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Post-punk and more and more and more

Rassurez-vous, la présente sélection n’est consacrée ni à l’intégrale de Zappa, ni à celle du pire rock progressif prétentieux qu’il a pu engendrer. Il ne s’agit pas non plus d’un « meilleur de la chanson folklorique lithuanienne ». Rien de ça malgré cette photo d’un hommage lithuanien à Zappa, dégottée dans un recoin de Vilnius… Pourquoi Zappa, pourquoi Vilnius ? Bah, « We have lots of busts and statues to long-dead Lithuanian poets and artists and I suddenly thought, ‘Why not put one up to Zappa’? » dit l’artiste ???!!??. Euh ouais, mec, pourquoi pas ?!

Non, cette compile est centrée sur une de mes marottes de l’hiver 2007, le post-punk. L’appellation fourre-tout est censée caractériser cette période, entre 1977 et 1984, au cours de laquelle s’est épanoui, en Angleterre, aux Etats-Unis et même en France, un courant musical qui fait le pont entre le punk, le funk et les musiques synthétiques, en mêlant les guitares rock, la rythmique funk et les synthés électros. Voilà, grosso modo, la guitare tranche, la basse groove, et les synthés annoncent le pire des 80’. Bref, vous verrez, dans cette compile, c’est encore l’hiver à Sheffield.

On commence a priori un peu loin de tout ça, quoique, avec un titre de White Noise… expérimentation électronique et psychédélique, concoctée en studio … fin 60’… on dirait pas.

Zappa pour suivre, sans commentaires, pour l’un de ses titres les plus écoutables.

On enchaîne avec Chrsyler Rose. On est en plein baba-prog-communautaire avec Dashiell Hedayat et les musiciens de Gong, qui goûtent aux joies de l’amour libre et de la défonce : d’ailleurs c’est écrit derrière la pochette « this record must be played as loud as possible, must be heard as stoned as impossible and thank you everybody » . Si vous demandez au grand Mimon ce que ce titre lui inspire, il répondra : « obsolète ». Vous l’interpréterez comme vous voudrez, mais sachez quand même que c’est le nom de l’album dont ce titre est tiré. Bon y a des gens, ouais y en a, que ce titre exaspère…

Petit détour par Synchro, formation expérimentale réunissant les meilleurs musiciens afro-jazz antillais. Le titre que j’ai sélectionné est très tribal et n’est pas vraiment représentatif du reste de l’album, beaucoup plus spiritual jazz dans l’esprit. Cet album intitulé Rythmic eclectic language est une vraie vraie bombe, je peux vous le dire, et je peux vous dire aussi que vous aurez du mal à dégotter… not so easy to find, on dirait sur ebay

Voilà pour les racines du post-punk. Enfin, comme racines, c’est un peu tiré par les cheveux, je le concède, mais bon, j’avais ces 4 premiers titres à caser de toute façon.

Après cette intro hasardeuse, attaquons nous maintenant au cœur de la sélection « post-punk ».

Et c’est en douceur avec ce titre d’A Certain Ratio, tiré de leur 3è album, sur Factory donc, label majeur anglais. Une langueur froide quasi hip-hop instrumental. Et ça manque pas, le titre a été samplé par Boogie Monster, souvenez-vous, le renouveau hip hop conscient en 1994.

Zou, nous voilà aux USA, avec Dark day, pour un titre bien cold wave proto 80’, bien new-yorkais, et pas si périmé que ça. Oui, il fait froid, surtout tout nu dans la forêt.

One two three four, retour chez les rostbeef, avec Gang of Four. Petit jeu : connaissez vous un groupe de rock actuel qui ne revendique pas leur guitare-rasoir-chauffé-à-blanc et leur basse/batterie punk-funk comme influence majeure ? Bon morceau pour foutre la merde, j’attends son passage dans l’ambiance moite et embièrée du 9 billards.

Et bam, retour aux states avec ce titre des Talking Heads, qui maintient le dance-floor. Les recherches de David Byrne sur la musique tribale portent leurs fruits, en complet décalage esthétique avec la voix et la guitare. Une question pourtant : pourquoi ces ponctuations d’accords de synthé pourris ??

Petit détour par la France, et s’ils faut bien essayer de raccrocher un groupe à ce mouvement qui n’en est pas un, je dirais Stinky Toys, pour le coté punk allié à des rythmiques bancales, et pour les évolutions futures synth-pop de Jacno.

Y pants nous ramène dans la scène arty new-yorkaise. Un groupe de plasticiennes s’éclate avec des instruments-jouets dans leur sweater favori.

On continue avec des filles, mais en passant au Bronx, avec ESG que nous ne présenterons pas, étant donné la renaissance que connaissent ces 4 sœurs en ce moment, vous devez être au courant. Quand même, pour l’histoire, c’est ACR, en tournée aux US, qui leur a permis de faire leur premier enregistrement, en prêtant ses créneaux de studio disponibles vu qu’ils avaient bouclé le leur, d’album, en 3 jours.

On retrouve justement ACR pour un de ses premiers titres, moins éthéré que le titre précédent, plus funky et en même temps plus guitare et encore plus froid dans le chant.

Et retour en arrière, sur un groupe que l’on peut désigner comme précurseur de tout cette vague post-punk, DEVO, avec son concept arty bidon et sa musique bancale conçue délibérément pour faire danser comme un éclopé.

Voilà, si tous ces morceaux, dans leur grande diversité, montrent bien que le post-punk, c’est rien qu’un concept creux fait pour vendre des livres (Rip it up and start again, sorti en janvier 2007 chez Alia, l’esthétique new wave en juillet 2006 chez camion blanc) et des compiles (les volumes 1 à 3 de New York Noise, et In the beginning there was Rhythm pour la face anglaise, chez Souljazz records), tous ces morceaux montrent au moins que la période était bouillonnante contrairement aux idées reçues, les miennes y compris. Et que ces groupes ont, ces temps-ci, plein de petits héritiers, plus ou moins voleurs.

Pour la fin c’est un peu n’importe quoi en fait, mais bon j’espère que vous vous êtes habitués. On fait donc le grand écart temporel et stylistique et on part en 94 chez Sebadoh. Spontanéité, je-m’en-foutisme et expérimentations. En tirant bien, on pourrait trouver une filiation avec les groupes précédents. Certains d’entre vous se souviennent peut-être encore avec émotion de leur passage en black session chez Lenoir, en …94 ? Sacré putain de concert (j’ai l’enregistrement en cassette dans mon coffre-fort, zaurez peut-être un jour le doit de l’écouter…).

Le vélo à remonter le temps nous conduit chez The Squire, obscure groupe garage ré exhumé par les compiles Pebbles. Y a pas à dire, le rock surf-garage, c’est bath.

Et puis un joli petit truc, brésilien, de Tapajos & Dos Santos. Tiré d’un espèce d’album dont la pochette moche est à rapprocher du titre « guitare et percussions insolites du Brésil » qui ressemble à une accroche de compile cheap « les 12 meilleurs succès de musique basque », bref un truc qu’on ne regarde même pas lorsqu’on fouille un bac. Et bah, en fait, on a tort, c’est album fait avec deux bouts de ficelle contient des petites perles !

Après ça, on finit par un nouveau détour avec le nigérien Bala Miller et sa trompette, et son orchestre qui démonte. Alors bon il dit qu’Allah is great, ça le regarde, mais quel morceau !

Et bah non, c’est pas fini, puisqu’on n’avait pas eu notre petit Can. Tardif, celui-ci, en face B de leur 45 tour disco, je déconne pas, les allemands savent rigoler. Y a qu’à voir la vidéo de leur passage à « top of the pops » où ils jouent la face A entourés de créatures choucroutées (dans leur très bon DVD). Et puis ils le disent « I want more, and more and more and more and more.. ».Chouette conclusion, non ?