pas pu être présent lors de ma première free-party… Depuis le temps que j’embête Franck avec ça, il a finalement cédé à mes “avances” et a accepté de m’embarquer dans un champs-forêt peuplé de chiens maladroits et de gens gentils. J’ai bien aimé me vautrer dans les ronces en revenant d’uriner au milieu des bois, les effets du MDMA sur un type, Pierrot qui mixe, discuter avec plein de gens, caresser les chiens, éviter les bagarres, boire des trucs qu’on sait pas ce que c’est, voir le soleil se lever, faire sauna dans la voiture en plein soleil, me couper les mains avec un opinel en essayant de confectionner un sandwich au paté, écouter Panique Gastrique, rencontrer un punk aveugle, comparer l’habitabilité des camions, voir des drogues que j’avais jamais vu, me faire réveiller par les glapissements de Franck vers midi, voir enfin à quoi ressemble Synthax Error, s’habituer à la bière chaude, fumer des joints comme on fumerait des clopes, mettre un pull à poche ventrale et capuche et constater que c’est vraiment pratique et qu’il me faut le même, danser en faisant corps avec le son… Et encore tellement d’autres choses !! Je voudrais bien voir une deuxième fois comment ça fait… (…)
Lettre à un ami / Première free-party | 02 juillet 2006
Le blog de Tatoumland

9 - Kraftwerk - Tour De France Étape 2
« Le vélo, c’est la lutte des rayons contre les aiguilles, le cercle contre le cercle, la course contre le temps, et le temps dans toutes ses acceptions, la course contre le beau et le mauvais temps, le ciel, le froid, le chaud, le vent qui pousse et celui qui ralentit, le soleil qui assomme ou assèche, la pluie qui rend le monde glissant.
La course contre la montre, la grande boucle, les tours, tours de roue et Tour de France, tour de reins et Tour d’Italie, à tour de rôle et Tour d’Espagne, et, puisque tout est cyclique, tout est cyclisme et donc chacun doit se dire qu’un jour ce sera son tour.
Et puisque le tour c’est aussi le mouvement, c’est une révolution.
Le coureur cycliste est un révolutionnaire. »
JB Pouy, 54 x 13, L’Atalante, 1996

10 - Massive attack & Mos Def - I Against I
« Cinq mois se sont écoulés depuis la Conférence de Zimmerwald où nous, socialistes d’Europe, avons lancé un cri d’indignation et d’appel. Cinq nouveaux mois de guerre ont passé, l’un après l’autre, sur l’humanité, et chacun de ces mois a vu les peuples acharnés à poursuivre leur propre extermination, leur propre ruine au milieu des carnages, supportant sans révolte l’œuvre hideuse d’un militarisme déchaîné qui ne peut plus être maîtrisé par les mains sanglantes des maîtres actuels des nations d’Europe. L’extermination automatique de la fleur des peuples a poursuivi sa voie durant ces longs mois. De nouveaux milliards, par dizaines, extraits de la richesse collective par des emprunts de guerre ont été engloutis, consacrés exclusivement à la destruction de vies humaines et des conquêtes de la civilisation.
Si le cerveau humain travaille encore dans ce cercle infernal, ce n’est plus pour perfectionner et inventer des engins d’extermination. Le problème qui préoccupe actuellement les dirigeants, les savants, les inventeurs de tous les pays, consiste à trouver le moyen d’anéantir des armées entières au moyen de gaz empoisonnés. Mais les porte‑parole des classes dirigeantes stupidement obstinées ou ivres de sang, ne cessent de répéter que la guerre doit être menée « jusqu’au bout », jusqu’à la victoire complète, jusqu’à ce que la guerre ait trouvé la solution de toutes les questions qui l’ont provoquée. Cependant, en fait, la solution définitive s’éloigne de plus en plus, les opérations militaires s’étendent sur de nouveaux fronts et sur de nouveaux territoires, et chaque nouveau développement a pour conséquence et pour caractéristique l’enchevêtrement de problèmes nouveaux en même temps qu’il ravive d’anciennes plaies. »
Trotsky, Janvier 1916
http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1916/01/lt19160100.htm

11 - Rien - Stare Mesto
« Le lendemain mardi 21, moi, l’équipe du matin qui commence à travailler à 6 h 30 n’a pas embrayé, les machines sont à l’arrêt, des petits groupes sont rassemblés, certains assis, lisent, ne se dérangent même pas à l’arrivée des cadres et de l’équipe normale à 7 h 30. Quelques rares chefs d’équipe zélés, mais assez timidement d’ailleurs poussent les gars au boulot, ils répondent avec des plaisanteries sans bouger d’une semelle. Les caïds disparaissent dans leurs bureaux, tout le monde paraît vouloir entrer en vacances. Un délégué passe : « tous à 9 h pour l’assemblée générale dans le hall » annonce-t-il. Aujourd’hui, “l’Huma” enfin conseille la grève, les effets ne se font pas attendre.
Dès 8 h 45, les ouvriers des ateliers sont rassemblés dans l’immense hall, mêlés aux cadres, aux techniciens, aux employés de bureau en costume; Les représentants syndicaux prennent place sur la plate-forme d’une remorque. Chacun y va de son petit laïus, la CGT et la CFDT se partagent le plateau, FO ne possédant que quelques rares militants, est absente. C’est un beau spectacle, à ne pas en croire ses yeux ni ses oreilles. Les voilà partis, les tacticiens de la grève tournante, les champions du débrayage le vendredi soir pour que cela soit plus facilement suivi, ont “peur”.
La grève illimitée !
« Tout est permis », affirme le secrétaire du Comité d’Entreprise qui visiblement a lu l’Huma du matin. Dans l’intimité celui-là se défend d’être du parti : opposant de principe, il suit leurs mots d’ordre (de tels hommes sont la caution démocratique au sein de la CGT).
Nous passons au vote… 98 % sont pour la grève, c’est pas possible, des chefs, des techniciens votent pour, sauf un petit groupe tassé auprès d’un piller, les éternels réactionnaires qui ne comprennent rien ou trop dans l’arrivisme. Les autres par opportunisme, prévoyant à tort la chute du gaullisme et se rappelant peut-être les lendemains de la Libération, où justement dans cette entreprise la parti et la CGT tenaient les rênes, crurent préparer, ainsi leur reconversion.
D’autres plus jeunes, subjugués par les événements, sincères, braves types d’ailleurs, qui nous déclarèrent au plus fort de la grève : Les rapports entre cadres et ouvriers même si la grève échoue ne seront plus les mêmes.
De belles réflexions pleines de bons sentiments, mais aujourd’hui beaucoup doivent regretter de tels propos, la peur, la système les a repris.
En vérité, l’organisation de la grève a été bien préparée, certainement au moins depuis plusieurs jours, les syndicats sont de bonnes machines et c’est très visible au niveau des rapports CGT et CFDT. La CFDT dépasse légèrement et surtout verbalement la CGT pour la galerie, minoritaire, elle essaye d’être le fer de lance sur les planches, mais pour le reste elle fait comme les autres. Certainement à l’avenir elle en décevra plus d’un.
Un comité de grève fut nommé, selon la CGT, ils sont catégorique là-dessus, se seront les délégués élus qui la composeront. La CFDT rétorque : «Il faut qu’il soit représentatif des ateliers, dans certains, il n’y a pas de représentants syndicaux . En définitive se sera un composé des deux : les délégués rentrent d’office dans cet organisme, on leur adjoint quelques inorganisés généralement sympathisants comme caution envers les ateliers ou bureaux n’ayant pas de délégués ou possédant des « emmerdeurs ». Ils seront comme de bien entendu minoritaires.
La comité de grève s’occupera des mesures de sécurité dans l’entreprise, le gardiennage sera remplacé par des piquets de grève.
« Pas d’aventures. Attention aux provocateurs ! » tels furent les principaux mots d’ordre. La consécration de l’isolement fut ainsi obtenue, surtout dans le sens du renouveau des idées subversives.
La première mesure prise fut de mettre un drapeau tricolore au-dessus de la porte pour réaffirmer s’en doute leur fidélité à la République, le lendemain un drapeau rouge lui est adjoint afin de faire plaisir à quelques énervés, Ils auraient bien mis un christ si cela avait été nécessaire, pourvu qu’ils tiennent la direction des événements Il faut dans ce cas là savoir faire des sacrifices. »
La grève de mai-juin 68 chez Alsthom en banlieue parisienne racontée par un gréviste
http://increvablesanarchistes.org/articles/1968/68_pol-%20alsthom.htm

12 - Twinkle Brothers - Every Drop Of Blood
« L’explosion du parc automobile est guidée par de puissantes forces qui sapent l’égalité. La politique de transports de la majorité des villes est un cercle vicieux dans lequel la détérioration de la qualité du transport public favorise l’usage du véhicule privé, et vice versa. Il en résulte un véritable carnage. Plus d’un million de personnes - dont les deux tiers de piétons, cyclistes et passagers - meurent chaque année d’accidents de la circulation dans le Tiers Monde. Un chercheur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a informé que « les personnes qui dans leur vie n’ont jamais possédé de voiture courent un grave danger ». Sont particulièrement dangereux les minibus et les petits vans collectifs, qui très souvent circulent sans autorisation et aucune sorte d’entretien. A Lagos [Nigeria], les autobus sont appelés dangos et molue, « cercueils volants » et « morgues ambulantes ». Le rythme de tortue de la circulation dans la majeure partie des villes pauvres ne semble pas réduire sa capacité mortifère. Bien qu’au Caire les voitures et les autobus se traînent à des vitesses moyennes inférieures à 10 kilomètres heure, la capitale égyptienne présente encore des indices de sinistres annuels de huit morts et 60 blessés pour 1 000 automobiles. A Lagos, où un habitant moyen passe le temps incroyable de trois heures [par jour] piégé dans un embouteillage insupportable, les passagers et les conducteurs des autobus perdent souvent les pédales. En fait, il y a tellement de conducteurs qui montent sur les trottoirs ou qui circulent à contresens que le ministère de la Circulation les oblige à subir des tests psychiatriques ou à démontrer qu’ils n’ont pas d’antécédents pénaux. Pendant ce temps, à New Delhi, le journal Hindoustan Times critiquait récemment l’attitude des conducteurs de la classe moyenne qui prenaient rarement la peine de s’arrêter après avoir renversé des mendiants en guenilles ou des enfants pauvres.
L’OMS estime que le coût économique global des morts et des blessés sur la voie publique équivaut « pratiquement au double du montant total des aides au développement reçues des pays riches ». En réalité, l’OMS considère la circulation comme l’un des pires dangers que les habitants pauvres des villes aient à affronter, et prévoit qu’elle sera la principale cause de décès en 2020. Malheureusement, la Chine, où les voitures prennent le pouvoir dans les rues sur les piétons et les cyclistes, sera en tête : rien que durant les cinq premiers mois de 2003, presque un quart de millions de Chinois ont été tués ou victimes de blessures graves dans des accidents de circulation en ville.
Naturellement, la motorisation rampante aggrave l’épouvantable pollution environnementale des villes du Tiers Monde. Des myriades de vieilles voitures, d’autobus délabrés et de camions comptant des dizaines d’années asphyxient les zones urbaines avec leurs gaz de combustion létaux, tandis que les moteurs polluants à deux temps des petites voitures émettent dix fois plus de particules polluantes que les voitures neuves. Selon une étude récente, l’air pollué est l’une des premières causes de mortalité dans les mégapoles à la croissance incontrôlée comme la ville de Mexico (300 jours de brouillard nocif par an), São Paulo, New Delhi et Pékin. Respirer l’air de Bombay équivaut à fumer deux paquets et demi de cigarettes par jour, et le Centre pour la science et l’environnement de New Delhi constate que les villes d’Inde « sont devenues des chambres à gaz mortelles ».
Mike DAVIS, Le pire des mondes possible

13 - Abdel Halim Hafez - Ala Ad El Shou
« Une nuit, voici des mois, en proie à l’ivresse, Hatem fut submergé par un désir impétueux. Il sortit errer dans les rues du centre-ville à dix heures du soir (l’heure de la relève de la garde des appelés de la police, heure bien connue des homosexuels du centre-ville : c’était le moment où ils allaient cueillir leurs amants parmi les soldats). Hatem se mit à inspecter les hommes de troupe qui se préparaient à quitter leur tour de garde. C’est alors qu’il vit Abd Rabo (qui ressemblait beaucoup à Idriss). Il le fit monter dans sa voiture, lui donna de l’argent, le caressa et parvint finalement à le séduire. Après cela Abd Rabo fit des tentatives nombreuses et acharnées pour se délivrer de sa relation avec Hatem. Ce dernier savait par une longue expérience que l’homosexuel actif débutant (le barghal) comme Abd Rabo, était possédé par un énorme sentiment de culpabilité qui se transformait rapidement en amertume et en haine violente contre l’homosexuel passif (la koudiana) qui l’avait séduit, mais il savait aussi que les expériences homosexuelles, à force de les répéter et d’y trouver du plaisir, se transformaient peu à peu en un goût sexuel authentique chez l’homosexuel actif, quelque aversion et volonté de fuite qu’il ait pu éprouver à son égard. C’est ainsi que la relation entre Hatem et Abdou se mit à osciller entre moments de rapprochement et tentatives de rupture. »
Alaa el Aswany, L’Immeuble Yacoubian

14 - Alain Peters - Rest’ là Maloya
« Nous, ceux de la cueillette, nous nous éloignions les uns des autres et à peine échangions-nous quelques mots. Ceux de la mise en tas causaient et riaient. L’équipe de transport du cacao mou arrivait, envahissant la cacaoyère. Le cacao était amené à l’égouttoir pour les trois jours de fermentation. Nous devions danser sur les fèves gluantes, et le suc adhérait à nos pieds. Suc qui résistait aux bains et au savon en pâte. Puis, débarrassé du suc, le cacao séchait au soleil, étendu sur les barcasses. Là encore nous dansions dessus et chantions. Nos pieds étaient étalés, les doigts écartés. Au bout de huit jours, les fèves de cacao étaient noires et sentaient le chocolat. »
Jorge AMADO, Cacao

15 - Arca - Nyodene D
« C’est seulement plusieurs semaines après notre retour à New York qu’Ernest et moi pûmes apprécier toute l’étendue du désastre qui venait de frapper la cause. La situation était amère et sanglante. En divers endroits, dispersés dans tout le pays, il y avait eu des révoltes et des massacres d’esclaves. La liste des martyrs s’accroissait rapidement. D’innombrables exécutions avaient lieu un peu partout. Les montagnes et les contrées désertes regorgeaient de proscrits et de réfugiés traqués sans merci. Nos propres refuges étaient bondés de camarades dont la tête était mise à prix. Grâce aux renseignements fournis par les espions, plusieurs de nos asiles furent envahis par les soldats du Talon de fer.
Un grand nombre de nos amis, découragés et désespérés par le recul de leurs espérances, ripostaient par une tactique terroriste. Il surgissait aussi des organisations de combat qui n’étaient pas affiliées aux nôtres et qui nous donnèrent beaucoup de mal. Ces égarés, tout en prodiguant follement leurs propres vies, faisaient souvent avorter nos plans et retardaient la reconstitution de notre organisation.
Et sur toute cette agitation piétinait le Talon de fer, marchant impassible vers son but, secouant tout le tissu social, émondant les mercenaires, les castes ouvrières et les services secrets dans sa recherche de nos camarades, punissant sans haine et sans pitié, acceptant toutes les représailles et remplissant les vides aussi vite qu’ils se produisaient dans sa ligne de combat »
Jack LONDON, Le talon de fer (1908)

16 - Isis - So Did We
« Faisons l’effort de surmonter l’ennui que secrète naturellement les militants. Ne nous contentons pas de déchiffrer la phraséologie de leurs tracts et de leurs discours. Interrogeons-les sur les raisons qui les ont poussés, eux, personnellement, à militer. Il y n’a pas de question qui puisse embarrasser plus un militant. Au pire ils vont partir dans des baratins interminables sur l’horreur du capitalisme, la misère des enfants du tiers monde, les bombes à fragmentation, la hausse des prix, la répression… Au mieux ils vont expliquer que ayant pris conscience - ils tiennent beaucoup à cette fameuse « prise de conscience » - de la véritable nature du capitalisme ils ont décidé de lutter pour un monde meilleur, pour le socialisme (le vrai pas l’autre). Enthousiasmés par ces perspectives exaltantes ils n’ont pu résister au désir de se jeter sur la manivelle de la ronéo la plus proche. Essayons d’approfondir la question et portons nos regards non plus sur ce qu’ils disent mais sur ce qu’ils vivent.
Il y a une énorme contradiction entre ce qu’ils prétendent désirer et la misère et l’inefficacité de ce qu’ils font. L’effort auquel ils s’astreignent et la dose d’ennui qu’ils sont capables de supporter ne peuvent laisser aucun doute : ces gens là sont d’abord des masochistes. Non seulement au vu de leur activité on ne peut croire qu’ils puissent désirer sincèrement une vie meilleure, mais encore leur masochisme ne manifeste aucune originalité. Si certains pervers mettent en œuvre une imagination qui ignore la pauvreté des règles du vieux monde, ce n’est pas le cas des militants ! Ils acceptent au sein de leur organisation la hiérarchie et les petits chefs dont ils prétendent vouloir débarrasser la société, et l’énergie qu’ils dépensent se moule spontanément dans la forme du travail. Car le militant fait partie de cette sorte de gens à qui 8 ou 9 heures d’abrutissement quotidien ne suffisent pas. »
Extrait de Claude GUILLON, Le militantisme stade suprême de l’aliénation (1972)
http://www.claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=202

17 - Max Richter - Vladimir’s Blues
« Staline est trop brutal, et ce défaut, pleinement supportable dans les relations entre nous, communistes, devient intolérable dans la fonction de secrétaire général. C’est pourquoi je propose aux camarades de réfléchir au moyen de déplacer Staline de ce poste et de nommer à sa place un homme qui, sous tous les rapports, se distingue de Staline par une supériorité - c’est-à-dire qu’il soit plus patient, plus loyal, plus poli et plus attentionné envers les camarades, moins capricieux, etc. Cette circonstance peut paraître une bagatelle insignifiante, mais je pense que pour prévenir une scission, et du point de vue des rapports entre Staline et Trotsky que j’ai examinés plus haut, ce n’est pas une bagatelle, à moins que ce ne soit une bagatelle pouvant acquérir une signification décisive. »
Lénine, Testament politique, 4 janvier 1924
http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1923/12/vil19231225.htm
 

Matt three : Joyeux Nouyël !

13 avril 2008

C’était Noël, il neigeait et faisait pas beau. A l’époque, j’avais fait une compil et maintenant j’essaie de justifier sa présence sur Internet en avril. Donc, c’était Noël…. (et encore un coup de chapeau à Sadoldpunk pour son très beau boulot. Bienvenu)

01 - Autumn leaves - Shiina Ringo
Une légende circule sur la jeunesse de “Yumiko”. A de nombreuses reprises, elle se serait amusée à dessiner un grain de beauté sur sa joue gauche jusqu’à ce que celui-ci apparaisse quelque temps après, comme par magie… Yumiko intègre un girlsband : Marvelous Marble et puis se met à faire ses propres productions pleines
de sons zarrebi et de prouesses vocales. Riingö va même jouer en duo avec le célèbre groupe de ska, Tokyo Ska Paradise Orchestra et à Noël, les feuilles sont tombées des arbres, non ?

02 - Heaven on their minds - Jesus Christ superstar
Véritable ballet mystico-rock, J-C superstar emmène de Broadway aux écrans du monde entier, une tripotée de chevelus proto-hippies portant aux nues un de leur co-réligionnaire en chevelitude parce qu’il transforme de l’eau de source croupie en grand cru classé. Pourquoi ne pas en faire des chansons ? Et puis c’est Noël, Jésus tout ça, mais si vous savez bien…!

03 - Airport - The Motors
C’est Noël. La famille Mac Lane doit se retrouver… à l’aéroport (hé hé). Après avoir explosé une tour l’année précédente le John se fourre encore dans un sale pétrin. Heureusement, John-Bruce va sauver tout le monde (ou presque). J’ai eu un mal fou à trouver des renseignements sur “the motors”. La seule chose que je sais, c’est que les clients d’une grande enseigne de grande distribution de l’art de masse qui ont acheté le disque des Motors ont également acheté des disques de Hootie and The Blowfish (?), des Pale Saints (??) ou de The Mick Abrahams Band (???). Enjoy !

04 - Sand and rain - Nancy Holloway
Bon, je vous ai déjà parlé de la grande Nancy, ici, elle joue avec des camarades français tels que Daniel Janin, Martial Solal ou J.C Pierric sur un album-compil qui s’appelle Mélodie en sous sol, Paris 70’s pour un jazz pointu et groovy qui roule les tripes dans le bon sens. “Ca”c’est un cadeau… de Noël. Visitez ce petit blog qui raconte toute l’histoire et n’en profitez pas pour envoyer des mail à Daniel, il est en retraite.

05 - Ma jeunesse fout le camp - Françoise Hardy
S’il est une icône qui n’a pas volé sa place au Panthéon des superstars qui ont la classe, c’est bien Françoise Hardy. Une voix limpide et romantique, des robes qui brillent, des amis outre-Manche en veux-tu ? en voilà !, un compagnon de route que toutes les cubaines lui envient et du coup, des compositeurs ciselant des petites musiques de rien du tout sur ses petits textes de rien du tout qui donnent à la vie une vraie raison d’être vécue. Et cette chanson, je dirais que c’est « le petit Jésus en culotte de velours » Noël je vous dis.

06 - Watermelon man - “Lambert, Hendricks and Bavan”
Après le départ d’Annie Ross en avril 62, Dave Lambert et Jon Hendricks recrutent Yolande Bavan pour la remplacer. J’aime beaucoup cette fraîcheur dans la voix.

07 - African race – Abyssinians
J’adore cette intro interminable des “abyssinians”, trop peu écoutés pour ma part et qui me réservent pourtant à chaque fois leur petite surprise, leur petit lot d’inattendu. Comme une étoile en haut d’un sapin.

08 - Are you gonna go my way - Lenny Kravitz
Parce que vous commencez à connaître mon goût pour les cheveux longs et ma tendance à les faire bouger si j’en avais, l’hommage à Lenny est un détour obligatoire. La soirée en boîte dans le golfe du Morbihan le jour de la sortie de ce tube restera gravée longtemps dans ma mémoire. Tiens c’était l’été… Ici, c’est une version unplugged tout à fait intéressante également pour un public plus… chauve.

09 - What’s a woman - Vaya con Dios
Parce que la musique a commencé dans les baloches, il est bon de ne pas oublier d’où on vient (à condition de pas faire chier ceux qui voudraient y venir !). C’est donc à un grand bal du nouvel an (on reste dans l’époque…) que nous invitent les belges les plus célèbres du monde (juste après “Annie Cordy”“Poelvoorde” aussi, bien sûr, et “DEUS”, bon des “belges” quoi !) avec boule à facettes et le nom écrit en doré sur la grosse caisse de la batterie.

10 - Le coq et la pendule - Claude Nougaro
Je ne suis pas un grand connaisseur de Nougaro, mais j’aime bien ses mots et son swing. Cette mignonne petite histoire d’amour entre “un coq et une pendule” est une histoire à raconter aux enfants qui doivent dormir pour que le Père Noyël puisse passer.

11 - Daphné - Gus Viseur
“Oui, d’accord, on lui mettra un air de “Gus Viseur”sur le Topaze au Père Nouwël. » Gus en a écumé lui aussi des baloches, avant d’être l’unique accordéon de l’histoire du Hot Club de France, de devenir le premier accordéou de jazz, avant de jouer avec Django et d’accompagner Piaf. Un vrai accordéou comme on les aime, mais avec un swing mes amis… je kiffe ! Et Gus était belge aussi… Comme quoi…
On peut rapprocher Gus Viseur d’un Django Reinhardt ou d’un Stéphane Grapelli, pour son apport au Jazz. Il a en effet introduit de main de maître le jazz (d’inspiration manouche) à l’accordéon, en donnant en contrepartie une nouvelle vie au musette “swing” Didier Roussin.

12 - Smells like booty – Soulwax
GROS KIFF DE NOUYEL !!!
J’adore ça, c’est marrant, c’est bruyant, c’est malin, c’est bien fait et mon son est dégueulasse en plus. Attention, ça s’écoute fort. Faites bouger vos collègues sténographes et Joyeux Neuël.

13 - I’m gonna make you love me - Diana Ross & the Supremes with the Temptations
“Aimez vous les uns les autres” il a dit le curé. Pour cela, on prend un concentré d’amour : “Diana ross, The Supreme ET les Temptations “! Si après ça vous ne vous aimez pas les uns les autres, j’abandonne.

14 - Sexy kiss machine - James Brown Vs Prince (dmc)
Ca aussi c’est marrant et ça marche à tous les coups sur le dance floor. Essayez ! Vous pouvez même faire semblant que c’est vous qui mixez. Quand vous connaissez bien le morceau : ça passe. Petit cadeau quoi. Ca fait deux non ?

15 - Ai no corrida - Quincy Jones
On ne fera pas l’affront au grand Quincy de le présenter. On se contentera de mettre bien sagement, tous les ans, sur la liste au Père Noël, un petit Quincy pour la collec’ “costaude d’ailleurs la collec”

16 - Common people – William Shatner feat. Joe Jackson
Une espèce de perle absurde : “William “Hooker-Cpt Kirk” Shatner” : tout simplement poétique et drôle et bon…

17 - Hop hop hop - Goran Bregovic
Un petit morceau tiré de Tales and songs for weddings and funerals, je ne sais pas si celui-ci est mariage ou funérailles ou un peu des deux, mais ça peut peut-être faire Noël aussi, non ?

Et un petit bonus sans commentaire parce que bon, vient un temps où il faut laisser la parole au poéte. Frank, chante-nous la neige !

COVERS by SADOLDPUNK

7 avril 2008

Louie Louie – The Sonics
Autant commencer par là. Ce qui est amusant c’est que la version originale, par les Kingsmen, n’est pas très éloignée du rock garage de The Sonics. La seule différence, c’est que ces derniers font exploser le plafond en enregistrant cette cover très efficace.

Good Golly Miss Molly – Creedence Clearwater Revival
Un autre grand classique, une autre reprise respectant à la lettre l’originale de Little Richard. A la limite, c’est moins bon que les créations originales du groupe californien parlant le mieux du bayou louisianais.

Pain In My Heart – The Rolling Stones
Ben alors ? Il n’y a que des classiques dans cette playlist ? En 1965, les Stones sont à un carrefour, et se calment petit à petit sur les reprises. Mais tant qu’à faire, autant mettre du Otis Redding à son répertoire, pas vrai ?

Satisfaction – Otis Redding
Inversion des rôles : Le grand Otis, pour se venger/remercier les Stones, attaque leur premier vrai tube. Ça donne quoi ? un autre tube. Ben oui.

Love Will Tear You Appart – Calexico
On passe à autre chose, je vous sens soulagés. Pas grand-chose à ajouter à cette chanson, si ce n’est le côté surprenant de l’association Joy Division/Calexico, pas vraiment le même registre.

I Wanna Be Your Dog – Emilie Simon
Parce que les reprises, c’est vraiment marrant quand ça prend le contre-pied de l’original. La mimi Emilie, à défaut de révolutionner la musique, a eu une bonne idée en minaudant sur Iggy Pop.

Trouble – Elliott Smith
J’avoue, je ne connais pas la version de Cat Stevens, mais tout ce que je sais, c’est que Elliott Smith transforme en merveille tout ce qu’il touche.

Satisfaction – Cat Power
On touche enfin au cœur de l’affaire : une autre reprise de Satisfaction ! Le truc, c’est que la demoiselle a enlevé pas mal de choses dans la chanson, notamment le refrain un peu niais no no no, mais le reste des paroles sont là, donc c’est la bonne.
Enjoy.

Poverty (Once Upon A Time In America) – John Zorn
John Zorn qui reprend Ennio Morricone, c’est juste parfait. D’ailleurs, tout l’album (The Big Gundown) est vivement conseillé.

Twin Peaks – Fantômas
Sur le même principe, Mike Patton s’amuse à reprendre tout un tas de musiques de films charmants (Le Parrain, La Malédiction, Rosemary’s Baby) dans un disque trop mignon qui s’appelle The Director’s Cut.

Alone And Forsaken – Sixteen Horsepower
Du Texas aux Appalaches, la musique folklorique américaine retravaillée par les tourmentés Sixteen Horsepower. Evidemment, Hank Williams fait partie des influences.

Paranoid Android – UMASS Front Percussion
Mais qu’est ce que c’est que UMASS Front Percussion ? Hein ? Et qu’est ce que c’est que cette reprise géniale ?

Draw Your Brakes – Burning Heads
Mes chouchous du punk français se lançent régulièrement dans des morceaux reggae bien sentis. Ici, la version originale, par Keith & Tex, s’intitule Stop That Train, mais ça ne change pas grand-chose puisque la vibe est bien là.

This Magic Moment – Lou Reed
Lou Reed est cool, surtout lorsqu’il choisit de s’attaquer à l’une des plus belles chansons du doo-wop : This Magic Moment, de The Drifters.

Satisfaction – The Residents
La raison d’être de cette playlist. La revisitation ultime, arty, noisy et effrayante, par des Residents habitués à traîner dans la boue les standards de la pop 60’s : Leur premier album s’intitulait Meet The Residents et la pochette gribouillait salement celle de Meet The Beatles. Tout un programme, donc.

Fables Of Faubus – Iswhat ?
L’art de la reprise est chose courante dans le jazz. Pour biaiser un peu, on passera par le groupe de hip-hop Iswhat, en train de se révèler l’une des choses les plus intéressantes du moment, qui fait un petit tour du côté de chez Charles (Mingus).

Sunday Bloody Sunday – Saul Williams
Le dernier album de Saul williams contient des choses bien plus réussies que ça, mais l’idée de Trent Reznor (à la prod) en train de s’éclater à parodier U2 derrière ses machines, ça me fait bien rigoler.

Can’t Get You Off My Head – Helena Noguera
En bonus, une délicieuse sucrerie cosy qui retourne comme une crêpe la rigidité dancefloor du tube de Kylie. Histoire de finir au calme.

- ceci est une compi-merciale -

31 mars 2008

Image hébérgée par monsterup.com

Pale Saints - Way the World Is : SHOEGAZING FREE YOUR YOUTH

Portishead – Silence : INCREASE YOUR BANGHEAD !!! MAKE YOUR DANCEFLOOR WET LIKE THE NIAGARA’S FALLS !!!!

Romy et Michel – La chanson d’Hélène : AVEC LA MATURITE VIENT LE GOUT DU PLAISIR

The spinto band – Oh Mandy : AMOUREUX A 20 ANS, ENDETTE A 30 !!

31 knots – darling, I : LA SOUFFRANCE NE REND PAS PLUS INTELLIGENT

Abstrackt keal Agram – Rivière : ENLARGE YOUR BANGHEAD !!!! SHE WILL LEARN TO SCREAM !!!!

Blondie – heart of glass : A ZEITGEIST DE MERDE, MUSIQUE COUPABLE

Fabio Viscogliosi – quasi nello spazio : DU COUP, ON VOUS PARDONNE BERLUSCONI

Lali puna – Rapariga da banheira : VALERIE TREBELJAHR EST PLUS JOLIE QU’UNE CROIX GAMMEE

Serge et Jean-Claude – Je n’avais qu’un mot à lui dire : JE T’AIME

Trunks – quiet cat : ET SI LA DOUCEUR ETAIT LE SECRET D’UNE COMPILE REUSSIE ?

Donna Summer – love to love : JEROME KERVIEL ECOUTE CETTE MUSIQUE AU TRAVAIL

Quickspace – hadid : ALLEZ C’EST LA MERDE…

Of montreal – the past is a grotesque animal : ET TON CUL IL EST GROTESQUE ?

The polyphonic spree – light & day : HIPPIE UN JOUR, HEUREUX TOUJOURS

Blonde redhead – messenger : LES PLUS GRANDS CHANTEURS DE ROCK FUMENT PALL MALL

The animals – house of the rising sun : LA PRISON : PENSEZ-Y !!