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compilafilms de effixe°°°°

(alors comme c’est la noël bientôt, voila en cadeau un petit jeu : sauras-tu retrouver les titres des films dont la musique originale ou enregistrée pour l’occasion t’est proposée à l’écoute dans cette compilafilms en t’aidant de l’indice ringard en italique dans chaque paragraphe ? Bah oui.)

générique : Opening titles – Graham Revell

Jean Calin suçote un clou, rêvant d’apéricubes. Il est mort. La dernière Momo Academy a été apocalyptique. Les Disquaires ressemblent à un champ de ruines festives, à base de verre brisé, de soutiens-gorge roses et de mégots écrasés. Ha non, pas de mégots écrasés, l’hygiénisme totalitaire est en marche. Cette soirée avait ressemblé à la fin du monde et ils étaient restés jusqu’au bout. Jean Calin contemple son clou et se demande bien ce qu’il fait dans sa bouche. Il enlève le string de sa tête et se lève en geignant. Un souvenir enfoui le taraude, un truc qui veut remonter à la surface, nager dans la bière tiède et grimper sur un ilot de saucisse cocktail pour se révéler enfin.

Prelude – Bernard Hermann

Il se souvient de la soirée comme d’une hystérie mal soignée sous hypnose. JSB a mis du gros son. Les débardeurs lèvent les bras et font Whoo ! La foule se presse à l’entrée entre les fumeurs qui sortent et ceux qui « veulent en être ». Il tente de mettre des mains aux fesses à l’une des Girls from Kawaii (la grande), mais Chamaille surgi du sud-sud-est (ou de l’opposé, Jean Calin n’a jamais vraiment joui d’un grand sens de la géo-localisation) et pointe, menaçant, son gros sourcil réprobateur sous son nez.

–    Ben quoi ?
–    La petite meuf de tout à l’heure…
–    Ben quoi ?
–    Celle qu’était super jolie…
–    Ben quoi ?
–    Et super disponible…
–    Ben quoi ?
–    Et super collée à toi comme une migraine !
–    Ben quoi ?
–    Ben elle est super partie.
–    …
–    Elle te kiffe grave et te veut certainement comme partenaire d’échange de bisous !
–    Ben quoi ?
–    T’es con ou bien….
–    …

Puis Chamaille était reparti furibard, mais plutôt consterné en fait, et aussi un peu excité parce que JSB avait balancé du Britnai Spirsse et que ça, les meufs, ça les rendait dingues.

We have all the time in the world – Sir John Barry

Alors il est quand même 14 heure du matin et Jean Calin veut échanger son clou contre un croissant. Il marche dans la ville comme si elle était déserte, emmitouflé dans son nipode, les oreilles vrillées par la mélancolie. Bien sûr qu’il a raté le coche ! Bien sûr qu’il a laissé bêtement partir cette muse improbable tout occupé qu’il était à se stuprer la gueule dans de longues jambes d’inconnues ! Mais, foi de Jean Calin !, ce tort sera rattrapé. Il grimpe sur le rebord du Pont-Neuf qu’il traverse alors et agrippe d’un bras le joli lampadaire, tout en pointant l’autre vers le ciel, comme pour le prendre à témoin, il se met à crier :
– Je te retrouverai, Séraphine (c’est son nom) ! Dussé-j’en mourir ou même attraper un rhume !
Mais la statue équestre non loin est d’un autre avis. Elle commence à l’insulter en latin et les naseaux du cheval s’emplissent de fumée. Elle lui raconte cette histoire terrible du bel anglais dont la femme est morte le jour même de leur mariage, abattue de la balle du fusil d’un ennemi revanchard. Elle lui crie que l’amour est interdit. Ou s’il ne l’est pas, il le devrait. Car l’amour fait souffrir, à coup sûr, puisque l’on meurt quoiqu’il arrive. Même si on s’aime très fort comme dans les films. Mais Jean Calin n’écoute déjà plus la statue qui lui semble acariâtre et dont il s’éloigne en vitesse, car l’acrimonie est un sentiment qu’il déteste et même pire, qu’il méprise.

Main title – Michel Magne

Il faut aller au bistrot ! Jean Calin se dirige vers le XIIIè arrondissement où il connaît un petit chinois qui sert toute la journée et où la Tsin-Tao est tout à fait abordable. Là-bas il pourra élaborer un plan pour retrouver Séraphine et la séduire et lui faire des bisous. Accoudé au comptoir en formica, une petite musique orientale bien laide en guise d’inspiration, Jean Calin sort son Moleskine et commence à élaborer des schémas. Sa première idée impose de détourner de son lit le Yang-Tseu-Kiang. Evidemment, a cœur vaillant rien d’impossible et l’amour rend plus fort que tout. Pourtant Jean Calin doute. Il lui faut un plan B. Peut-être un animal, comme ces babouins dont le fondement à la couleur du maquillage des chanteuses de Arènbi. Mais c’est l’hiver et les primates ne sortent guère qu’à la belle saison. Peut-être pourrait-il tout simplement se rendre chez elle ? Avec des fleurs ou des chocolats. Oui ça pourrait le faire après tout…

I love you Mary Jane – Cypress Hill & Sonic Youth

Las ! Son chemin est tout d’embûches semé. D’abord il a envie de faire caca, ensuite il a envie d’un gros bédot. Il commande une quatrième Tsin-tao pour se donner du cœur à  l’ouvrage et élabore une stratégie pour répondre à ces deux problèmes. Dans un rot sonore la lumière lui apparaît. Son zincou saura très certainement répondre aux deux critères nécessaires pour résoudre en toute logique sa problématique. A savoir un lieu calme et chaleureux dans lequel il fait bon lâcher sa prune et la présence d’une boite à shit fournie et généreuse toujours prête à recevoir le pèlerin en manque. Allez zou ! A coup de métro, il y sera après le point. Arrivé chez Zincou, c’est la nuit du jugement.

Stroll on – The Yardbirds

Des zazous ont envahi le salon et joue une musique apocalyptique. Une foultitude d’enfants démoniaques s’agitent et se pogotent en balançant des chats à la tête de grand-mères perdant la boule. Les rideaux sont déchirés et Jean Calin croit fermement avoir vu une indienne ligotée à un totem qui prend feu en tentant d’aller aux toilettes. Zincou est introuvable. Une explosion retentit dans la cuisine. Ces petits cons ont essayé de ramollir le shit au micro-onde, en y mettant directement la boite en métal ! Jean Calin s’en empare et la boite serrée contre son coeur il se met à courir poursuivi par la foule des enfants en colère.

The attack – Jerry Goldsmith

Puis le temps se fige alors que Jean Calin est bloqué contre un canapé moche. Les yeux fixés sur Jean Calin, comme tout droit sortis du Village des damnés, les sales gosses se jettent d’un coup sur lui en hurlant des insanités (du type : « t’as un gros pif, duchnock ! »). C’est méga-flippant. Jean Calin se retrouve kéblo sur le balcon, alors que les sales mômes s’emparent d’un grand halogène et s’apprête à briser la porte-fenêtre. Plus qu’une solution, se propulser dans le grand sapin décoré qui orne le square au-dessous. Dangereux, mais faisable. Dans un élan majestueux, Jean Calin se jette et se ramasse la gueule, ratant d’un bon gros mètre le sapin, mais atterrissant par chance dans le bac à sable que la mairie communiste à fait installer pour occuper les enfants pauvres. « un brand Berci au Gremlin » articule maladroitement Jean Calin, la mâchoire défaite.

Main title – Antoine Duhamel

Titubant comme souvent, mais moins à cause de l’alcool que de la chute, Jean Calin délire un peu. Il voit des schtroumphs kamikazes, sanglés de dynamite qui se font sauter les uns après les autres en gueulant « après tout je suis idiot » et « merde merde merde » et c’est n’importe quoi. Il s’écroule comme un misérable au pied de la section P.S. du Xè arrondissement, en criant qu’il veut joindre Mme Griffon au numéro « Balzac 4702 ». Les militants flippent à mort. Ce n’est absolument pas le moment de faire des vagues avec un clochard à moitié décédé et très certainement ségolèniste. Ils ferment le volet mécanique et éteignent les lumières. Ni vu ni connu j’t’embrouille ! Il n’y a plus qu’à attendre qu’une âme charitable appelle les pompiers qui viendront chercher le malheureux. Cette dernière motion est votée à l’unanimité, ce dont chacun se félicite : les forces de progrès se remettent en marche ordonnée !

Love theme – Angelo Badalamenti

Mais bientôt les chuchotis se transforment en arguments qui deviennent des rugissements et c’est de nouveau la guerre au PS. « C’est Hamon qui fout la merde ! », « Holland ne fait rien ! », « Il est trop mou, Holland, grave ! ». C’est sur ce piteux jeu de mot que Jean Calin se réveille. La tête lui tourne et les cris venant du store baissé n’arrangent rien. Il s’éloigne bien décidé à ne plus perdre de temps et à se rendre directement chez Séraphine et à lui faire l’amour comme un pécari, même s’il ne sait pas trop ce que cela implique, de faire l’amour comme un pécari. Cela signifie-t-il qu’il doit couiner comme un porc ? Il ne voit pas bien en quoi cela peut être sexy et sympa. Mais bon, trop tard, il a dit « comme un pécari » et donc ce sera comme un pécari. Merde !

Main title – John Carpenter

C’est qui qui pue la mort comme ça ? Un grand type le suit jusque dans le métro. C’est pas vraiment le masque du capitaine Kirk (authentique !) tout repeint en vert que le mec porte sur la tête qui l’inquiète, mais bien l’énaurme couteau de cuisine qu’il a en main et qu’il s’amuse à racler contre les faïences du couloir. Encore un type que le droit de grève emmerde.

Theme – Frankie Valli

Heureusement que Jean Calin avait sur lui son tube de Pento ! Discrètos il en badigeonne les premières marches de l’escalier qui descend vers la 4. Ça loupe pas, le grand type s’éclate la gueule et, comme en France tout finit toujours par une chanson, les usagers se mettent à danser et à chanter en rythme sur une chorégraphie du tonnerre. C’est vraiment entraînant et chaleureux et Jean Calin a bien du mal à les quitter, mais bon, on est rendu à Barbès et c’est sa station.

Sam’s dream – Kate Bush

Une voix retentit des haut-parleurs. Le petit Sam s’est perdu et sa maman le cherche. Une horde de fonctionnaires s’empare de l’espace et bientôt le monde est recouvert de casquettes vertes sur lesquelles Jean Calin a grimpé et essaye maladroitement de marcher. A chaque pas une voix venant de sous les casquettes lui demande son pass navigo et Jean Calin ne peut plus aller nul part sans que l’on sache d’où il vient et où il va et le sol de casquette commence à se désagréger et Jean Calin essaye de s’accrocher à ce qu’il peut et ce qu’il peut c’est le portique de style nouille annonçant l’entrée du Métropolitain, mais lui ce qu’il cherche, c’est la sortie et ça tombe bien, c’est la même chose. Ouf.

Death – Goran Bregovic

Après cette expérience mortifère de surpopulation en milieu urbain, Jean Calin rêve d’Arizona, de grands espaces avec des chevaux dedans et des déserts rocailleux avec de drôles de petites montagnes rondes et plates au dessus. Des mesas ça s’appelle, lui confie un jeune motard aux yeux rougis de dope qui lui propose de le déposer où il veut. Jean Calin adore la drogue et la moto, alors bien sûr il acquiesce et c’est une belle connerie. On ne monte pas à motocyclette avec un inconnu défoncé, c’est des coups à choper des problèmes.

Kaneda – Yamashiro Shoji

Ben voila, qu’est-ce que je disais. Le jeune motard, Kaneda, veut juste s’arrêter un instant pour faire une petite course. Tu parles ! Foin de baguette de pain ou de 12g au dealer du coin, quand Kaneda parlait de course, il fallait comprendre une sorte de death race autour du périphérique entre bandes rivales. « Ah cailleras cailleras cailleras ! Les bourgeois bohèmes à la Courneuve, ah cailleras cailleras cailleras, les bourgeois bohêmes on les pendra ! » Bon esprit.

The look of love – Dusty Springfield

Les trois tonneaux exécutés avec maestria et son ami brio sont tout simplement sublimes. L’explosion qui détruit définitivement la belle et rouge moto souffle Jean Calin tel un shrapnel tout mou qui vole et, par une sorte de miracle, atterrit par la fenêtre de l’appartement de Séraphine directement sur son canapé. Un des avantages de n’être pas réel. Justement voila Séraphine une tasse de thé à la main qui lui propose une eau chaude sans être aussi étonnée de son apparition qu’elle ne serait susceptible de l’être. Il faut souligner que Séraphine est une femme au pragmatisme profondément ancré, qui, quand elle voit l’objet de ses rêves les plus fous débarquer sur son canapé même sans être annoncé agit illico et makes her move. L’ambiance se fait cosy et les deux êtres se rapprochent. Jean Calin hésite à bisouter, il est timide. Il parle plutôt du thé et dit qu’il est très bon. Oui, elle l’a acheté chez Casino, c’est là qu’il est le meilleur. Chez Casino ? Royal ! répond Jean Calin qui décidemment est un piètre interlocuteur.

Introduce a little anarchy – Hans Zimmer

Puis Jean Calin voit comme un signe dans le ciel. Une sorte de fuck-signal qui lui donne le courage de s’y mettre vraiment. Possédés par une force étrange, ils font l’amour comme des pécaris. Ce n’est pas beau à voir. C’est violent et maladroit, ça gicle un peu et parfois ça bave. Un moment il y a même un nain. C’est assez déroutant. Mais finalement ça fait du bien. Ils s’écroulent épuisés sur la descente de lit. Alors que Séraphine lui parle d’avenir et de couple éternel, Jean Calin fout discrètement le nain dehors à coups de pieds au cul. Par où il est entré d’abord ? Vaut sans doute mieux pas savoir. Mais cela obsède rapidement Jean Calin qui se met à inspecter tout l’appartement. Effectivement, il découvre sous la table de la cuisine, découpée dans la plinthe, une petite trappe à nains. Il l’ouvre et appelle. Hého ! Y’a des nains ?

Main title – François de Roubaix

La malchance, l’infortune, le pas-de-bol, le mauvais œil, voila ce qui arrive aux hommes qui veulent trop en savoir sur la vie des nains. Immédiatement une horde de gnomes s’égayent en hululant (le nain hulule) et Jean Calin est très vite maîtrisé. Ligoté à une branche de bois mort et porté comme en triomphe par les petits êtres monstrueux, ils l’emmènent en chantant dans leur antre démoniaque. Une grande prêtresse naine l’accueille en psalmodiant des chants d’outre-espace où le guttural se répond au strident. Cela fout les chocottes.

Always look on the bright side of life – Eric Idle

Finalement, après une cérémonie tout ce qu’il y a de plus collet-monté, Jean Calin est condamné à la crucifixion. C’est vraiment uncool. Sifflotant sur sa croix un air d’encouragement, Jean Calin essaye de dédramatiser. Après tout il n’a pas tout perdu. Il lui reste tous ses merveilleux souvenirs qu’il peut se remémorer à volonté tout le temps de son agonie. C’est pas mal.

End credits : Electric Avenue – Eddy Grant (c’est pas une musique originale, mais je fais ce que je veux)

Waaah ! Elle fait de l’effet la beuh du zincou. Quel trip ! Jean Calin se retourne vers Zincou et rigole bêtement. « J’ai vu des nains » qu’il dit. Cela provoque immédiatement l’hilarité de Zincou. Défoncé, c’est toujours drôle, les nains. « Attend attend… J’ai pas tout compris, aux Disquaires, samedi, tu me dis qu’il s’est mis quoi, Momo ? Un ananas ? Exprès ? »

Fin.