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Ahhhh, les vacances … au Havre ?!

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1/ Manu Dibango : Ceddo (End Title)
2/ Bruno Nicolai : Autostrada per Los Angeles
3/ Ennio Morricone : Nadine
4/ Dangerdoom : Space ho’s (Madlib Remix)
5/ Rob : Make it fast, make it slow
6/ The Ogyatanaa Show Band : Disco Afirca
7/ Michel Magne : Superchic Génial
8/ Kraftwerk : The Man-machine
9/ Ciccone Youth : Making the Nature Scene
10/ Can : I’m so Green
11/ Pavement : Grave architecture
12/ Nino Ferrer : Moses
13/ Mombasa : Kenia
14/ Tapajos & Dos Santos : Tornei a caminhar
15/ Guadeloupe Reflexions : Samba Arawak
16/ Henri Guédon : Karma
17/ Pallen : Leave of Grass

Voici une petite compile d’été, que je destinai à l’écoute sous un soleil écrasant au bord de la piscine, un mojito dans une main et un stickaboum dans l’autre. Sauf que… sauf que cette compile a aussi fait ses preuves cet été dans un salon avec un bon pull, une couverture, un thé et une BD, en jetant un œil de temps en temps sur les voisins qui s’affairent à la construction d’une arche de noë.

Alors, espérons que cette compile sera parfaite pour accompagner une petite rentrée que j’espère en mode été indien.
Bref, dans cette compile, pas de violence mais du plaisir qui glisse dans les oreilles.

Et donc ça commence avec le grand Manu, qui nous délivre une petite BO dont il a le secret, ambiance afrique un brin cosmique. A chaque écoute, j’apprécie d’avantage le jeu du balafon, et notamment ce passage sur une seule note répétée de plus en plus vite tandis que la rythmique rentre. Et ça crée une espèce de dilatation du temps, pour un effet complètement cosmique. Bah ça, j’aime.

Et ça continue avec un petit moment de bonheur offert par Bruno Nicolai, grand compositeur de musique de nanards italiens. Easy easy. Zavez bien écoutés le solo de gratte, un petit bijou, n’est-ce pas ? Comme son titre le mentionne, ce morceau est hautement recommandé en voiture lorsque le soleil baisse et que l’horizon rougeoie. Sourire béat garanti.

Morricone est légèrement plus vénère. Il nous livre pour la BO du Serpent (Henri Verneuil) un psycho beat avec tout ce qui faut de psychédélisme et de fuzz.

Ce passage par les BO nous mène tout droit vers les maîtres es sample. On ne présente plus le projet Dangerdoom, alliance de MF Doom, dans la catégorie meilleur rappeur tout terrain avec son flow incroyable qui colle à tous les beats, et de Danger Mouse, dans la catégorie producteur qui peut tout faire, de remixer les Beatles à réinventer la soul avec son compère Cee-lo, tout en produisant aussi The Rapture et j’en passe. Sauf que là, c’est l’remix, et c’est Madlib qui est passé aux manettes. Il a sorti un bon disque de library avec une flûte dedans et il nous remonte le morceau dans tous les sens en le pillant dans les grandes largeurs.

Cette transition nous permet de nous échapper vers deux pépites sorties des compiles Ghana Soundz, sur le label Soundway. Tout d’abord Rob nous le fait vite et nous le fait lent dans une ambiance moite qui sent un peu le Isaac Hayes au saut du lit. Si la membrane de votre caisson de basse a crevé, c’est normal. Et si c’est crado sur les cuivres, c’est normal aussi. Un vrai cauchemar de vendeur de hifi.

On s’offre une petite pointe vitesse avec ce Disco Africa. Toujours une basse à faire tomber les murs, qui alliée à ce petit gimmick de bontempi, va faire remuer les popotins. Et en plus y a tout ce qu’il faut en break de percu pour maintenir le dance floor.

On ne pouvait pas laisser le dance floor tout frustré, donc Michel Magne s’y colle pour une relecture de James Brown à la sauce Jean Yann (Moi y en a vouloir des sous). Et ça crépite comme un bon feu de cheminée, c’est le son du vide grenier.

Une petite brise froide nous attrape par le col avec l’enchaînement suivant, fallait pas sortir fumer son clope dehors avec son t-shirt plein de sueur, c’est l’angine blanche assurée pour demain, et c’est bien fait. Bref, c’est un morceau proto hip hop délivré par les hommes-machines.

Et puis, rien que pour vous, un petit exercice de superposition comme je les aime. Prenons ce Man-machine et ajoutons-lui un morceau de Sonic Youth pour voir. Héhé, mais ça colle impec ! Le morceau en question est donc tiré de l’album expérimental de Sonic Youth, enregisré sous le nom de Ciccone Youth en hommage à Madonna (et ouais), et c’est déjà un remix du titre Making the Nature Scene réarrangé à la sauce boite à rythme et guitare noisy. Et voilà.

On passe à un petit Can bien pop et sautillant pour se rafraîchir les esprits, et on retrouve ensuite nos oreilles d’adolescent avec le Grave Architecture de Pavement. Si vous ne l’avez pas encore fait, ré-écoutez l’album Wowee Zowee. L’album avait semblé un peu indigeste à l’époque, mais à la ré-écoute on découvre des pépites à chaque piste. Ca part dans tous les sens, c’est du bon travail de branleurs, mais, et ce n’est pas que la nostalgie qui parle, c’est un grand album.

Retour au calme avec un titre de Nino tiré de l’album Nino and Radiah, un album tout en anglais avec notamment une de ces fameuses chansons qui firent la gloire et le malheur de Nino : The South. Après avoir employé Manu Di ou le Baron Estardy aux claviers, Nino change son groupe et s’entoure d’Afro-ricains échoués à Paris qui ont enregistré 2 albums sous le nom de Lafayette Afro Rock Band dans un genre Fat & Funky et qui livreront ensuite d’autres trucs plus discos sous le nom de Ice. Je vous dis tout ça, parce que si vous fréquentez les vides greniers et que vous avez la chance de tomber sur une de ces refs, ça vaut la peine de dépenser quelques euros. Bref, Nino veut du changement, il invite donc le Lafayette Afro Rock Band et Radiah Frye (la mère de Mia du même nom) dans son château–communauté et enregistre un album très soul, dont ce très beau Moses est tiré. Pfou, j’ai cru que je n’allais jamais réussir à me sortir de la page bio. Pour le morceau, ça démarre un peu cheesy, mais la mayo prend peu à peu, et le solo d’orgue est de toute beauté.

On a donc clos la page rock n’roll pour s’enfoncer dans un registre spiritual jazz. Mombasa est une formation emmenée par le tromboniste Lou Blackburn. Grosse basse et percus au programme, et pour le reste de longs solos biens spirituels. Le leader-tromboniste prend le 2è solo, et c’est magistral, éléphantesque. C’est sorti à l’origine sur un micro-label allemand, et heureusement réédité en 2006. Et depuis, c’est mon disque de chevet.

Petit passage par le Brésil avec Tapajos et Dos Santos. J’avais déjà mis un extrait de leur album sur une précédente compile. Ce morceau là, s’annonce plus pompier au début, sauf que non, il reste un joli quelque chose de léger, et la rythmique de guitare sèche y est pour beaucoup.

S’ouvre maintenant la page antille, d’abord avec le groupe Guadeloupe Reflexions pour un titre samba jazz. Les solos sont parfois un peu limite, mais le batteur se démène comme un beau diable, et puis le coté fait-à-la-maison donne beaucoup de charme à l’ensemble.

Toujours aux Antilles, le chanteur-percusionniste-sculpteur-peintre martiniquais Henri Guédon a d’abord donné dans la salsa, mais attention pas la cubaine, l’antillaise beaucoup plus raffinée. Après il a inventé le zouk, et ouais, et là il donne dans le cosmique, on y retourne, pour le bien-nommé titre Karma. Le morceau décolle au bout d’une minute, avec un groove monumental, une explosion de percus et un orgue hyper planant par-dessus. Moroder en prend pour son grade.

Et notre petite virée se termine sur un petit 45 t pépère, de Jean-Marie Pallen, guitariste de son état. C’est par un complet hasard que j’ai dégoté ce disque. La guitare est d’influence manouche, mais sur une base latin-jazz. Le mélange est frais et léger, le morceau semble avoir été enregistré en une prise, pourvu que ce soit la bonne, et j’espère que ça vous a plus parce que c’est fini.