Tags

Related Posts

Share This

COMPILASEB 01 > Long Ago and Far Away


1. Joao Gilberto – « Chega de saudade
2. Pierre Barouh – “Samba Saravah”
3. Tamba 4 – “O Morro”
4. José Feliciano – “California Dreamin”
5. Willie Bobo – “Spanish Grease”
6. King Curtis – “Memphis Soul Stew”
7. Oscar Peterson Trio + Clark Terry – “Mumbles”
8. Calexico – “Crumble”
9. Medeski Martin & Wood – “Big Time”
10. Buckshot Lefonque – “Jungle Grove”
11. Clifford Gilberto – “I Wish I Was A Motown Star”
12. Youngblood Brass Band – “The Movement”
13. Alan Vega – “Jukebox Babe”
14. Jon Spencer Blues Explosion – “Get Down Lover”
15. Bob Dylan – “Tombstone Blues”
16. Van Morrison – “T.B. Sheet”
17. Billy May – “Girl Talk”

Joao Gilberto – “Chega de Saudade”
On débute tout en douceur. Les cordes sont à peine effleurées, la voix est délicate, les mots susurrés. Joao Gilberto, monument de la musique brésilienne, nous délivre l’un des plus bels hymnes bossa nova …Chega de SaudadeAssez de tristesse ! (écrit et composé par Vinicius de Moraes et Tom Jobim). Joao, principalement connu pour ses collaborations avec Stan Getz au tournant des années 60, n’est jamais aussi beau que seul à la guitare délivrant des versions épurées, presque cristallines des standards carioca. L’équilibre fragile dans le décalage.

Pierre Barouh – “Samba Saravah”
Voici une déclaration d’amour ! Un hommage vibrant au Brésil, à ses musiciens et surtout au son du pays…la Samba. Calqué sur le ‘’Samba da Bêncao’’ de Baden Powell et Vinicius de Moraes (Vinicius toujours lui), enregistré à l’arrache à Rio sur le vieux revox de Baden au terme d’une nuit blanche arrosée, le titre sera finalement intégré au scénario d’« Un homme et une femme » de Lelouch. La B.O du film fit un tel tabac que Pierre Barouh eu les moyens de lancer son propre label, Saravah, avec le slogan « Il y a des années où l’on a envie de ne rien faire ». Très chic ! La maison hébergera entre autres les premiers opus de Brigitte Fontaine et Jacques Higelin. Total respect et merci Monsieur Barouh. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur l’éclosion du mouvement Bossa Nova, je recommande la lecture de « Saravah, rencontre avec la Bossa Nova » de François-Xavier Freland et Olivier Mirguet (Naïve, 2005) ainsi que de « Brasil Bossa Nova » de Jean-Paul Delfino (Edisud, 2006).

Tamba 4 (Tamba Trio + 1) – “O Morro”
Un titre impressionniste de l’un des trio bossa les plus excitants des années 60. Le pianiste, Luiz Eça, ne cesse de faire l’aller retour entre baie de Rio et baie de New York. On n’est jamais bien loin du thème original de Jobim mais toujours à deux doigts de basculer sur Gerschwin et son Rhapsody in Blue.

José Feliciano – “California Dreamin’”
Je vous vois…je vous entends déjà vous gausser de ce choix. Trop mielleuse, de la vraie guimauve que cette reprise du hit des Mama’s & the Papa’s ! Ma copine m’a dit la même chose… ‘’c’est bon mais…’’ un ‘’mais’’ lourd de sous-entendus. Et pourtant, j’assume pleinement ce choix. Combien j’aime ce morceau, combien j’apprécie l’album Féliciano! dont il est issu uniquement composé de reprises 60’s. Du miel oui, mais du miel pour les oreilles et du soleil pour la tête. Le petit climax en espagnol à 2 minutes 50 secondes…me fait littéralement craquer. Que du b.o.n.h.e.u.r je vous dis !

Willie Bobo – “Spanish Grease”
Nuyorican jusqu’au bout des doigts, doigts qui battent la mesure, doigts qui frappent les peaux tannées du conga, qui martèlent les timbales. Willie Bobo a grandi dans El Barrio, ce quartier situé à l’Est d’Harlem entre la 96 et la 125ème rue, patrie du Mambo, du Boogaloo et de la Salsa. Spanish Harlem, terre d’adoption de Ray Baretto, Mongo Santamaria et Tito Puente. Mongo Santamaria et Tito Puente avec qui Mr Bobo fit un bout de chemin avant de se mettre à son compte et de sortir plusieurs disques de Latin Soul fiévreux sur les labels Roulette et Verve. Et le rejeton ? Eric Bobo ? Lui, il joue des percussions chez Cypress Hill… dans un autre barrio…South Gate – LA.

King Curtis – “Memphis Soul Stew”
Attention…tuerie Soul ! Vous pouvez monter le niveau…ça n’en sera que meilleur. Nous sommes le 19 mai 1971, Aretha Franklin est à l’affiche du Fillmore West, mythique salle de concert de San Francisco. Son groupe dirigé par King Curtis a pour mission de préparer l’arrivée de la diva en chauffant amplis, salle et public. Le saxophoniste, assisté de ses Kingpins (dont Bernard ‘’Pretty’’ Purdie, Cornell Dupree et les Memphis Horns), va faire bien mieux que ça, il va littéralement casser la baraque et offrir une vraie leçon de Soul Music à son auditoire. Tel un chef coque faisant lentement monter sa sauce, King Curtis incorpore progressivement un à un tous les ingrédients nécessaires à cette déflagration sonore. La recette de Mister Curtis : un velouté de basse bien épais, un nappé de batterie groovy à souhait…ajoutez, en maintenant la cadence, une pointe de guitare, un zeste d’orgue, une cuillerée de percussions…le tout massivement saupoudré de cuivres millésimés 100% Southern Soul. Vous obtiendrez un met épicé, charpenté…diablement relevé. Servez chaud, très chaud !

Oscar Peterson Trio + Clark Terry – “Mumbles”
On devrait toujours laisser tourner les bandes au terme des sessions d’enregistrement. C’est ce qu’ont dû se dire les ingénieurs du son présents ce soir de février 1964 dans les studios Verve. Je pose le cadre. Il est tard, Oscar Peterson, Ray Brown et Ed Thigpens viennent de mettre en boîte plusieurs titres avec le trompettiste Clark Terry. Les musiciens s’apprêtent à quitter les lieux quand Clark Terry demande à Oscar Peterson de lui improviser une petite intro. Le pianiste s’exécute et là, le trompettiste se livre à un scat d’anthologie sous les yeux ahuris et amusés de l’assemblée. La pépite (“a little funny thing… just to take home for laughs” dixit le scatman) s’est finalement retrouvée incluse à la tracklist ainsi qu’un autre scat improvisé sur la lancée. Si mes petites anecdotes vous emmerdent, n’hésitez pas à me le dire.

Calexico – “Crumble”
A l’évocation de Calexico…on voit les cactus, on sent l’air chaud et sec du désert, on entend les mariachis. Et pourtant, Joey Burns et John Convertino nous livrent ici un petit set jazzy sombre et urbain. On frise même carrément l’ambiance du polar du dimanche soir…trompette titubante et piano angoissé. A écouter le petit râle de contentement poussé par l’un des musiciens, la petite bande prend son pied, c’est certain. Oooooyè !

Medeski Martin & Wood – “Big Time”
Si vous écoutez cette compil sur votre portable avec de tout petits baffles mini mini…ça le fera pas… Si le son de l’orgue vous ramène à votre enfance quand vous deviez vous coltiner des messes longues et ennuyeuses…ça le fera pas… Si vous abhorrez le Jazz dès qu’il prend mal les virages et termine dans le fossé …ça le fera pas non plus. Si par contre, l’éclat des claviers Hammond B3 et Wurlitzer vous font apparaître des étoiles dans les yeux, les disques de Jimmy Smith, Jimmy McGriff ou Richard Groove Holmes sont vos albums de chevet alors, ce titre a peut-être une chance de vous plaire.

Buckshot Lefonque – “Jungle Grove”
Dans la famille Marsalis, il y a le pianiste, le père Ellis, il y a Wynton, le fort sage trompettiste, il y a Delfeayo, le jeune tromboniste et enfin Brandford, le saxoniste. Vous imaginez les fêtes de famille…un vrai délire ! A côté d’une carrière louvoyant entre Post-Bop et Hard Bop, qui le vit croiser la route d’Art Blakey, d’Herbie Hancock ou encore de Miles Davis, Brandford sorti également, en 1994 et 1997, deux albums ébouriffants sous le nom de Buckshot Lefonque. Mélangeant Jazz, Funk, Soul et Hip hop (collaboration de DJ Premier et DJ Apollo) et accueillant des musiciens venant de tous horizons, Buckshot Lefonque nous livre quelques excellents titres tel ce Jungle Grove décapant.

Clifford Gilberto – “I Wish I Was A Motown Star”
Clifford Gilberto ! En voilà un nom évocateur… A voir ce pseudo sexy, CG aurait certainement voulu faire le bœuf dans les clubs enfumés de la 42ème rue ou naître sur les pentes du Corcovado. Mais voilà, Clifford Gilberto, dont on ne connaît pas le vrai nom, est Allemand, né dans les années 70 et fait de la musique electro. Et oui, il y a de vraies injustices dans ce bas monde. Signé sur Ninja Tune en 1997, CG n’a sorti qu’un seul disque, le superbe “I was young and I needed the money”, mélange expert de Trip hop, de Samba et de Jazz. Ca secoue un peu mais ça purge les neurones.

Youngblood Brass Band – “The Movement”
Les excellents brass band (fanfares) ne manquent pas (Mardi Gras BB, Dirty Dozen BB sans oublier les nombreuses fanfares d’origines balkaniques) mais voilà, selon moi, ce qui se fait de mieux actuellement dans ce genre mêlant sections cuivres explosives et rythmique implacable. Funk, Soul, Hip hop, Jazz, tout y passe avec un sens mélodique certain et une envie de vous faire bondir et rugir de plaisir.

Alan Vega – “Jukebox Babe”
…New York, post-punk, Suicide, avant-garde, rockabilly, art gallery, Martin Rev,…, Lower Manhattan, Project of Living Artists, Brooklyn,…, happening,…, CBGB, sculpture, minimalism,…

Jon Spencer Blues Explosion – “Get Down Lover”
Comme quoi, on peut aimer les bluettes à Feliciano et prendre son pied à faire des grimaces, des moulinets avec les bras et à rouler par terre comme un épileptique à la fin du morceau. Si si si, les deux ne sont pas inconciliables. Si vous aussi, vous aimez imiter les guitaristes, les batteurs, les contrebassistes (ça, c’est une inclination perso), ramper sur les genoux et tout ce genre de trucs qu’on partage rarement avec d’autres (une sorte d’onanisme en somme), foncez voir Jon, Judas et Russel sur scène…fureur et sueur à l’unisson.

Bob Dylan – “Tombstone Blues”
Si j’avais une bagnole, c’est le style de morceau que j’adorerai écouter volume à fond sur une route de campagne. Oui, mais voilà, le permis l’ai toujours pas…alors la bagnole…

Van Morrison – “T.B. Sheet”
Si Tombstone Blues colle parfaitement aux petites routes de campagne, TB Sheet serait plutôt un hymne à la ville, à la ville la nuit. La cité est déserte, sombre et désolée. Le tempo est lent, le temps suspendu. Faut absolument que je passe ce fichu permis.

Billy May – “Girl Talk”
On boucle avec une douce mélodie mélancolique (sirupeuse dirons certaines mauvaises langues) que j’affectionne tout particulièrement. Le spleen m’envahit peu à peu, les paupières se font lourdes. Ca sent la fin de soirée, ça sent la fin de compil.
A bientôt