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COMPILASEB 23 > Shaker vol.2

La compile Shaker ou la compile sans chichis. La compile Shaker, c’est l’anti compile à thème. Ici, ni style arrêté, ni fil rouge, ni période bien définie… tout au plus un agencement minimal histoire que le tout tienne la route (On a bien entendu ses marottes, on ne se refait pas).

1. Karriem Riggins – Intro
Comment amorcer une compilation, comment susciter le désir d’aller plus loin, de se laisser porter jusqu’au dix-septième morceaux ? Cette question épineuse mériterait à elle seule un épais ouvrage collectif qu’il reste à écrire. Allez, roulement de tambour !

2. Ralph Marco Band – High Snobiety
Si vous aussi il vous arrive de sauter sur les murs à l’écoute du « Turn It Up » des Ugly Duckling, voici livré ici le morceau original duquel est tiré le sample qui charpente le titre. Les garçons ont une solide discothèque et plutôt bon goût.

3. Cody Chesnutt – I’ve Been Life
Comme vous l’annonçait le Wigga, il y a quelques semaines non sans plaisir, Mister Cody Chesnutt is back in town et ce après dix ans de silence ou presque. Le plaisir est donc clairement partagé. Le côté déglingo et bouts de ficelles des débuts a laissé place à une production au cordeau un peu trop policée à mon goût. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’album est excellent.

4. Ghetto Brothers – Got This Happy Feeling
Quand musique et histoire locale se télescopent sur le bitume new yorkais. Fin 1971, les principaux gangs du Bronx marquent une trêve après des années de guerre sur fond de misère sociale (cfr. Don’t Stop Won’t Stop). A l’initiative de cette accalmie, on trouve les Ghetto Brothers, de jeunes Portoricains bien décidés à ramener un peu de sérénité dans les rues de leur quartier abandonné par les pouvoirs publics. Les gars organisent des concerts dans les rues – les futurs block parties – et finissent par pouvoir enregistrer un album récemment réédité chez Thruth & Soul. Que ce label soit chaleureusement remercié.
5. The Har-You Percussion Group – Welcome To The Party
On traverse la Harlem River pour rejoindre un autre barrio…Harlem. Même époque, même contexte social et même volonté de s’en sortir par la musique. Un collectif local, le Harlem Youth Opportunities Unlimited parvient lui aussi à faire enregistrer un disque à une bande de jeunes du quartier et ça cartonne. Les soirées organisées par la maison des jeunes devaient être sacrément chaudes.

6. Dizzy Gillespie – Manteca
En 1947, Dizzy Gillespie co-écrit le titre Manteca et jette ainsi les bases de ce qu’on appellera le Jazz afro-cubain. En 1961, le même Dizzy enregistre cette nouvelle version plus musclée et tendue assisté d’un pianiste-arrangeur rencontré à Buenos Aires. Ce jeune musicien argentin n’est autre que Lalo Schifrin.

7. Oliver Nelson – The Rights Of All
En 1967, le saxophoniste Oliver Nelson, auteur du déjà classique The Blues And The Abstract Truth paru en 1961 sur Impulse sort un album ovni. Le disque sobrement intitulé «The Kennedy Dream – A musical Tribute to John Fitzerald Kennedy », rien que ça, veut rendre hommage au président assassiné quatre ans plus tôt à Dallas et magnifier son action à la Maison blanche (paix, droits égaux, tolérance, soutien aux arts, tout y passe. Même Jacqueline a droit à son morceau…Marilyn, étonnamment pas). Les titres mélangent habilement discours choisis de Kennedy à la nation avec grand orchestre. Le saxophoniste entame à la même époque une carrière à Hollywood pour la télévision et le cinéma, son écriture s’en ressent déjà.

8. Helen Merrill – Why Don’t You Do It Right
Si on analyse cette compilation sous l’angle du genre, reconnaissons que c’est vraiment la loose. Une seule femme dans la tracklist…mais quelle classe !?

9. James Booker – Goodnight Irene
La Nouvelle Orléans entretient une longue tradition de pianistes singuliers et exubérants (Jelly Roll Morton, Art Tatum, Professor Longhair,…). James Booker en est assurément un digne représentant. Dans une vie passée, le musicien devait être pirate-ripailleur-festoyeur dans les caraïbes toutes proches.

10. Archie Shepp – Mama Too Tight
La fanfare d’une université du Middle West qui se fait plaisir avant un match tandis que les  cheerleaders s’étirent sur le bas-côté du terrain ? Non, Archie Shepp qui la joue Soul-Funk avec ses potes sur un album résolument Free Jazz de 1966. Troisième titre d’Archie Shepp que je poste en quelques mois, l’œuvre du saxophoniste se révèle une pelote que je n’ai pas fini de dérouler.

11. Lloyd McNeill Quartet – Home Rule
Un titre pour amateurs de Spiritual Jazz et de flûte traversière. Ils sont rares me dit ma copine peu sensible à ce registre musical. Et bien tant pis, ce sera un morceau de niche comme ils disent. Non, le marketing programmatique n’aura pas droit de citer sur Compilfight.

12. Phil Ranelin & Tribe – Sounds From The Village
Avec le collectif Tribe, c’est tout un pan de l’histoire du Jazz et du Funk de Détroit qui est exhumé. Début 70, Motor City n’est déjà plus la ville florissante qu’elle fut durant les 50 dernières années. L’industrie automobile est en plein déclin tandis que la Motown, label phare de la ville, a plié bagage pour s’installer à Los Angeles. C’est à cette période, qui fait également suite aux importantes émeutes de 67, que le collectif Tribe voit le jour avec pour devise « Music is the healing force of the universe ». Plus qu’un groupe de musiciens, Tribe, c’était un label, un studio ainsi qu’une revue consacrée à la musique et à la politique. Les musiciens de l’époque ont sorti, il y a quelques années, un nouveau disque d’excellente facture comme disent les chroniqueurs de certaines revues de Jazz.

13. Nick Waterhouse – Time’s All Gone Pt. 1 & 2
Encore un blanc bec, tombé dedans quand il était petit, qui sort un album de Soul Music à l’ancienne. Non, mais les gars, c’est pas bientôt fini ! On ne sait plus où les caser vos disques. Vous pouvez cependant y aller les yeux fermés…Nick Waterhouse a la grande classe et assure sur son premier album Time’s All Gone.

14. The Impressions – It’s All Right
Certains sombrent dans l’alcool, d’autres dans les drogues dures, pour ma part, ce sont les mélodies des Impressions et la voix suave de Curtis Mayfield – première période – qui m’ont fait chavirer. Prudence, il est difficile d’en sortir.

15. Sixto Rodriguez – Climb Up On My Music
Longtemps inconnu, Sixto Rodriguez est aujourd’hui partout. Les affiches du documentaire « Searching for Sugar Man » couvrent les murs des villes, les disquaires le passent en boucle, ses vinyles, autrefois introuvables, sont désormais en tête de gondole à la Fnac. Belle revanche.

16. Bob Dylan – He Was A Friend Of Mine
De belles et fortes chansons, on en découvre de temps à autre et ce dans les lieux les plus divers. Souvent quand on ne s’y attend vraiment pas. Celle-ci, c’était lors d’un enterrement. Une belle chanson pour un bel enterrement.

17. Matthew E. White – Gone Away
Que dire, qu’ajouter

Illustration : pochette de l’album « Heavy Sounds » d’Elvin Jones et Richard Davis – Impulse – 1967.