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Atchika Boom!

Lehav Experiment est heureux de débuter cette nouvelle année avec vous, chers auditeurs fidèles et sans cesse plus nombreux (parait-il).

Cette petite compile, les amis, elle date d’il y a pile un an, et à l’époque c’était pas drôle, ouep’.

Superman se frittait dur avec Iron man, Al Capone faisait cracher la sulfateuse, le toi mon toît de la Centraléléktrique s’effondrait, atchika boom !, pendant que l’alarme générale sonnait à tue-tête..

Bref, bienvenue à Negativland, Lehav Experiment déconstruit pour vous.

1 Atchika boom : Janko Nilovic
2 General alarm (the message) : Willie Royal
3 Al Capone : Prince Buster
4 Zorongo : Alfonso Santisteban
5 Tango whiskeyman (from the Deadlock soundtrack) : Can
6 Negativland : Neu!
7 Agnus Dei (from Mass) : Leonard Bernstein (Kent Nagano)

8 Tin tin deo : Dizzie Gillespie & Double Six
9 Gaio da roseira : Hermeto Pascoal
10 Trans-Europe express : Kraftwerk
11 Toi mon toit : Elie Meideros
12 Blunt object (from the Mortelle randonnée soundtrack) : Carla Bley
13 Superman : Doc & Prohibition
14 Iron man : Black Sabbath

15 Marquee moon : Television
16 Les là-bas : Henri Texier
17 Bebê : Airto Moreira

Ça commence tranquille avec ce cher Janko Nilovic, compositeur ultra-prolifique de musique illustrative. Pour la bio du bonhomme, allez voir ici : http://perso.orange.fr/scopia/portrait_nilovic.html. Il s’illustre ici dans le registre bossa nova d’ascenseur qui prouve qu’il n’y a pas forcément besoin d’un grand texte pour faire une bon morceau, c’est peu de le dire, et qu’une bonne explosion n’est pas toujours violente, atchika boum !

On glisse doucement vers un petit thème interprété par Willie Royal qui vous rappellera certainement quelque chose. Et le reggae n’a jamais fait si bon ménage avec la flute à bec.

Kabang ! Prince Buster débarque en dérapage avec un invité de marque. His name is Capone, on l’a compris, et ça rigole pas car « Al Capone guns dont argue ». Ce Prince sera une des principales sources d’inspiration des groupes ska du label two tones. Madness lui piquera son one step beyond (face b de cet Al Capone) et The specials lui rendra hommage jusque dans l’intro de son hit Gangsters (« Bernie Rhodes knows dont argue ! » entend-on au tout début du morceau).

Je ne vais vous mentir, je ne sais pas grand-chose du morceau suivant, Zorongo, si ce n’est qu’il est tiré de l’album Spanish Moog, que donc y a du moog dedans, et que la batterie envoie un break bien gras.

Enfin, nous voilà avec Can, sur un faux deuxième album qui est en fait une collection de titres composés pour des films ou des séries télé allemandes qu’on imagine bien dans le genre Derrick. Bah ouais, entre deux albums conceptuels, fallait bien bouffer. Finalement, ça donne quand même un vrai album, qui révèle le nouveau chanteur du groupe : Damo Suzuki, japonais égaré sur un trottoir de Munich. Il s’en passait des trucs dingues à cette époque-là… Ca commence comme une petite balade chantée d’une voix éthérée. Mais au deuxième couplet, tandis que la ligne de chant ne change pas, la batterie devient ultra groovy. Sur le pont on se croirait dans une taverne bavaroise, puis ça part en un mantra instrumental typique de la kosmische musik, qui devait faire son effet accompagné de champignons. Et on retourne pour finir à une chanson finalement très pop. Et voilà tout ce que j’aime dans Can, on a bien voyagé.

On continue dans le Krautrock, mais dans un genre beaucoup plus sombre et minimaliste avec ce Negativland du premier album de Neu ! Ca commence violent avec une intro au marteau piqueur, et après c’est un tunnel sombre avec cette basse qui groove comme un défilé militaire. La guitare tourne tout autour et attention l’écoute au casque peut donner des vertiges. Bref c’est limite supportable et pourtant fascinant.

Justement pour la fascination, voilà l’Agnus Dei de la messe composée par Bernstein, et très peu interprétée. J’ai eu la chance d’en voir une, de représentation, et là ce truc qui monte et qui enfle, ces cœurs avec cette basse rock et cette envolée free de tous les soufflants de l’orchestre, moi ça m’a collé sur le fauteuil avec des bouffées de chaleur et les aisselles qui transpirent.

Alors il faut bien faire redescendre toute cette tension, avec cette très belle version de Tin tin deo du Dizzy himself, accompagné par les chanteurs du Double six. Et on est bien, à Saint Germain. On est très proche de l’ambiance du Cristo redentor de Donald Bird sur l’album Band and voices, et ces deux titres sont la preuve que la trompette, c’est vraiment beau.

Et en douceur nous voilà dans le Nordeste avec Hermeto Pascoal, grand fou qui joue aussi bien de la flûte que du Kazoo. La composition, comme toujours avec lui, est gargantuesque, alors pour lui donner un format plus pop, je me suis permis de couper le solo de batterie de 10 minutes qui était au milieu. C’est mal, je sais, mais si je vous l’avais pas dit, vous en seriez vous rendu compte ?

Ach, retour en Allemagne, avec Kraftwerk qui nous emmène faire un tour à bord du Trans-Europe Express. Issus de la même scène avant-garde que les Can et Neu ! précédemment rencontrés, ils développent un autre concept de musique minimale interprétée par des Hommes-Robots Tous les technoïdes peuvent leur dire merci, aussi bien que les hip hop heads qui ont découvert ce morceau dans le Planet Rock d’Afrika Baambataa, et ça, c’est pas rien.

Bon et après, Elie Meideros chante Toit mon toi, c’est quoi cette embrouille ? J’y peux rien, j’ai redécouvert à quel point ce morceau était funky… Et puis merde, j’ai pas à me justifier sur tout, d’ailleurs, tiens, je vous ai mis la version longue avec le solo de sax et tout.

Puisqu’on est dans la soirée disco, c’est maintenant Carla Bley qui paye les Whisky-Coke à Sérault et Adjani. Ca fait flipper, non ?

Petit interlude avec nos amis les superhéros. Choisis ton perso préféré. Doc & Prohibition, groupe de mods anglais qui a fait au moins un 45 tours dans sa vie, nous propose d’enfiler un t-shirt rouge moulant et de sauter les bras en l’air sur le refrain en chantant « Superman, Superman », c’est assez con mais jubilatoire. Evidemment plus sombre, Black Sabbath sortent le gros riff des méchants et écrasent tout avec leur Iron Man. En passant, ils formatent le son Heavy Metal. Et puis comme c’est un peu lourdaud quand même, j’ai un peu tapé dans le gras du morceau, j’espère qu’il n’y a pas de puristes.

On laisse là les énervés, voici Television. On a du mal à croire que ce groupe est un des piliers fondateur de la vague punk US. Richard Hell, qui était dans le groupe a ses débuts, a composé « Blank Generation » (que Nicox nous proposait il y a peu dans sa sélection), et cette chanson a été une inspiration majeur des punks anglais. De même, Television a fait ses premiers pas sur la scène du CBGB, aux cotés des Ramones et autres compositeurs de chansons à 2 accords en barré. Mais alors, c’est quoi ce titre de plus de 10 minutes, plein de lyrisme, avec des solis supers longs ? Bah, c’est Television et c’est beau.

Texier s’amuse ensuite tout seul sur Les là-bas, en jouant tous les instruments, pas en même temps je vous rassure, il a fait du Re-Re (vous demanderez à votre ingénieur du son préféré ce que ça veut dire). C’est une petite pièce bien mignonne, qu’il aurait quand même pu dédicacer à Jean-Jacques G., l’ingrat.

Et tout ça se conclue avec un titre très cinématique d’Airto Moreira, compère d’Hermeto que nous avons rencontré plus tôt. Un peu de douceur du brésil, un peu de papapapapa papa papa papa, la boucle est bouclée, et notre petit voyage se termine là sur cette touche de mélancolie. J’espère que vous l’avez aimé.