Tags

Related Posts

Share This

JSB – Son pour la Noël

Le thème de SWAT annonce la couleur : de la black music et de la distorsion, et la preuve que ça va bien ensemble.

Un Brass Band, au départ, c’était une fanfare de rue de la Nouvelle Orléans, qui accompagnait les enterrements. Ici, c’est juste un chien qui est mort, mais c’est tout de même l’occasion de faire sonner les cuivres du Dirty Dozen BB.

Si si, c’est bien le même Whole Lotta Love que dans vos vieux disques de Led Zeppelin ; mais par un quartet de Monsieur James Taylor. Pour toi cher auditeur, le jeu ce sera de deviner l’instrument qui va jouer le thème après les ta-ta ta-ta ta des guitares d’intro ; et de réussir à pas taper avec tes doigts sur le bureau pendant le break.

Walk on by, je connaissais la version d’Isaac Hayes, hyper lente, sucrée, solennelle, classique. Voici la version punk/New Wave anglaise par les Stranglers, 6 minutes 21, et pourtant on en redemanderait ; l’énergie est hallucinante, et le côté désabusé de la vie de l’original est intact.

N’étant pas, Dieu me préserve, un spécialiste du rock français des années 80, je ne connaissais pas Lili Drop. Je l’ai découverte sur une compil à 3 euros, intitulée Rose Bonbon, du nom du Club dans lequel est passé la fine fleur du rock céfran de l’époque (oui ils font même des livrets dans les CD à 3 euros). Et effectivement, Lili Drop est super, on a tout de suite envie d’être leur pote, et en plus ils nous rappellent comment c’était cool de conduire un 103SP.

C’était le premier morceau du deuxième album de Mos Def . Bonne tactique : tu l’écoutes et t’achètes le disque tout de suite (t’inquiète, t’es pas déçu). Ici le rappeur essaie de nous faire qu’il est un grand méchant loup ; mais un beau grand méchant loup. Et ma foi, si le plumage se rapporte au ramage… Plutôt qu’en gangsta, on l’imagine chanter cette chanson en sérénade, sous la pluie, dans un rue de maisons en briques, en direction d’une super fille qui fume négligemment à sa fenêtre.

TV on the radio : dans un morceau, t’as l’impression qu’il se passe autant de choses que dans un film. Et il y douze morceaux dans un album. Et deux albums maintenant.

The Congos… La première fois que j’ai entendu cette chanson, j’ai arrêté de bosser (et sans doute de bouger) pendant 5minutes50. Pour oser chanter comme ça, il faut y croire à fond ; tu peux pas tricher. Même le texte est parfait (non non j’exagère pas) : comment mieux résumer l’exclusion et la ségrégation qu’en disant « you keep on knockin’ but you can’t come in ? »
Depuis j’ai lu un article sur eux dans Vibrations : à l’époque de l’enregistrement, c’étaient trois hippies-rastafaris jamaïcains, qui croyaient au jah, et se baladaient à pied dans l’île, dormaient sur les plages et chantaient à l’occasion. Un producteur – Mr Lee Perry, svp – les a mis dans un studio…

Narayana : petit groupe français découvert il y a deux ans sur répertoireZik ; un album, et un tube, que tu le passes dans une soirée les gens ils viennent tout dégoulinants après 4 minutes 48 te demander : c’était quoi ?

XTC : allez, bouge un peu la tête et fait des grimaces, personne regarde.

Tu te souviens la copine un peu bizarre que t’as eu à un moment de ton adolescence ? (chères lectrices, je vous laisse faire la transposition) Tu sais celle qu’était un peu artiste, habillée bizarre et en noir, qui avait pas beaucoup de copines ? Et quand t’étais sorti avec elle, en même temps c’était super, et en même temps t’étais tout le temps un peu mal à l’aise ? Et bien Elvis Costello a écrit une chanson sur elle, la spooky girlfriend. Avec une super basse. Et des super trompettes à la fin. Elle méritait bien ça, après tout.

Clinic, Harmony : avec la basse, ça enchaîne pas mal, et puis le morceau est joli, pour du rock américain contemporain.

Cunninlynguists : ça c’est ta leçon de hip-hop, par un groupe qui a un nom que tu aurais bien aimé inventer. Comme on dirait dans les inrocks, « ils puisent allégrement aux sources de la old school pour nous distiller une liqueur ultra-contemporaine »… ou « ils abordent le hip-hop posés sur les épaules des géants de la vieille école sans hésiter à leur tirer les cheveux ou leur chatouiller les oreilles au passage » (toi aussi, invente ta métaphore des inrocks dans les commentaires)

Helene Smith : de la soul de Miami, fin des années 60s, douce, douce… Même si c’est triste un peu comme histoire de femmes qui font n’importe quoi pour des hommes qui ne le méritent pas.

Marlena Shaw, elle non plus, elle triche pas. Quand je l’écoute ça me fait un peu des frissons, j’avoue. T’aimerais pas trop être le mec à qui elle en veut. Mais tu la suivrais sans hésiter pour une baignade, comme elle le propose si gentiment.

Johnny Frigo, c’est un vrai galérien de musicien de jazz, multi-instrumentiste, qui a vécu de tout et de rien, avant de connaître une gloire tardive. Pendant longtemps, il a été musicien pour des cours de danse. Et, à l’occasion, il a enregistré quelques morceaux comme celui-là, avec une montée lente de 5 minutes, et l’arrivée de nulle part du solo de piano pour les 30 dernières secondes.

Enfin, par les Greyboys all Stars, un morceau intitulé The Browns at home. Ce que je comprends comme « les Dumoulin à la maison ». Et c’est exactement ça : un morceau de jazz qui décrit l’ambiance d’une soirée à la fois paisible et très subtilement mélancolique, assis dans le fauteuil confortable du salon avec son/sa compagne. On se demande s’il va se passer quelque chose. Ou rien. Et il se passe un petit quelque chose (un whizz en particulier). Et puis ça s’arrête.