Shine on, lava lamp! Mar14

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Shine on, lava lamp!

 

Chope moi

by ashveen

01. can – future days
02. jefferson airplane – martha
03. mighty baby – a saying for today
04. amon düül II – a morning excuse
05. gong – oily way
06. silver apples – seagreen serenades
07. ash ra tempel – daydream
08. tangerine dream – no man’s land
09. third ear band – mosaic
10. king crimson – I talk to the wind
11. neu! – neuschnee
12. the monks – I hate you (but call me)
13. laika – if you miss
14. magma – de futura
15. the poppy family – free from the city
16. caribou – she’s the one
17. margo guryan – think of rain

Ça a commencé on ne sait trop comment. On s’est retrouvé dans la forêt, des fleurs dans les cheveux, et dans la bouche un goût d’encens. On s’est dévêtu dans le rire d’un ruisseau, dans l’eau froide tu dansais et tous te regardaient à travers les voiles.

Ensuite, ou avant, au son d’une flûte, au son du vent, on s’est couché dans la mousse. Vert, vert hallucinant de tes cheveux mouillés, odeur rauque de tes cheveux. Des lignes devant mes yeux épelaient le mot tranquillement.

Ayant perdu notre un, ayant perdu notre centre, ayant perdu, on s’est retrouvé, plus nombreux encore, démultipliés. Et il y en avait d’autres encore, qui appelaient, du domaine des arbres et des fruits.

La nuit est tombée, lentement, et on voyait ses couleurs. Le ciel s’est ouvert, et on a vu l’espace, l’espace aux mille étoiles, l’espace immense du firmament.

Alors, ou avant, on a dansé autour de la grande pierre dressée, dans le clair de la clairière, près de l’eau. Des cailloux ont tranché nos pieds nus, le sang a chanté à nos oreilles. De partout autour, sont venus les animaux.

Trop nombreux on était, impossible d’être contenus, impossible d’être comptés. On était des milliers de voix, on était des milliers de plumes, des milliers de souffles, des milliers de fragments, des milliers de pensées.

Après, bien après, je suis tombé dans un puits profonds. L’eau noire a lapé mes blessures. Je me suis endormi férocement, en murmurant tes innombrables prénoms.

Au réveil, il pleuvait sur mon visage, j’étais nu et j’avais froid. J’étais seul, confiné, ramené au centre de mes propres pensées. Et je n’ai même pas cherché à te retrouver, uniquement mon chemin, à travers les arbres redevenus muets.

 

Chope moi