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POSTROCK but not only (beut beaucoup quand même) °°°°


Découvrez Tortoise!

by effixe

  1. TORTOISE Tin, cans and twine
  2. RIDE Decay
  3. SLINT Good morning Captain
  4. WINDSOR FOR THE DERBY The melody of a fallen tree
  5. SHELLAC Copper
  6. FRIDGE Ark
  7. ELECTRELANE the valleys
  8. TABLE Spindrift
  9. TABLE Feasting time
  10. BLONDE REDHEAD Harmony
  11. THE CHARLATAN’S The only one I know
  12. DJ SHADOW Organ donor
  13. SCHNEIDER TM Moist
  14. UI August song
  15. MOGWAI 2 rights make 1 wrong
  16. GHINZU Blow
  17. DIABOLOGUM La maman et la putain
  18. (Bonus track I ONLY SAID Your drab eyes)

Débutons par le débutement : le jour où Flo me fit écouter le Tin can and twine de TORTOISE, je compris qu’il était grand temps de balancer mes galettes de U2 dans la Vilaine et que mon éducation musicale ne faisait que commencer. En ce temps là, NIRVANA venait nous rappeler que le rock, c’était autre chose que des synthés pourraves et des clips dans des déserts. Du côté de Chicago, SLINT décidait d’enregistrer des morceaux plutôt que des chansons et TORTOISE, puisqu’ils étaient dans le coin, leur piquèrent l’idée en y ajoutant une furieuse envie de faire des boucles, ou plutôt des spirales. Bref, le postrock était né et c’était beau.

A la même époque, la pop évolue noisy. Les shoegazers à la My Bloody Valentine commencent à être furieusement tendances et des petits jeunes d’à peine 18 ans décident que, eux aussi, ils ont le droit de se faire plein de meufs en se la racontant avec leurs pédales wah-wah. Andy Bell et Mark Gardener forment RIDE et, en 91, tout le monde est d’accord pour dire qu’ils sont le futur du rock anglais. La première partie de leur concert est assurée par d’autres jeunes chevelus, les OASIS (‘connaissez ?). Aujourd’hui, tout le monde s’est bien foutu le doigt dans l’oeil et c’est Andy qui tient maintenant la guitare d’Oasis. Decay n’est peut-être pas le titre phare de leur sublime premier album Nowhere, mais, que voulez-vous… c’est mon préféré.

Mais ça vient d’où alors, le postrock ? Ben je l’ai déjà dit, c’est de la faute à SLINT tout ça. Faut écouter… Après un premier album tout en nervosité rock de djeunes, David PAJO et ses potes décident d’arrêter la coke et, un jour où le batteur en pleine descente oubli complètement de s’arrêter de jouer, ils inventent le morceau de 37 minutes répétitif avec léger crescendo à la fin (pour réveiller le batteur, justement). Voilà, le mal est fait. Le rock ne s’en relèvera pas. (ha bon ? Il est debout ?) Good morning Captain est sans doute le morceau le plus sombre, le plus douloureux et le plus beau de l’histoire du rock. Péremptoire ? Non pas péremptoire. Juste.

C’est bien joli tout ça, mais c’est cômême gravement déprimant, cette zik de drogués. A mon avis ça ne durera qu’un temps. Ha ben re-non. Aujourd’hui encore le postrock continue son chemin et, chouette, il n’oblige pas forcément à courir chez Monop’ s’acheter des lames de rasoirs ou des fours micro-onde de 1 mètre 80. J’en veux pour preuve ce petit chef d’œuvre de WINDSOR FOR THE DERBY, sorti l’année passée, et qui, non seulement est sublime, mais en plus est bien. D’ailleurs Sofia Coppola l’a choisi pour quasi-commencer son film Marie-Antoinette. Elle va finir par être hype, Sofia, à tout faire comme moi.

Trêve de mièvrerie, de macarons Ladurée et de courses en Converse rose dans les jardins de Moulinsart, il est temps de retrouver nos burnes et de s’écouter ce qui, plus qu’un morceau de rock’n roll, en est plutôt une leçon. Copper, 1 minutes 44 de SHELLAC, le plus grand groupe de rock du monde de moi. Steve Albini, Bob Weston et Todd Trainer, encore from Chicago (d’ailleurs petit jeu : sauras-tu retrouver le nombre de groupes issus de cette sélection qui ont déjà été enregistrés par Albini ? Une paire de lunette d’ingénieur-informaticien à gagner). Pour paraphraser Jean-Louis Aubert : allez, vas’y guitare…

Pfff… Je suis tout essoufflé moi, maintenant… Pour se calmer, on va s’écouter cette autre émanation du postrock ayant migré vers l’electronica. C’est sur le 3ème album de FRIDGE, trio perfidalbionnais, que l’on trouve cet Ark qui associe une nouvelle fois longues nappes en boucle et crescendo hypnotique (ha, au fait… si tu n’aimes pas les longues nappes en boucle et les crescendo hypnotiques, cette compilation n’est pas pour toi). Kieren Hepden, ici à la guitare, évolue également en solo sous le nom de Four Tet (que tu as d’ailleurs déjà pu entendre sur compilfight. Non ? Dommage…).

Y’en a marre du postrock ! Partons à Brighton écouter les quatre garçonnes dans le vent de ELECTRELANE. Hééé non, pas de bol. Vous n’entendrez pas la voix punk délicieusement sensuelle de Verity Susman, mais plutôt la chorale du CHICAGO A CAPELLA interprétant le poème A Letter Home de Siegfried Sassoon (oui oui, le poète-militaire-icône-gay ( !)). Cela nous donne The valleys, un morceau envoûtant qui pourrait tout aussi bien sortir d’une anthologie Gospel des 50’s. Vous avez bien de la chance…

Arrivée au milieu de cette compilation, il est temps de lâcher la bombe que je vous réservais pour la Noël : Spindrift et Feasting time de TABLE ! Bon, évidemment, ça vous dit rien, vu que TABLE est un groupe à peu près aussi connu que mon tonton Jean (celui qui a une moustache). On retourne à Chicago, en 92, avec la rencontre de trois types que ça commence à gonfler un peu, le postrock. Ce serait-y pas moitié chiant comme musique, finalement ? Bien énervés, ils pondent deux Ep qui seront rassemblés en 94 sur un album unique, sobrement intitulé TABLE, sorti chez Humble. Absolument TOUS les morceaux de cet album, qui en comptent huit, sont des bombes atomiques. Malheureusement, le bassiste préfère se mettre de l’héroïne dans le bras plutôt que d’aller aux répèt’. Il se fait virer et TABLE n’est plus. Les deux autres décident courageusement de se mettre à faire de la merde, alors que notre sympathique drogué, de rage, décide de faire aussi de la merde, mais qui marche celle-ci puisque ce n’est autre que Warren Fischer des Fischerspooner. Miam miam… des kilos de bonne pou-poudre en perspective… Spindrift est tout en nerfs alors que Feasting time nous invite à un repas quasi-symphonique (les MP3 sont mal coupés, l’un commence avant la fin de l’autre, enfin, je me comprends, et le son est tout pourri… le prix de la rareté…). Enjoy…

Tiens, puisqu’on parle de drogue, allongeons nous un instant et méditons sur ce morceau de BLONDE REDHEAD, que je ne vous ferai pas l’affront de présenter, intitulé si justement Harmony. C’est pas du beau crescendo hypnotique, ça madame ? Inspirez…. Soufflez…. Inspirez… Tenez… Tenez… … Soooufflez…

Houuu… J’ai un petit coup de barre, moi…. Rien de tel que de se replonger dans de la Britpop groovie pour retrouver la patate. The only one I know des CHARLATANS ne serait-il pas LE morceau qui fait bouger les pieds, les genoux, le bassin et puis les mains aussi, de l’année 90 ? Ben si, et peut-être même de la décennie d’ailleurs….

Bon ben puisqu’on est dans le mood, la version extended overhaul ( ?) d’Organ donor de DJ SADOW, ça vous dit ? Comment ça vous connaissez déjà ? Et alors ?…

Et si on mariait postrock et electronica absurde, kes’safrait ? écoutons Moist de SCHNEIDER TM, teuton au nom rigolard de Dirk Dresselhaus (comprenne qui pourra). Le keum veut tout simplement révolutionner le genre (on est à l’aube du nouveau millénaire), alors il crée ce machin à base de plic plic de gouttes de pluie, de tac tac de chais pas quoi et de bip bip de ben on sait pas trop non plus. Vous faites ce que vous voulez, mais moi, ça me donne plutôt envie de lever mon uk et de le bouger d’avant en arrière et de droite et de gauche et d’avant en arrière et de droite et de gauche et d’avant en…

Haaa… ça fait du bien. Mais ça a franchement rien à voir avec ce que l’on écoutait cinq ans plus tôt à New-york. Sasha Frere-Jones, critique rock un peu chiant, veut aussi fusionner le postrock à d’autres courants. Il s’adjoint les services du bassiste de jazz Wilbo Wright et, avec Clem Waldmann, crée UI, trio bass-bass-batterie à l’origine d’étranges morceaux dont cette August song. Pour apprécier pleinement le dialogue entre les basses, mettons donc un casque et branchons la stéréo.

Ha ha ! Ce gros naze nous fait une compil’ postrock sans y mettre de MOGWAÏ ! Quel looser ! … C’est bon, c’est bon, j’y viens. Même si le groupe préféré des ORL n’a jamais accepté sa qualification postrock, faut quand même bien dire que ça y ressemble comme deux gouttes de vieille bière tiède. 2 rights make 1 wrong est l’un des plus beaux morceaux des écossais et donnerait presque envie de voir le soleil se lever.

Brrr… J’en ai encore la chair de poule. Vite ! Du rock belge pour se remettre à headbanger ! GHINZU (Plus on coupe, plus ils s’aiguisent !) Le combo aux perruques de Jackson Five nous emmène au cœur de la tempête. Blow va vous emporter. Gaffe au rhume…

Bon, je ne peux pas vous mentir plus longtemps. Vous aurez compris que le postrock n’est pas la zikmu la plus fun-kawaï-kikoo-lol du monde. Alors autant finir par le désespoir le plus éclatant. La maman et la putain, le morceau hommage au film d’Eustache par le regretté duo DIABOLOGUM. Ou : Comment j’ai appris que l’amour, c’était de la merde.

Où c’est que j’ai encore foutu ma corde, moi…

(PS : en bonus track, la petite démo glanée sur MYSPACE d’un breton au talent évident. Your drab eyes de I ONLY SAID. Si ce type n’a pas été élevé au postrock, je m’écrase une couille…)