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The lehav experiment presents the spring mix 2006

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Part1 The random intro : Roy Budd – Get Carter ; Brigitte Fontaine – Comme à la radio ; Gong – Fohat digs holes in space ; Martial Solal – Locomotion
Part2 Makossa, makossa ! makossa ? : The Budos Band – Eastbound ; Cane and Able – Found a child ; Antibalas – Makossa (intro) ; Gianni Oddi – Geronimo ; Antibalas – N.E.S.T.A.75 ; Mulatu Astatke – I faram gami i faram
Part3 Is this a tribute to J Dilla ? : J Dilla – African Rythms ; Pharcyde – Y? (Be like like that) Jay Dee remix ; Jaylib – The red ; The Human League – Being Boiled Vs. Dr Octagon – Earth People
Part4 Rock n’roll, it’s a shame : Sonic Youth – I dreamed I dream; The Seeds – Nobody spoil my fun ; Thurston Moore – Cindy (Rotten Tank) ; Zen – Please accept my invitation ; The Beatles – Sergent Pepper’s lonely hearts club band (reprise)

Bonus track : Antibalas – Che che colé Makossa

Avertissement à l’auditeur : Cette sélection est également une tentative de mix. 4 parties regroupent chacune 4 à 5 morceaux et toutes les pistes sont enchaînées.

Tout commence donc avec une première partie « joies du vide grenier » qui exhume une palette de sons des 70′.
Le compositeur Roy Budd nous emmène au bord de l’autoroute. Le bruit du trafic au loin nous parvient par vagues, c’est joli.
La percu se fond dans celle d’Areski pour le célèbre Comme à la radio de Brigitte Fontaine. La troupe de théâtre a vraiment balancé dans la zique. Et comme par hasard, les musiciens du Art Ensemble of Chicago répètent juste de l’autre coté de la rue. On suppose que c’est à force de se croiser dans le même rade au pied de leurs studios voisins que la collaboration est née.
Allez hop on prend les guitares avec le groupe baba-prog Gong. C’est prog, mais avec le sens de l’humour, et de toutes façons, Lehav experiment ne pouvait pas passer à coté d’un morceau de Camembert électrique.
On se calme avec une compo géniale de Martial Solal. C’est l’époque des sessions enregistrées au kilomètre pour des disques d’illustration sonore. D’ailleurs c’est marqué dessus « Locomotion est un ensemble de petites pièces qui étaient destinées, lors de l’enregistrement, à illustrer des retransmissions de séquences sportives à la télévision. ». Mais Solal au piano électrique et sa troupe -Texier et Lubat quand même- ne se foutent pas de notre gueule, et nous livrent un vrai album, avec en plus une pochette magnifique.

On poursuit avec une deuxième partie très makossa qui en a oublié l’original de Manu Dibango. Budos band, c’est une nouvelle formule magique que nous a sorti le label Daptone. A Brooklyn, les musiciens ne sont pas des manches. Et Daptone semble avoir réussi à créer un section rythmique résidente, à l’exemple de Stax. On retrouve donc les même musiciens aussi bien dans les Dap Kings, branchés soul sixties, que dans ce Budo’s Band très influencé afro-jazz. Ca démonte.
Au début des 70’, Cane and Able traînait à Paris dans le sillage du Lafayette afro rock band. Le Lafayette afro rock band, c’était ce collectif de musiciens ricains qui prenaient le vert avec Nino Ferrer, et qu’un producteur décida de transformer en super groupe d’afro-funk qui explose tout – gros pourvoyeur de breaks and beats pour les futurs producteurs de hip hop.. Le producteur en voulait encore, alors il continua avec Cane and Able, avec quelque chose de plus soul. Et voilà, vous savez tout, j’espère que ça vous plait.
Quelques mesures du Che che cole makossa d’Antibalas constituent une parfaite transition pour Gianni Oddi, tiré d’une compil Easy tempo. Ce compositeur de musique de films italiens – principalement pour du porno ou du film z – revisite Makossa et c’est encore plus planant.
Et ça s’enchaîne à merveille avec ce titre d’Antibalas, en transe rythmique sur ce titre de leur 2è album. C’est parfait.
Cette partie se termine par un exercice afro-latin jazz par le maître éthiopien Mulatu Astatke. Plus besoin de faire les présentations je suppose, après le dernier Jarmusch. Ce morceau nous emmène dans une ambiance très latine, sauf que ya des éléphants, ouais.

La troisième partie est-elle dans un hommage à J Dilla aka Jay Dee ? Ce producteur de rap originaire de Detroit est récemment décédé et c’est moche. Parce que le jay dee c’était un producteur hors pair, qui a donné des morceaux fabuleux aussi bien à A tribe called quest, qu’à Pharcyde pour ne nommer qu’eux. Mais le gars est resté modeste, sans prendre le chou, et s’est toujours concentré sur ses patterns de boîte à rythme, qui impressionnent même le vrai batteur de The Roots : « je croyais qu’on n’avait pas le droit de faire ça avec une grosse caisse ».
Bon, le premier morceau est tiré de son album solo Welcome to Detroit. C’est une relecture d’African Rythm de Oneness of Juju, et c’est donc un défi de s’attaquer à ça, tellement ça a déjà été retourné par tout le monde. Et là, le Jay dee, nous livre un morceau ultra fidèle à l’original, sauf qu’il a juste inséré un beat dessus, et le morceau sonne comme si c’était jay dee qui l’avait composé.
On enchaîne sur un remix réalisé pour Pharcyde. Les chœurs sont un peu pleureurs mais c’est un très beau titre pour un instant « Rest in peace ».
On finit le « tribute to » par un des titres du projet Jaylib, pour Jay dee + Madlib, qui, en équivalent dubesque, serait une rencontre Lee Perry + Mad Professor, aussi bien en termes de créativité délirante que de consommation de joints.
Et on termine curieusement cette partie par une rencontre osée entre The Human League et Kool Keith alias Dr Octagon. (?).. Bah oui, ça n’a aucun rapport avec Jay Dee, mais pourquoi pas ? et puis ça marche plutôt bien.

Et maintenant, pour cette quatrième partie, du rock n roll, quelle honte ! Mais qu’est ce que c’est que ce truc dans les vapes, du rock n roll ça ? et ouais, et du meilleur avec ça, tiré du 1er album de Sonic Youth, à l’époque où Thurston Moore avait l’air d’un grand gamin dégingandé (ok, il en a toujours l’air aujourd’hui) et avait un pied dans le hardcore et un autre dans la performance no wave avec l’orchestre de guitare de Glenn Branca. Le batteur lui jouait pour Konk, groupe de punk qui faisait danser l’east village sous les percussions. Si vous voulez savoir qui sont tous ces protagonistes, procurez vous d’urgence les volumes 1 et 2 de New York Noise sortis chez Souljazzrecords. (et en allant faire un tour sur leur site, je vous le livre comme je le découvre, y a un volume 3 qui vient de sortir).
On retrouve Thurston Moore pour un titre issu de son album solo. Il sort la guitare pour ce titre très rock n roll et nous donne un bon open break très influencé krautrock. Je vous en ai mis un peu en rab à la fin.
Pas assez rock n’ roll ? et ben tiens, en vlà du bien garage. The Seeds, c’est vraiment le prototype du groupe sixties qui répète, trop fort, dans le garage de papa. Et comme l’ampli est au maximum, on obtient ce superbe fuzz dans le son de la gratte. Ils vous livrent le seul solo dont ils sont capables et ne dépassent pas les 2’30. Yeah ! Qu’on vienne pas dire après que les punks, ce sont les Sex Pistols.
Tiens, les compileurs de Pebbles, l’internationale du garage, nous emmènent aux Pays-Bas où ils ont déniché le groupe Zen. Pas mal non ?
Et pour finir, un Beatles avec ce break d’intro monstrueux, tellement bon qu’un seul tour de boucle n’est pas suffisant… Je sais, ça ne se fait pas avec les Beatles… Allez, comme ils le chantent : « I hope that you enjoy the show ».

Ah, mais ce n’est pas fini, pour ceux qui voulaient en peu plus d’Antibalas, revoilà comme bonus, le titre Che che Cole Makossa, en entier cette fois-ci.