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Matt two : une compile de bleu bite

Une compile de bleu-bite. J’étais jeune et fou, j’avais des a priori à foison sur la construction d’une compile et j’avais de vrais engagements à défendre. Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis cette époque chérie ET AUJOURD’HUI J’AI UNE FILLE ! J’AI UNE FILLE !!!


01 – Autumn leaves – Cannonball Adderley

A l’époque je pensais qu’une bonne compile commençait par un Autumn leaves. Je ne me trompais pas mais j’ai abandonné cette bonne habitude pour une raison qui m’échappe. C’est ici le magnifique Cannonball qui s’y colle et c’est Miles au thème. C’est tout simplement glandiose.

2 – Bela’s blues – Vladimir Cosma
Une fois l’intro feuilles mortes passées, il me fallait donc commencer ma compile et je croyais alors dur comme fer qu’il fallait y aller en douceur, laisser le temps à l’auditeur de s’habituer à un son si spécial et de lui donner un sas de décompression notamment avant le Filk O’ Lyns.

03 – Boleck and Loleck – Filk O’ Lyns
J’étais en efet persuadé qu’un son d’inconnus talentueux était un gage de réussite compilistique. J’avais encore raison et je continue à chercher le bon son des inconnus. Ici les inconnus ont trouvé le meilleur nom de groupe de la terre (ils hésitaient avec Bern Ar’Men Ez) et depuis se sont séparés sans spliter parce qu’ils n’avaient jamais existé.

04 – Apaches – The Shadows
Evidemment (et j’avais encore une fois raison) il faut, pour réussir une compile, une dose de nostalgie facile avec un swing terrible et qui mieux que les Shadows réunissent ces deux éléments ? _ Les Stray Cats ? _ Bon d’accord, les Stray Cats aussi…

05 – Jésus, reviens ! – Marcel et son orchestre
Après la nostalgie facile, on peut trouver la nostalgie pas facile avec un son pourri. Pour moi ça marche. Si on n’a pas été étudiant à Lille entre 1995 et 2000, ça fonctionne peut-être moins bien ; mais c’est pas une raison pour nous casser les oreilles avec Massilia quand on a fait ses études à Marseille.

06 – Lass mich in ruhe – Nina Hagen

En fait, LA vraie compile réussie, et J-Why le prouvera par la suite, est une compile avec de l’allemand dedans. En plus, Nina clôt la session rock de cette compile de belle manière, énervée et stylée, racée et véhémente, circonspecte et engagée : Rock n’ Roll !

07 – Tu n’es pas venu – Nancy Holloway
Attention public fighter! Tu es sur le point d’écouter MA BOMBE de tous mes morceaux préférés à écouter en boucle et c’est même la sonnerie de mon portable quand c’est ma chérie qui m’appelle. Nancy Holloway a débuté aux Amériques, est arrivé en France période yé-yé gna-gna et a égrené quelques perles avec ses compagnons de groove et de smooth (elle côtoie Nino Ferrer, Daniel Janin, J.C Pieric, Elvis Presley…). Sa vie est un roman, sa voix est un présent des dieux et sa présence sur une compile un complet hasard en même temps qu’une bénédiction. En boucle je vous dis…

08 – Everybody sings – Dorado Schmitt
Je croyais également qu’il fallait être éclectique dans une bonne compile (…encore raison). Je faisais donc découvrir à mes collègues de l’époque ce qu’était la guitare sèche (ils ne connaissaient que Kurt Cobain en unplugged !). Attention M. Schmitt est un petit cousin d’un compagnon de route d’un beau-frère de Django. T’as qu’à voir…

09 – You shall see – G. Love and special sauce
Ensuite il fallait du groove et qui mieux que G. Love peut faire groover une compil ?

10 – Rub up, push up – Justin Hinds
Réponse : Justin Hinds bien sûr. Mais enfin ça fait deux fois que vous me contredisez et ça commence à faire beaucoup. Allez, poussez la table du salon et hop hop hop, tchip tchip. Laisse pousser tes docks et tes bretelles pendant que tu rases tes cheveux bien courts et que tu roules un gros bédot en roulant le bas de tes jeans. Tu peux enfin pénétrer dans le morceau numéro 10 d’une compile de débutant qui promet.

11 – Sinnerman – Nina Simone
Et puis évidemment, en bête de dance floor que j’étais encore à ce moment-là, je savais que mes auditeurs auraient besoin de faire souffler leurs jambes mais qu’il ne fallait pas les lâcher. Il est donc l’heure du morceau faussement calme. Le Sinnerman de Mme Simone est l’exemple type de ce morceau indansable, qui nous oblige à l’écouter sur place mais qui ne nous laisse pas tranquille. Les genoux bougent tous seuls, le bassin glisse et le rythme cardiaque s’accélère tout seul… Allez comprendre.

12 – Ape shuffle – Lalo Schiffrin
Et là, fastoche, une fois le rythme cardiaque à fond de pace maker, on balance le Lalo (vous savez qu’à l’époque, j’étais persuadé qu’il en fallait un par compile : raison ou pas raison : envoyez oui par sms au 1212 ou non au 1313, 200 euros +coût éventuel de l’opérateur). Celui-ci est merveilleux.

13 – A découvrir absolument – Diabologum
Et puis je croyais qu’il fallait faire de fausses descentes d’ambiance : le Diabologum est pour ça super bien.

14 – Anti racist soldiers – Spook and the guay
Le Spook un peu énervé mais qui ne restera pas le morceau que j’écoute en boucle et que je mets en sonnerie quand ma meuf appelle… Ou alors c’est que j’aurais changé de meuf, et je ne suis pas certain que j’aurai gagné au change.

15 – Try me – James Brown
En revanche, je savais déjà que « one James a day, keep the acouphène away ». Donc, un James qui commence par des filles en pleurs sur la basse qui arrive mollement mais claire et propre : smoooooth.

16 – Legalize the ganja – Macka B.
Evidemment, j’étais jeune et idéaliste, et j’avais des idées bien à moi. Je pensais notamment que légaliser la ganja était un fondamental de la République (j’aurais voté Mamère si j’avais habité Bègles). J’étais alors l’artiste engagé que j’ai arrêté d’être depuis que Torreton vote à droite (cher lecteur, tu es en 2012 et tu viens de franchir un seuil spacio-temporel). Donc Macka B. Un flow intéressant mais certainement pas la meilleure chanson de la terre…

17 – Alone, again, or – Love
J’étais également certain, mais alors CERTAIN, qu’il fallait piquer un morceau aux Inrock’. J’étais persuadé de la classe de ce pillage comme Rahan de la platitude de la terre. Enfin, cette fois ci, il faut bien admettre que ce morceau est super et qu’en plus Love est un groupe super. Donc, pour cette fois là ça a bien marché et puis après j’ai arrêté.

Bonus track : End theme from Starsky and Hutch – Lalo Schiffrin
J’étais également persuadé qu’il fallait clore une compile par un morceau de rigolade franchouillarde histoire de dire que la compile est belle et bien finie. Ici c’est un générique de fin comme son nom l’indique, donc et bien, toi qui es malin (pensais-je à l’époque) tu comprendras que ton disque est fini.