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Dr Manolito présente King of the Cape

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Hello à tous,

Deuxième compil après celle d’octobre dernier. Toujours un peu dans les mêmes tonalités, mais avec une bonne touche de rock US et canadien. Le Canada regorge vraiment de groupes excellents en ce moment.

Pour commencer, un morceau superbe de Susan Christie, chanteuse folk basée à Philadelphie. Tout en progressions subtiles, un bon riff funky allié à la voix triste de Susan, la mélancolie de Rainy Day nous accompagne ensuite jusqu’en Caroline du Nord, Etat d’origine des poilus membres de Band of Horses. Le voyage est animé par Ben Bridwell, chanteur à la voix métallique flottant sur des vagues de guitares qui rappellent Ride, notamment sur First song. L’album Everything all the time est extrêmement addictif.

Loney, Dear sont les derniers hérauts de la pop scandinave et ont beaucoup de points communs avec les écossais de Belle and Sebastian, comme un goût passionné pour les mélodies acrobatiques. Le frontman, Emil Svanangen, à l’évidence un songwriter hyper doué, chante chaque chanson (comme ici I am John) avec une ferveur rare, comme si c’était la dernière. Magnifique album d’une profondeur remarquable.

Au rayon des chanteurs habités, Win Butler des montréalais d’Arcade Fire est encore plus près des étoiles. Leur dernier opus, Neon Bible, bien qu’un peu moins formaté pour les luttes épiques que Funeral – quoique – confirme que ce groupe concilie à l’idéal un amour inébranlable pour la musique et un son lyrique et puissant. Sur Intervention Win crie le désespoir pour mieux le conjurer tel un prophète post-apocalyptique.

Du désespoir, voire de la rage, il y en a aussi chez les anglais de Mumm-Ra. Sans s’éloigner beaucoup de la formule habituelle des groupes de jeunes britons – riffs énervés, thèmes sociaux et sentimentaux, chanteur charismatique et production léchée – Mumm-Ra et leur album Things move in threes valent le détour, voire le voyage. On s’écoute le morceau du même nom.

Retour aux USA avec les foutraques Cold War Kids, plus connus pour leur morceau We used to vacation, entre blues et rock déjanté. Hang me up to dry illustre bien l’éclectisme de ces californiens entre voix soul, riffs glam-rock et bruitages improbables.

Cette année, je me suis passionné pour les Kinks, groupe légendaire des swinging 60’s, trop éclipsés par les Beatles ou les Stones, voire par leur single tapageur You really got me. Il ne faudrait jamais oublier le talent des frères Davies et leur facilité à nous faire partager des petites vignettes de la vie quotidienne anglaise. Excellent exemple avec David Watts, l’histoire du gars parfait qu’on voulait tous être au lycée.

Toujours en Angleterre avec les Hollies, groupe de Graham Nash qui traversera par la suite l’Atlantique pour se mettre sérieusement au folk-rock avec ses petits amis Crosby, Stills et Young (qu’on retrouvera tout à l’heure). Franchement, ce morceau (The air that I breathe) n’est pas vraiment inoubliable mais c’est quand même là que Radiohead a pompé Creep (non ? vous ne trouvez pas ?)

La, on se détend. Sibylle Baier, chanteuse d’outre-rhin composa son unique album en 1971. Très inspirée par Leonard Cohen, elle apporte avec des thèmes très intimes et une voix monocorde une touche de mélancolie toute personnelle. Album superbe et envoûtant, comme sur I lost something in the hills.

Great Lake Swimmers a de nombreux points communs avec Sufjan Stevens : le goût pour le banjo, la proximité géographique et inspiratrice des grands lacs du Nord des Etats-Unis et des compositions parfois fragiles comme du cristal (Backstage with the modern dancers).

Karen Dalton, camarade de Bob Dylan et Fred Neil avec qui elle partageait la scène de petits cabarets de Greenwich Village au début des années 60, a vraiment une voix incroyable, proche de Billie Holiday, qu’on attendrait plutôt servir un registre blues ou gospel et pas folk. Cela donne un caractère très original et moderne à ses deux albums, surtout In my own time, sorti en 1971 et d’où est extraite cette reprise de Percy Sledge, When a man loves a woman.

Dans la lignée de Will Oldham, Bill Callahan ou Elliott Smith, Damien Jurado chante d’une voix cassée les drames de son quotidien. Le résultat est particulièrement émouvant sur le EP Gathered in song, très low-fi et d’où provient cet extrait, Happy Birthday John

Toujours dans une veine folk, mais 40 ans auparavant, Judy Collins, virtuose de la guitare acoustique (voir les extraits sur youtube, impressionnant !) à la voix magique est bien trop souvent éclipsée par Joan Baez dans le rôle de pasionaria du mouvement contestataire. Remettons les choses à leur place avec ce morceau live hyper engagé (It isn’t nice) comme on n’en fait plus.

Après plus de 30 ans d’attente, les fans de Neil Young (dont je suis, vous imaginez bien) peuvent se réjouir : le loner a finalement été convaincu de mettre de l’ordre dans l’immense fonds de ses archives personnelles. Après le live électrique avec Crazy Horse au Fillmore East, il nous régale avec ce concert en solo acoustique. Neil retourne en fils prodige à Toronto et se remémore avec nostalgie son enfance au Canada sur ce chef d’œuvre, Helpless.

Continuons de parcourir les grands espaces américains avec Bright Eyes et Classic cars, morceau parfois inspiré par le Stuck inside of Mobile with the Memphis blues again de Dylan. Ce qui se fait de mieux en ce moment pour tracer la route en trailer.

Et enfin, terminons notre périple américain avec encore un groupe canadien, the Besnard Lakes, cousins de Godspeed et Arcade Fire. Au programme guitares shoegaze, voix et violons lancinants, planant à souhait sur Because tonight.

Voilou. Bon été à tous. Dr Manolito