Ain’t Times Hard : I Got The Blues Mai25

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Ain’t Times Hard : I Got The Blues

Ain’t Times Hard : I got the Blues
by VINCE DA P*I*M*P

Je me suis retrouvé ici un peu par hasard, parce qu’un des tauliers du site michetonne une petite qui m’est proche, et à cause d’un pari perdu. Et donc, me voici confronté au vertige que beaucoup d’entre vous ont dû connaître : choisir 17 titres, et c’est tout. Dilemme cornélien, aussi terrible que de devoir coucher sa misérable existence sur un CV. J’ai donc décidé de revenir aux sources et de m’attaquer à la mère de toutes les musiques : le blues. Mais avec un angle, un spin, un peu original : au lieu de ne mettre que des standards ultra-classiques, façon John Lee Hooker ou Muddy Waters, j’ai choisi des chansons de styles très différents, qui ne sont pas du blues stricto sensu, mais qui ont en commun de chanter quelque chose de sombre, de tourmenté ou de mélancolique. Vous trouverez notamment plusieurs chansons longues, trippantes, pour lesquelles il faut lâcher prise et se laisser emporter. Et pour ceux qui ne l’auraient pas reconnu, le monsieur sur la photo, qui semble porter toute la mélancolie du monde sur ses épaules, est le grand Paul Verlaine. Car oui, nous n’avons pas attendu les Noirs du delta du Mississippi pour inventer le blues, qui chez nous porte un autre nom très français : le spleen. Alors, turn on, tune in, drop out… 🙂

St-Louis Blues – Bessie Smith
Un des morceaux fondateurs du blues, chanté par « l’impératrice du blues » Bessie Smith. Avec une orchestration originale : un harmonium, et… Louis Armstrong au cornet à piston. Le son est approximatif, mais la chanson date de 1925. Etonnament, cette chanson est par la suite plutôt devenue un standard de jazz.

Yer Blues – The Beatles
Extrait du White Album. Est-il nécessaire d’en dire plus ?

Love in vain – The Rolling Stones
Le classique de Robert Johnson réinventé par les Stones.

Cortez the Killer – Neil Young
Une méditation sur la sauvagerie humaine, l’innocence perdue, à partir de la Conquista espagnole du Nouveau Monde. Avec un « soft solo » de guitare brillant.

It hurts me too – Chuck Berry
Chuck Berry a beau avoir inventé le rock, il ne se débrouille pas mal non plus avec le blues. Ici en concert au Fillmore Auditorium de San Francisco.

J’la croise tous les matins – Johnny Halliday
Un choix un peu inattendu pour cette liste – je ne suis pas vraiment un fan de notre idole nationale (que les anglo-saxons persistent à comparer à Elvis, c’est dingue). Mais, n’ayant jamais été convaincu par les tentatives de « francisation » telle quelle du blues, façon Paul Personne (désolé, une Simca 1000 n’est pas une Ford Mustang, et la RN6 n’est pas la route 66), j’apprécie cette tentative de créer un « blues français » original. Ecrit par Goldman pendant sa période de hitmaker de la variété française.

I want you (she’s so heavy) – The Beatles
Un morceau extraordinaire des Beatles, sur Abbey Road, qui ne ressemble à absolument rien d’autre. Une longue dérive obsessionnelle, jazzy et océanique. La transition brutale avec Here comes the sun constitue un des enchainements les plus étonnants de l’histoire de la pop.

American Trilogy – Elvis Presley
Trois chansons traditionnelles américaines réunies en une seule par Mickey Newbury, chantée par Elvis lors du célèbre concert Aloha from Hawaii (retransmis par satellite, il fut dit-on regardé par un milliard de personnes). Toute l’émotion du Sud, et d’un homme qui va mourir, comme un écho magnifique et tragique à la propre déchéance du King.

I’m so lonesome I could cry – Hank Williams
Le « cowboy chanteur », mort prématurément mais devenu une légende. C’est de la country, et pourtant on peut difficilement faire plus blues…

All Your Love (I Miss Loving) – Otis Rush
Un blues aux accents de rumba par Otis Rush, bluesman brillant passé en partie à côté de sa carrière. Aerosmith a fait une reprise assez réussie de cette chanson.

Dark Avenger – Manowar
Une autre curiosité dans cette liste. Manowar est un groupe de heavy metal américain, relativement confidentiel, chantant des thèmes épiques ou en rapport avec la mythologie nordique. Cette chanson est une saga sombre, une histoire de vengeance impitoyable. La partie la plus originale est certainement la narration du grand Orson Welles au milieu du morceau.

Remember – Shangri-Las
Mélopée adolescente par ce girl group des 60’s devenu mythique – qui avaient pour particularité d’être blanches là où presque toutes leurs consoeurs étaient noires, une sorte de discrimination positive avant l’heure. La voix nasillarde de la jeune Mary Weiss, les effets sonores un peu kitsch de vagues et de mouettes, tout cela est délicieux.

Voodoo Chile Blues – Jimi Hendrix
Un classique d’Hendrix, dans une version très bluesy.

Bravo pour le clown – Edith Piaf
Une chanson glaçante de Piaf. Un son de fanfare, pour une destruction en règle.

Les charognards – Renaud
Renaud à la transition de sa période « Gavroche anar ». Une chanson très émouvante.

Summertime – Janis Joplin with Big Brother & The Holding Company
Un morceau de l’opéra Porgy and Bess de Gershwin, entièrement réinventé par Janis Joplin et son groupe, qui lui donnent une intensité déchirante.

When the music’s over – The Doors
Une divagation hypnotique et hallucinée. Un des deux meilleurs morceaux des Doors. Laissez-vous emporter.

 

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