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Everyday I got the Blues

Tracklist:
1 – James Brown – Everyday I got the Blues
2 – Bobby Byrd – Back From the Dead
3 – Knut Kiesewetter Train – Roll on the Left Side
4 – Sharon Jones and the Dap Kings – Make it Good to me
5 – Ice Cube – Check Yo’Self
6 – Eddie Bo – Hard Times
7 – Devendra Banhart – Vetiver
8 – Madlib – Young Warrior (Bobby Humphrey revisited)
9 – Sun Ra and his Artkestra – Of the Other Tomorrow
10 – Johnny Guitar Watson – You Got a Hard Head
11 – Andre Williams – Cadillac Jack
12 – Peter Breiner and his chamber Orchestra – Hard Day’s Night (in a Vivaldi Style)
13 – Le Peuple de l’Herbe (feat. JC001) – Honesty
14 – Sage Francis – Gunz Yo
15 – Adam Green – Country Road
16 – Rashaan Roland Kirk – The Black and Crazy Blues
17 – Laurent Garnier – Huis Clos

C’est lundi, on a le blues, c’est normal. Mais certains, c’est tous les jours qu’ils ont le blues, comme James Brown, accompagné par un big band blindé de cuivres dirigé par Oliver Nelson. Franchement, si vous n’aviez pas acheté cet album après le it’s magic de la compil de Noël, ne manquez votre deuxième chance. Ne serait-ce que pour le moment de cette chanson où James apparaît accompagné du piano tout cool, après l’intro hyper pêchue. On regrette juste le fade out à la fin, on aurait bien continué un peu… alors pour calmer la frustration, on reste dans l’entourage de James avec Bobby Byrd qui revient des morts. L’énergie du morceau fait qu’on n’en doute pas un instant, qu’il revient de loin.

Ensuite, c’est une petite perle que j’espère que vous apprécierez à sa juste valeur : un nom absurde (Knut Kiesewetter train), une discographie qui l’est encore plus (depuis les chants traditionnels bavarois au jazz new orleans), impossible de trouver de l’info sur lui qui soit pas en Allemand… et pourtant, ce Roll on the left side, il faudrait l’écouter tous les matins pour chasser le blues susmentionné ; c’est à la fois simple et virtuose, classique et sans complexes (une intro, des break, des solos, un pur son de clavier, et un finish qui ne doute de rien).

Sharon Jones a déjà été présentée sur ce blog, aujourd’hui elle nous explique qu' »il faut faire ça bien à elle ». On y veillera. Derrière les dap-kings ont toujours une rythmique aussi nickel, comme ça vous vous êtes un peu échauffés et vous risquez moins le claquage de cou au moment où démarre le Check Yo’Self d’Ice Cube, un bon gros classique imparable du bougeage de tête. Pour garder le groove mais faire baisser un peu le cardio (comme dirait mon entraîneur de boxe), enchaînons avec le hard times d’Eddie Bo, pianiste de la Nouvelle Orleans dont les titres du début des années 1960 ont été réédités récemment ; que vous dire d’autre que je kiffe grave cette rythmique de guitare.

On se calme avec Devendra Banhart. Quel nom… à croire que ses parents avaient prévu qu’il deviendrait un chanteur néo-hippie beau et chevelu. Une chanson sur les champs de vetiver, plus exactement sur les gens qui dansent quand le soleil se couche sur les champs de vetiver (c’est une herbe avec laquelle on fait du parfum et des trucs comme ça, je savais pas non plus), ça pourrait, ça devrait être ridicule, sauf que là non. La classe. Dans un autre style, Madlib aussi il a la classe, alors chez Blue Note ils lui ont filé les clés du catalogue en disant vas-y, amuse toi, remixe et boucle comme un malade. Ca a donné un disque qui est un de mes disques de chevet depuis deux ans. Vous savez, celui qu’on finit par prendre quand on arrive pas à choisir ce qu’on veut écouter, le disque auquel on revient toujours après nos passades du moment.

Sun Ra et ses délires mystiques-astrologiques, la première fois ça fait bizarre. Si vous avez des gens dans votre bureau, vous pouvez passer à la suivante et y revenir chez vous bien tranquillement. C’est free, très free, et après moultes hésitations j’ai fini par trouver ça génial.
Pour revenir sur terre, deux bons vieux blues des familles, de Johnny Guitar Watson et d’André Willams, du genre avec une guitare, un couplet et quatres refrains qui racontent une histoire très prosaïque, en l’occurrence avec des bagnoles. J’adore l’histoire de Cadillac Jack.

Les Beatles jouées par un orchestre de musique Baroque, « in a Vivaldi style », ça, c’est une idée qu’il fallait avoir les couilles de monter. Merci monsieur Peter Breiner, c’est quand même bien rigolo votre truc.

Sans transition, du rap de petit blanc. Celui de JC001 avec le peuple de l’herbe (ne ratez jamais un concert, et prenez un t-shirt de rechange), tout simplement excellent, et celui de Sage Francis, rappeur américain qui chambre les fantasmes associés à la possession d’une arme. Attention, c’est pas parce que c’est du rap « conscient » et blanc que ça déchire pas.
Petit blanc aussi, Adam Green n’est pas rappeur ; il est plutôt un genre de crooner ironique virtuose. J’adore la côté à la fois enjoué et un peu foutage de gueule de sa voix quand il chante des histoires horribles.

Pour finir en douceur et en beauté, descente en deux étapes. Une complainte magnifique de Monsieur Rashaan Roland Kirk, qui savait certes jouer de trois saxophones en même temps, ce qui n’est pas rien, mais qui sait aussi nous faire pleurer sur ce – effectivement – black and crazy blues. Puis une composition limpide de Laurent Garnier, sur la base de l’oud et de la voix de Dahfer Youssef. C’est juste beau. Si vous ne pleurez pas à la fin, c’est que vous n’avez pas d’âme.
Mais je vous aime quand même.