Tags

Related Posts

Share This

Dr. Manolito presents Squirrel°°°°

Salut à tous,

Pour se réchauffer et supporter au mieux ces premiers frimas, je vous propose à nouveau une petite compil à écouter au coin du feu (ou à défaut au bureau). Et pour commencer, quoi de mieux que le magique White Winter Hymnal des Fleet Foxes ? Ce fut un crève-cœur de sélectionner un morceau parmi les 12 titres éblouissants de ce premier album qui nous replonge direct en 1969. En fait, je ne pensais pas qu’il était encore possible qu’un tel album sorte aujourd’hui. Pour moi, leur recette avait été mise au point par les Byrds et les Beach Boys, puis appliquée brillamment par Crosby, Stills & Nash, et enfin perdue à jamais. Les Fleet Foxes l’ont retrouvée 30 ans plus tard et cela semble tenir du miracle.

Pour poursuivre, un autre moment de grâce absolue avec I came to hear the Music de Bonnie Prince Billy, qui n’arrête pas : après 2 albums en 2007, 3 en 2008 (dont un live). Tous les morceaux ne sont pas aussi beaux que celui-ci, mais souvent aussi poignants,

En parlant de miracle, le retour de Swell en est un petit, vu l’état dans lequel était leur chanteur David Freel à la fin des années 90. A l’époque, on ne donnait pas cher de leur peau, et encore moins de leur avenir musical. Retour en catimini certes, mais avec cette même franchise dans le chant et les textes que dans leurs anciens albums (41, Too many days without thinking). On écoute The measure of the moment.

Damien Jurado s’inscrit peu à peu dans le gotha du songwriting indé américain, aux cotés de Will Oldham et Micah P Hinson qu’on retrouve aussi sur cette compil. Son dernier album Caught in the trees est moins torturé que par le passé, avec un excellent titre bien accrocheur, presque taillé pour les radios, ce qui permettra peut-être à Jurado de sortir d’un injuste anonymat (Gillian was a horse).

Formé en 2006 à San Francisco, the Dodos rendent hommage au célèbre oiseau de l’île Maurice aujourd’hui disparu et aux racines folk et blues de la musique US. Le morceau Walking rappelle Blackbird des Beatles (encore des volatiles) et Paul Simon (dans l’album du même nom).

Comme Godspeed, Arcade Fire ou Wolf Parade, The Acorn est un groupe canadien, ce qui n’assure pas une qualité musicale hors normes, mais confère en tout cas de bonne bases pour donner le jour à des morceaux envoûtants portés par un souffle épique. Encore une fois, difficile d’extraire un titre même si Oh Napoleon touche très profondément.

L’amicale des anciens membres de Pink Floyd voit son nombre d’adhérents diminuer dangereusement après la disparition de Richard Wright cette année et celle de Syd Barrett l’an dernier. On a beaucoup parlé de ses deux albums solos (Barrett et The Madcap Laughs) à la limite du génie et du n’importe quoi. C’est un peu la même chose sur Opel, une compilation d’inédits faisant office de troisième et dernier album. La qualité des titres est inégale mais on ne peut pas résister au voyage cosmique proposé par le premier morceau, Opel,

Toujours au rayon cosmique, une petite perle de ma réserve perso de psyché bizarre des 70’s, avec ce titre de Sugar Creek (Memory Tree), samplé par DJ Shadow sur the Diminishing Returns.

Gastr del Sol (quel nom bizarre…) est une sorte d’excroissance de Tortoise autour du guitariste David Grubbs accompagné de Jim O’Rourke (qui fera par la suite une longue pige chez Sonic Youth). Les morceaux de l’album Camoufleur sont savamment construits et portés par un jeu de guitare très atypique et des cuivres free-jazz. Du post rock acoustique en somme, très agréable à écouter malgré la sophistication de l’approche (The seasons reverse).

Retour vers le post-rock, mais dans une variante beaucoup plus pop chez les elfes islandais de Sigur Ros, qui gambadent tout nus dans la campagne sur la pochette de leur dernier album, Med Sud I Eyrum Vid Spilum Endalaust. Ce disque renoue avec les atmosphères inquiétantes des disques précédents (notamment Aegets Byryun), mais propose aussi des morceaux enjoués et très mélodiques comme Inní Mér Syngur Vitleysingur.

Maintenant plus sombre avec Black Rebel Motorcycle Club, un peu des anti-Sigur Ros en fait. Eux, on est pas prêt de les voir à poil dans la nature sur une pochette. Bonne basse, reverb à fond sur les guitares : on est dans l’esprit Jesus & Mary Chain ou Stone Roses, avec des paroles bien dépressives, comme pendant une vieille descente de trip dans le Nord ouvrier de l’Angleterre thatcherienne… (Head up high)

Les Maccabees, c’est mortel (rires…) Si, si, c’est vraiment bien en fait : le chanteur a une bonne voix bien expressive, les morceaux power-pop sont catchy à souhait et les mélodies acidulées. Un groupe de pop anglaise classique comme il en sort 1579 chaque année, me direz vous… Ben oui, mais ce morceau-là, Precious Time, moi je l’aime bien, pis c’est tout.

Allez, un autre (groupe de pop anglaise, etc), mais avec une ambition musicale supérieure comme on s’en rend compte dès le premier titre de l’album, The Last Shadow Puppets. En fait, ça tourne plutôt bien voire très bien. Les morceaux rappellent par moment les ambiances de Lee Hazlewood ou Scott Walker, la production est sans faille (peut-être même un peu trop propre). On pense à The Coral, mais il s’agit bien d’un groupe de deux morveux issus des Arctic Monkeys et des Rascals. Pas mal quand même ! (The age of understatement)

On continue avec un morceau des Doors extrait de Waiting For the Sun, Spanish Caravan. Robby Krieger s’amuse à jouer du flamenco et Morrison nous met sur tout ça un texte mystérieux comme il en avait le secret.

Beck est un génie, on le sait. Capable de sauter du hip-hop à la soft-pop la plus délicieuse, en passant par du funk criard ou du punk-rock, il s’associe ce coup-ci à Danger Mouse pour un disque fluide et prégnant à la fois, porté par une rythmique très urbaine et enveloppé d’échos de voix et de synthés spatiaux (Modern Guilt).

Tear down the walls, chantent Fred Neil et Vince Martin, exhortant leurs auditeurs et concitoyens à saisir leur chance de liberté et à vivre en harmonie. Ca vous rappelle pas quelqu’un ?

Et enfin, après cette longue soirée au coin du feu dans la volupté, Micah P Hinson nous réveille doucement avec son Sunrise over the Olympus Mons. On sent au son déchiré des guitares que cette nouvelle journée ne sera pas forcément facile, mais qu’elle voudra sûrement la peine. Même si c’est un lundi…

Dr. Manolito