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COMPILASEB 12

Donald Byrd + Guru – Time is Moving On
1994, New York, le gratin du Hip hop et du Jazz monte sur scène pour un concert caritatif contre le Sida (album Red Hot + Cool). Parmi les collaborations de cette longue soirée, ce titre associant Guru au trompettiste Donald Byrd et au guitariste Ronny Jordan. Un bon titre festif pour débuter une bonne compile ! Enfin, à vous de juger…

Davu & Eyamme – Mastermind
Un sample bluesy et délicat, une batterie acoustique qui claque bien et deux Mc aux flows efficaces…que dire sinon que le tout sonne fort bien. Le reste de l’album « The Sun Do Move » paru en 2006 est du même tonneau. Du Hip hop qui sent résolument les 90’s.

The Fugees – Zealots
A vrai dire, je n’ai jamais été grand fan des Fugees. Ce «Killing me softly», aussi bon que soit le morceau,…peux plus l’entendre ! Ca me fait toujours mal là et là… N’insistez pas…je peux plus ! Les personnes peu sensibles ou même allergiques au Hip hop reprochent souvent aux groupes de Rap de se limiter à coller leurs flows sur des riffs archi-connus. C’est vrai que certains ont poussé le bouchon bien loin…limite foutage de gueule. On a tous en tête des titres où on s’est dit…là, le mec il s’est vraiment pas foulé…il a juste allongé un gros paquet aux ayant droits. Le pire, c’est qu’en général, la recette cartonne. Mais bon, ce « Zealots» des Fugees, qui recycle les choeurs d’ «I Only Have Eyes For You» des Flamingos, ne fait résolument pas partie de cette catégorie. Distinguons le pillage du recyclage.

Mr. Magic – Coast to Coast
Les pieds dans le Disco finissant (riff de guitare scintillant, basse slapée), la tête dans le Hip hop (le flow). Mr. Magic est loin d’être un illustre inconnu. Il s’agirait même plutôt d’un pionnier de la planète Hip hop. Ce Dj fut en effet le premier à animer une émission exclusivement dédiée au Hip hop sur la radio new-yorkaise WBLS-FM. C’était en 1983.

Mario Caldato Jr. – Jimmy’s Theme
Ce touché, ce son d’orgue Hammond B3… pas de doute, Mario Caldato Jr, connu pour son appartenance au clan des Beastie Boys, rend ici hommage à Jimmy Smith période « Root Down ». La boucle est bouclée !

The Village Callers – Hector
Voici un groupe qui n’a réalisé qu’un seul disque…mais quel disque ! Enregistré live dans un petit club de Los Angeles (le Plush Bunny), ce groupe latino témoigne d’une égale aisance, que ce soit dans les reprises Bossa, la Soul fiévreuse ou dans les instrumentaux funky du meilleur cru. Le groupe comme le public prennent leur pied et ça s’entend. J’imagine qu’on a poussé les tables…ça a du jerker toute la nuit. Mmmmmmh, j’aurais tant voulu en être !

Interlude – Chico Mann

Ray Baretto – Senor 007
Ca n’a pas du vous échapper, j’ai un faible pour les bandes-son composées par Monty Norman et John Barry pour les premiers épisodes de James Bond (Goldfinger en particulier). Après vous avoir proposé les relectures de Leroy Holmes et de Barry Adamson, voici une version latin-Jazz du thème de 007 par le maître conguero Ray Baretto. Vous reprendrez bien un martini !?

Mulatu Astatke – Yèkatit
Entre 1969 et 1978, la musique en Ethiopie connu un véritable âge d’or avec la création du label Amha Records. Cette période d’une dizaine d’années vit en effet la réalisation de l’essentiel de la production discographique éthiopienne dont une bonne partie fut rééditée par Buda Musique via la collection Ethiopiques (le volume 4 est consacré à Mulatu Astatke). Le coup d’état de 1974 et l’arrivée de la junte militaire au pouvoir marquèrent un coup d’arrêt à ce foisonnement créatif. Quant à Mulatu Astatke, père de l’Ethio-Jazz et musicien incontournable de la scène musicale locale, il présente un parcours fort singulier. Issu d’une famille aristocratique, il eu l’occasion d’aller voir ce qui se faisait hors du pays, chose extrêmement rare pour l’époque. Après un passage par Londres, c’est à New York et aux groupes de latin jazz qu’il se frottera avant de rentrer au pays des idées plein la tête. Sa musique, subtil mélange de musique traditionnelle éthiopienne et de Jazz, voir de Funk dans certains cas, connu un récent regain d’intérêt grâce au film de Jim Jarmush «Broken Flowers».

Natacha Atlas – I Put A Spell On You
Natacha Atlas est d’ici (née à Bruxelles) et d’ailleurs…le Moyen-Orient, où elle tire ses influences et plonge ses racines. La chanteuse qui n’en est pas à sa première reprise (mon amie la rose,…) signe ici une excellente version de ce monument du Rock chanté en son temps par le démoniaque Screamin’Jay Hawkins.

Interlude – The Village Callers

Babs Gonzales – Broadway 4 A.M
Sur son album «Tales of Manhattan», le chanteur et poète Babs Gonzales nous conte dix courtes histoires Bop de l’ère Be-bop des 50’s à New York. Des histoires de musiciens bien sur, de femmes et de gigs tardives. Ambiance assurée.

Jack Kerouac – American Haikus
Haiku…quesaquo ? Un haïku est une forme classique de la poésie japonaise apparue au 17ème siècle. Extrêmement courts, ces poèmes sont toujours composés de trois vers respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Selon l’Association française du Haiku (on pourra pas dire qu’on se fout de votre gueule quand on rédige nos vignettes…ça bosse, ça creuse, ça investigue), il s’agit «d’une observation réelle de la nature dans un langage direct et simple, et suggérant une plus profonde compréhension de la réalité» (Wouuuachhh !!). Dans cet « American Haikus », le chef de fil de la Beat Generation associe ses vers aux phrases improvisées des deux ténors West Coast Al Cohn & Zoot Sims. Ce titre est tiré de l’album « Blues & Haikus » paru en 1959 et réédité voilà quelques mois. Spéciale dédicace à mon ami Greg !

Lou Donaldson – One Cylinder
Depuis plusieurs années, EMI propose à des musiciens belges de revisiter le catalogue Jazz du label à la note bleue (Blue Note Records) à travers la collection Sidetracks. Après Alex Callier d’Hooverphonic, c’est Tom Barman, leader du groupe Deus, qui s’est collé au difficile mais excitant exercice. Particularité de ce septième volume, Tom y conjugue amour du Jazz et passion pour la peinture en mixant musique et interviews de peintres comme Jasper Johns, Robert Rauschenberg ou Willem DeKooning. Le télescopage souvent intéressant est une vraie réussite dans le cas du «One Cylinder» de Lou Donaldson.

Charles Mingus – Solo Dancer (Stop ! Look ! and Listen, Sinner Jim Withney)
Charles Mingus est probablement mon musicien de Jazz préféré et l’album dont est issu ce «Solo Dancer» l’un de ses meilleurs disques (The Black Saint and the Sinner Lady). A la tête de ses onze musiciens, Mingus nous fait passer en quelques minutes par une foule de sentiments, de l’angoisse à la fureur en passant par l’espoir, la solitude et la détresse… C’est superbement orchestré, brillamment interprété, riche et coloré. Mingus est sans aucun doute mon compositeur de musique de film préféré (à côté de L. Schifrin, de M. Legrand, de N. Rota, d’E. Morricone, de A. Duhamel, de G. Delerue, …et de tous les autres).

Angelo Badalamenti – Red Bats With Teeth
Mais qu’a donc dans la tête cet Angelo Badalamenti pour composer des ambiances aussi pesantes et habitées. Sa rencontre avec David Lynch est une vraie bénédiction. Ces deux-là n’ont pas leur pareil pour créer des climats angoissants et paranoïaques. On plonge ici dans Lost Highway… le décor est simple : une nuit, un club, une scène. Sur la scène, Bill Pullman et son saxo prennent progressivement leur envol et parviennent à l’orgasme. Pas de doute là-dessus.

James Chance & The Contortions – Contort Yourself
J’ai eu la chance il y a deux ans d’assister à un concert de James Chance. J’avais lu sur l’affiche : New York, No Wave, CBGB, Free Jazz, Punk et même Funk. J’avais également lu que l’homme était teigneux sur scène, qu’il lui arrivait régulièrement d’invectiver son public voir de descendre dans la fosse pour se battre avec lui. J’avais pas hésité, j’avais plongé. Pas que j’aime la baston mais l’ambiance risquait d’être chaude. Bon, avouons qu’au final, il n’y eu ni crachats, ni coups dans la gueule…pas même un petit « son of a bitch » ou un « motherfucker ». N’empêche, ce fut un bon moment, James, le teint cireux, tiré à quatre épingles dans un costume vintage 50’s, tritura son sax et son orgue comme un possédé. L’homme demeure bien allumé, sa musique l’est tout autant.

Patti Smith – Gloria
Allez pour conclure, une dernière cavalcade avec ce Gloria d’anthologie issu du premier album de Patti Smith «Horses» paru en 1975 et produit par John Cale. Ca commence doucement, Patti chuchote presque. Arrive alors la guitare…le signal est donné…le groupe veut en découdre. Les choses sérieuses peuvent commencer…la chevauchée est lancée. Le groupe s’emballe…insensiblement…irréversiblement. La tension grimpe, grimpe jusqu’à l’assaut final…la chanteuse oblique alors pour se lancer dans une version racée et sans concessions du Gloria de Them avant l’effondrement final. Un vrai shoot d’adrénaline !