O bum bum agradece by Maria Juin07

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O bum bum agradece by Maria

O bum bum agradece
(C’est péché d’essayer de traduire mais disons : tes fesses t’en seront gré)

Au Brésil, peu importe ton visual, tu es abordable si tu souris. Tu es cool si ton bumbum est mobile. Tu es bonne s’il est proéminent. Du coup, un spectre de musiques t’aide à mobiliser ton organe principal. Et même si à Paris la curviliciosa n’a pas bonne presse, c’est frais que la musique t’aide, allez, à 95%, à matar a saudade : tromper la nostalgie.
Parce que tu peux abandonner le Brésil.
Tu peux survivre avec une bonne chaîne hifi.
Tu peux continuer à sourire bêtement parce que même avant d’y aller, tu savais que c’était une force dans la vie.
Mais tu ne peux plus survivre sans (viser un) un bon gros boul haut et ferme qui sait rebolar.

http://www.youtube.com/watch?v=rBm_8kOGma8

Allah-la-ô, la Marchinha de Carnaval
Non, t’entendras pas mieux en live de toutes façons tout le monde sera bourré, tu auras la langue d’un inconnu dans la bouche (o beijo robado, sport de saison) et tu pourras pas chanter parce que la boucle de ton chapeau de viking sera coincée dans le soutien-gorge de ton costume d’astronaute.
Mais KKK (autrement dit MDR), non stop, forcément : partie avec le cortège à 7 du mat, on t’a proposé une cachaça à 7h15. Au goulot, pois é. Ca piétine, c’est comme des fentes au Gymnase Club. Et aussi, comme au Gymnase Club, c’est les patrons du medley.
1. « Cachaça » (« Il peut tout me manquer dans la vie – mais pas la damnée/goûtue cachaça« )
2. « Medley Cidade Maravilhosa / Ta-Hi / Saca-Rolha / Me da um dinheiro ai
(Hé! Toi là ! Donne-moi des sous! et tu vas voir le bordel que je vais mettre, à boire jusqu’à tomber)

Teleco-teco, le sambalanço, ou Pilantragem.
La preuve qu’ya pas besoin de comprendre les détails rythmiques pour kiffer sa race parce que je serais bien en peine de ne serait-ce que répéter ce qu’on m’a expliqué mille fois sur l’invention du 4-4 en samba ou l’introduction du tin tin tin dans un tuba tuba quelconque….
3. Wilson Simonal « Balanço Zona Sul »
Hommage au fondateur du genre, le premier mec noir à avoir pu présenter tout seul comme un grand son émission de télé.
4. Jorge Ben Jor « Falsa magra »
(La fausse maigre veut être aimée comme il se doit
Elle veut être testée rigoureusement dans les normes de sécurité de l’amour
Pour cela, elle dit avoir l’espoir de remplir les spéculations légales du prétendant à sa main
Car elle a comme base d’être féminine / compagne / sex / intelligente / amante capricieuse / subtile et malicieuse / et bien roulée)
Uuuuuuh, Tim Maia.
En vrai de vrai, depuis que je me suis engagée à faire la compil, je me demande comment je peux choisir parmi ses chansons sans me répudier moi-même.
Dans son premier groupe de musique (celui de son église), on l’appelait Babulina (Bop-a-Lena) tellement il était à bloc de rock, mais c’est avant tout et pour toujours le paternoster soulfunk de la MPB, j’ai nommé la Musica Popular Brasileira, brèche sémantique qui nous permet de pas trop se fatiguer pour trier car le pays suffit – largement, clairement – à classifier.
5. Tim Maia – « Guiné Bissau, Moçambique e Angola Racional »
6. Tim Maia – « Ela Partiu » (Elle est partiiiiie)

Vamos nessa, le/la samba. LE monsieur (style musical) te met dans LA dame (la danse), ou inversement. That simple.
La liste des instruments d’abord :
7. Dani Monteiro « Alô Fevereiro »
La liste de tous les endroits où tu peux les trouver ensuite :
8. Chico Buarque « Tem mais samba* »
(il y en a plus dans le sol que dans la lune, dans l’homme qui travaille, dans le son qui vient de la rue, le bom samba n’a ni heure ni lieu, le coeur d’ailleurs sambe sans le vouloir.)
Enfin, en mode Partido Alto, celui de l’impro, Zé explique à tout le monde que c’est la chaleur des câlins de sa Nigga qui a tout changé dans sa life :
9. Zé Rodrix « O Xamego da Nega »

Lalaiá, Laiá, le Pagode.
Pour moi, c’est l’ultime veneno*. J’ai cherché un peu, mais je sais pas expliquer. En même temps, comment et surtout pourquoi expliquer le truc le plus instinctif ? Les brésiliens disent Coisa de pele : c’est un truc de peau. Toute ma peau, et toutes les peaux, pleurent sur Jorge Aragão.
Par ailleurs, s’il fallait une preuve, disons-le : alors que pour moi, le pagode c’est l’arme pas fairplay de l’utlimate latin lover, TOUS les bébés, même les plus hardcore, s’endorment illico sur du pagode. Ya pas, ça doit être le battement de coração* qui dirige le pagode.
Ca peut aussi te faire rebolar des heures, d’autant que le sport du pagode, comme de la samba, c’est de s’inviter les uns les autres, de chanter les trucs des autres, etc. C’est ça l’amour décomplexé. C’est pas le mytho du culte du corps avec lequel on te soûle tout le temps là.
10. Jorge Aragão « Malandro »
Jorge : le maître, le Dieu. Sambista compositeur, Malandro c’est sa première chanson. Il y dit à son pote lascar qu’il est temps d’arrêter de faire pleurer celle qui a un nom de fleur, qu’un jour elle va lire son nom dans la rubrique nécro et qu’alors il pourra plus faire son malin.
11. « Ex-amor » (de quoi pleurer pas que de la peau, mais comme il faut, parce que le jour où ton ex te dit ça, tu sauras que tu as vraiment perdu ton temps avec un bouffon).

Lêlê ! lê lê lê, le coup de grâce.
Le pagode comme ça, c’est celui qui vous tue en concert. Moi, perso, je hurlais déjà trop régulièrement dans ma salle de bains depuis que, des années auparavant, j’avais eu Alexandre Pires à bloc dans la sono d’un bus à Bahia, puis au bar, puis au snack, puis en boite (You hav friendboy?)… mais quand j’ai été au premier concert de Revelação à Rio, j’ai pleuré. Je comprenais pas où diable était mon friendboy puisque tout le monde en avait un, avec qui chanter abraçados, et dans le plus pur mode love, des phases comme « Je fais l’amour avec qq1 d’autre, mais mon coeur sera tjs à toi… Tant de solitude, j’ai failli devenir fou. C’est la preuve que l’amour ne se mesure qu’après le plaisir »…  » ou encore « J’ai hâte de te voir en vrai parce qu’au téléphone c’est déjà trop, tu as le jeitinho pour me rendre fou, tu vas regretter de m’avoir fait sortir de mon trou. Je te demande juste un truc : ne tombe pas amoureuse, je ne suis pas le mec dont ton père a rêvé… »
12. Grupo Revelação – Deixa acontecer

Aiaiai, Le samba raiz : c’est celui, s’il n’yen avait qu’un, qui te rompt le coeur quand tu es loin. Le sanctuaire, l’élite, le peuple, le meilleur, le début, la fin, la base, la RACINE. La table en fait, même basse, juste de quoi poser les bières. Et de quoi te faire des abdos en bédon parce que tu as appris les paroles illico : comme tout le monde, la première fois que tu as approché une roda de samba et que donc tu as capté que la musique brésilienne en fait c’était pas toutoutou-toutoutoulou et la bossa, ça a été l’atração fatal*.
13. « Conselho » (Il faut lutter, ne pas se laisser abattre, ne se confier qu’à qui te mérite… mon conseil, c’est pour ton bonheur)

Lê Lê, Timbala Tucutum, le Axé.
Dans tous les concerts ou répétitions de Bahia – oui parce que ce serait réducteur de dire, comme ça, « à Bahia » -, t’attend le fameux pegagringa. Lui, il s’en fout, que ton bumbum soit parisien plat, il pécho les gringas. Et toi, ça va te remettre du baume au coeur pour pas te sentir trop ridicule à faire les chorés en ligne, en même temps les batuqueros ont le look de Lenny Kravitz à sa pire époque La Redoute, et ils sont feliz da vida. Et toi, dans 5 jours de danse africaine über-simplifiée, tout le monde va t’appeler gostoza.
Après, la vie sans danser, ce sera comme un chiclete* sem banana.
14. Caetano & Timbalada « A luz de Tieta »

Pessoal (les gars), un moment de recueillement, le FLA, le mengão, l’hexacampeão, incontournable :
15. « Gritos da torcida »
et à base de Tchu tcha tcha ku tcha et piririm piririm pim pim, le Baile Funk :
15bis. Une petite vignette incontournable, pour mettre les formes.
16. Furacão 2000 « Aquecimento das piranhas«  (l’échauffement des putes)

T’es échauffée donc hein ?
Allez, il reste le neveu de Tim Maia, le samba barra pesada et les vieilles gardes, un forro coeur-brisant, du Bloco… Pode deixar (compte sur moi), pour avoir un boul do brasil, il faut une cinquantaine de compils.Et quand tu seras grande, tu comprendras la novela.
En attendant, un peu d’amour hipi hopi :
17. MC Marechal « Tem que ser sangue bom« .

Les * signalent des noms de vernis, parce que se faire un « pé e mão » c’est encore la meilleure façon – la plus respectueuse – de matar a saudade.

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